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Mesdames et messieurs, la bienvenue à Lausanne (formule consacrée par nos amis suisses) pour cette grande édition du Tournoi des V Nations du folk Metal ! Ce soir, la salle Métropole s’est transformée en véritable terrain de jeu, chauffée à blanc, où les équipes s’affrontent à coups de riffs tranchants et de chœurs guerriers. Les tribunes ? Supprimées. Ici, tout le monde est en première ligne, dans le pit, prêt à plonger dans le combat ! Photos Live report Le coup d’envoi est donné par Elvenking, nos Azzurri du folk Metal, aux tendances Pagan et Power. Une équipe prévisible, un jeu résolument virevoltant, des envolées Power qui tentent désespérément de perforer la défense adverse. Ils donnent tout, ou presque, jouent avec passion, malgré le peu de public déjà en place et même si souvent, ils se font déborder par la puissance des autres formations, ils tentent d'arracher quelques actions de grande classe. Ne s'arrêtant jamais de relancer, même quand la sono leur fait défaut pendant la moitié d'une chanson. Des riffs pas trop flamboyants, des harmonies souvent entendues qui fusent à l'instar d'un Paganini, et un public qui finalement s'échauffe petit à petit. À l'avenir, il leur faudra encore gagner encore du muscle, acquérir de la technique aussi pour ne plus toucher la cuillère de bois. Satisfecit en direction du guitariste soliste, Headmatt, qui se démène pour faire avancer son équipe, moins emballé par la prestation du numéro 9 au chant, Damna, dont on n'entachera pas la sincérité, mais le rendement assurément. Setlist d'Elvenking : Throes of Atonement Pagan Revolution Silverseal Moonbeam Stone Circle The Horned Ghost and the Sorcerer Luna The Divided Heart Elvenlegions Heidevolk : Heidevolk entre alors sur le terrain. Ce n’est pas l'équipe la plus rapide, mais belle puissance en première ligne rythmique. Des voix profondes, des riffs lourds comme un pack d’avant lancé à pleine vitesse. Le public se cale sur le tempo, scande les refrains en chœur et martèle le sol comme pour faire trembler l'ensemble de la ville. C’est du jeu d’impact, du brutal, du frontal, et ça marche, on en ressent les conséquences sur le public. Les deux numéros 10, à la baguette, donc aux voix, s'emmêlent un peu les pieds sur la pelouse. On ne m'empêchera pas de penser que deux meneurs de jeu, c'est trop, c'est même du coup deux chanteurs de trop. C'est dit ! Comme il reste sous-entendu le manque de fun du groupe, et dont l'acharnement proche de la grosse fixette à dénigrer les cousins germains, parvient à agacer. Merci à Ced de m'avoir ouvert les oreilles sur ce trait très agaçant. Nouvelle nation dans la sphère de l'Ovalie, cette équipe néerlandaise, plus trop récente pour autant, devrait s'ouvrir à un jeu moins stéréotypé pour mener à bien sa conquête du monde. Setlist d'Heidevolk : Hagalaz Winter woede A Wolf in My Heart Schildenmuur De strijd duurt voort Saksenland Krijgsvolk Drinking with the Gods (Valhalla) Vulgaris magistralis Tyr : 
Puis viennent les Tyr, le XV du Danemark, plus précisément des indépendantes Iles Féroé où les arbres ne poussent pas. Ici, c’est la discipline, la rigueur, une défense de fer et d’acier. Les riffs sont tranchants comme des hallebardes, les voix résonnent en formation serrée. Personne ne passe, chaque note est un rempart imprenable. Public vous ne pouvez vous en soustraire, vous ne passerez pas non plus. On découvre avec plaisir un nouveau guitariste Hans Hammer, le bien nommé, à l'âme et la technique généreuse. Une royale setlist de feu volcan, une interprétation magistralement Pagan, la rythmique déferlante des océans nordiques, gérée par le nouveau et tonitruant Tadeusz Rieckmann, l'ensemble délivre une prestation majeure. Domination ovale, appuyée sur une setlist faisant part belle au monstrueux dernier album Battle Ballad (Axes, Hammered et Dragons Never Die). Trop court pourtant, j'aurais bien apprécié Row en live issu de leur dernier entrainement. De la puissance, des changements de rythme étonnants, des respirations bienvenues... le public qui commence à se cabosser au combat hurle. Les essais pleuvent ! À voir, revoir et re-revoir.   
