Groupe:

Napalm Death + Crowbar + Full Of Hell + Brat

Date:

28 Fevrier 2025

Lieu:

Angoulême

Chroniqueur:

JeanMichHell

En ce dernier jour de février, nous revoici (l’ami JC à la photo et moi-même) du côté de la Nef pour assister à une très belle date de la tournée Campaign For Musical Destruction Tour 2025. Napalm Death est la tête d’affiche de ce type de tournée où les Anglais ont à cœur d’être bien entourés. Ce soir, autant vous dire que c’est le cas, puisque sont présents les cultissimes Crowbar et deux curiosités Grind avec Full Of Hell et Brat.

Brat :

C’est donc le groupe de la Nouvelle-Orléans Brat qui a la charge d’ouvrir le bal, et qui va de suite nous faire un tour de vilain garçon puisque la chanteuse Liz Selfish a attrapé la grippe et elle se retrouve dans l’incapacité de chanter. C’est donc Brenner Moate à la guitare qui va également assurer une grosse majorité du chant. Majoritairement, car les copains de la tournée vont également venir pousser la chansonnette, que ce soit Dylan Walker de Full Of Hell ou bien encore Dirk de Cowbar, chacun viendra épauler le groupe pour assurer tout de même le show. Et puis franchement, voir Dirk avec ses lunettes, en train de chanter une reprise de Heart en nous disant, de toute façon, je vais la rater… Ben, c’est un souvenir !

Cet esprit de sale gosse, on le retrouve tout au long du set, avec leurs intros pop (Shania Twain, Britney Spears…) qu’ils se font un plaisir de passer à la moulinette Grind. C'est une leçon d’énergie, de bonne humeur et de bon humour, puisque même aphone, Liz viendra nous faire quelques chorégraphies sur ces fameuses intros qui sentent tout de même bien le second degré. Et puisque nous sommes bien de la camaraderie, le meilleur ami du groupe, qui est également le gars du merch, vient prendre la guitare pour un titre et permettre au chanteur du soir d’aller se lâcher avec le public pour un dernier titre apocalyptique. Aussi inattendu que sympathique, Brat Aura bien réussi à chauffer la salle. 

 

Setlist de Brat :

Sandstorm (Darude song) 
Ego Death
Ring Out
Rope Drag
Barracuda (Heart cover)
Man ! I Feel Like a Woman (Shania Twain song) 
Let's go , girl.
Human Offense
…Baby One More Time (Britney Spears song) 
Hesitation wound
Everytime We Touch (Cascada song) 
Social Grace
Into Mean
Sorry for Party Rocking (LMFAO song)
Blood Diamond
Dancing Queen (ABBA song)
Truncheon
Slow Heat
"Toxic" (Britney Spears song)
Chain Pain

 

Full of Hell :

Le truc sympa dans ce genre de soirée, c’est que l’on peut croiser quasiment toute la scène metal charentaise qui n’aurait raté pour rien au monde ce très joli plateau. Je vous passe les détails, mais j’ai croisé le chanteur d’un groupe de la scène locale qui arborait fièrement un bonnet Full Of Hell et qui me dit : « Je suis là pour eux, c’est totalement fou ce qu’ils font. » Ok, enregistré, mais une fois devant leur prestation, le qualificatif m’a paru bien faible. Full of Hell, c'est une véritable folie.

Comment vous décrire ce qu’ils proposent, c’est un peu comme si Napalm Death et Converge avaient eu un enfant encore plus énervé qu’eux et qu’ils avaient choisi Mike Patton comme hurleur en chef… Ce groupe est une aberration grind expérimentale ! Entre un batteur épileptique qui massacre littéralement son instrument avec une fureur incroyable, les riffs de guitares aussi noisy que Grind s’enchainent avec une rapidité hallucinante et le chanteur totalement possédé par sa musique et le sens qu’il met dans ses paroles nous ouvre son univers tout empli de hargne ! Ce soir, j’ai rencontré la furie et elle m’a botté les fesses !

 

Setlist de Full Of Hell :

Deluminate
Asphyxiant Blessing
Pile of Dead Horses
Pool
Transmuting Chemical Burns
Crawling Back to God
Amber
Schizoid Rupture
Burning Apparition
Oven (Melvins cover)
Bone Coral and Brine
Gelding of Men
Eroding Shell
Coagulated Bliss
Garden of Burning Apparitions

 

 

Crowbar :

Il fallait bien une petite pause dans ce déluge d’énergie et de décibels, ce sont les légendaires Crowbar qui vont nous donner une leçon de sludge dégoulinant et lourd à souhait, bienvenu à Gras-gras Land ! Oui, Crowbar sur scène, il y a peu de surprise, mais c’est à l’expérience que le groupe va nous prendre dans ses filets (pourtant ce coup-ci, aucun barracuda à l’horizon…). Il suffit de voir Dirk et son charisme pour savoir que, dans le quart d’heure qui suit, il aura mis tout le public dans sa poche ! Et pas manqué, les premiers slams font leur apparition, les sourires sur le visage du public fleurissent, et ça headbangue à s’en casser les cervicales !

Et puis, lorsqu’on sert une setlist comme celle-ci avec quelques grands classiques du groupe qui ira jusqu’à jouer trois titres de leur second album bien justement nommé Crowbar et conclure avec All I Had (I Gave), nous sommes assez proches du best-of ! Ceci étant, avec dix titres seulement pour ce soir, autant aller chercher dans le culte ! Alors certes, Crowbar n’a pas proposé le show le plus spectaculaire de la soirée, mais bordel qu’est-ce que c'est efficace !

 

Setlist de Crowbar :

To Build a Mountain
Conquering
I feel the burning sun.
Chemical Godz
Negative Pollution
High rate extinction
The Cemetery Angels
Planets Collide
Like Broken Glass
All I Had (I Gave)

 

 

Napalm Death :

Et la soirée se finit en beauté avec une sacrée deuxième dose de culte, puisque c’est Napalm Death qui s’approche et qui va bien nous achever ! J’ai beaucoup apprécié leur dernier effort, Throes of Joy in the Jaws of Defeatism, et j’avais vraiment hâte de découvrir leurs déclinaisons sur scène. Et je vais être aux anges, car les titres choisis (Contagion, Amoral, Backlash Just Because et Fuck the Factoid) s’emboîtent parfaitement avec les titres cultes du groupe ! Il faut dire que, depuis Scum en 1987, le groupe a produit quantité d’albums, de démos (…), il y a de quoi faire, et le plus dur est de choisir finalement…

Côté prestation scénique, peu de changement là aussi, c’est Barney qui fait le show et fait également ses kilomètres sur scène. Il est d’ailleurs très fit et arbore une belle paire de bretelles du plus bel effet. Il éructe toujours ses paroles comme si c’était la dernière fois de sa vie, et dès que la musique s’arrête, il nous parle d’amour et nous remercie chaleureusement de continuer à les suivre malgré leur « horrible fucking noise ». Bref, il existe deux salles et deux ambiances dans la tête de Barney. Côté pit, c'est