Setlist de Tyr :
By the Sword in My Hand Axes Regin Smiður Hammered Blood of Heroes Dragons Never Die Sinklars vísa Hold the Heathen Hammer High Ensiferum : 
Pas de Hakka, pour nos finlandais d'Ensiferum, les All Blacks du folk metal, pas le temps. Une musique de bourrin, jouée avec une Vista, une fluidité et une énergie stupéfiante. Et quelle entrée en matière, ça déboite en règle dès le premier morceau et ce jusqu'à la fin du show, sans jamais baisser en intensité. Le pit devient enfin l'arène de combat que l'on attendait, les pogos se transforment en véritables mêlées fermées où seuls les plus robustes tiennent debout. Chaque breakdown est une charge, chaque refrain, une relance furieuse venue des profondeurs du Valhalla. Les musiciens sont tous monstrueux, mais il faudrait mettre en lumière le fidèle batteur, Janne Parviainen, qui assure un jeu de toute folie. Pour moi un des tout meilleurs batteurs en live, et ce depuis au moins une décennie, la référence en numéro 8. Petite loupe sur le chanteur voix claire, Pekka Montin, qui œuvre également aux claviers, dont la voix pourrait agacer sur album, et qui en live trouve un bel équilibre partagé avec la voix growl de Petri Lindroos. Une bien belle voix sur scène. Le public est ravi, chaviré, il arrache la moquette de ce pauvre théâtre comme la pelouse du parc des princes après une mêlée France Angleterre des années 80. Le même public qui rame à l'unisson de cette équipe puissante et virevoltante. Tous en attaque. Ensiferum joue extrêmement vite, mais sans jamais devenir brouillon. Ensiferum ne baisse jamais en intensité, sans pour autant oublier les relances. Ils cognent l'adversaire qui en redemande encore, la setlist est dingue. Les morceaux sortis du dernier album, Winter Storm, Fatherland, The Howl et Victorious claquent comme une déferlante d'ailiers affutés. Les autres parties terminent d'engranger les points. Performance XXL, véritablement !   
Setlist d'Ensiferum : Fatherland Twilight Tavern Treacherous Gods The Howl Lai Lai Hei Andromeda Victorious Victory Song Two of Spades Iron Alestorm : 
Et puis voilà qu’Alestorm déboule, et là, on le subodore aisément dès le coup de sifflet … fini la stratégie, place à l’ivresse du jeu offensif, very scottish ! On attaque à tout-va, on envoie des solis sans se soucier du repli défensif, et surtout, on lève des pintes de bière brune comme si chaque essai-refrain était une nouvelle excuse pour trinquer. La salle Métropole chavire, et franchement, peu importe le score, tant que le rhum et autre liquide brun, coulent à flots ! Une longue setlist monstrueuse ...cramponnée, chevillée au public.   
Setlist d'Alestorm : Keelhauled Shipwrecked Mexico Under Blackened Banners Alestorm Hangover Fannybaws Zombies Ate My Pirate Ship Voyage of the Dead Marauder Nancy the Tavern Wench Uzbekistan P.A.R.T.Y. Shit Boat Drink Wooden Leg! Fucked With an Anchor Rumpelkombo Le coup de sifflet final approche, mais personne ne veut quitter le terrain. Le PaganFest, c’est un tournoi sans vainqueur ni perdant, juste une immense troisième mi-temps où la bière remplace les trophées et où les chœurs vikings résonnent encore dans la nuit lausannoise. On rentrera en chantant, en titubant, et surtout, en rêvant d’y retourner l’année prochaine.
On avait attendu, bien sagement, depuis maintenant 10 années le dernier PaganFest, ce tournoi-là, on voudrait qu’il dure pour toujours ! Au vu de l'impatience, encore pardon pour la pelouse (moquette). Photos Live report
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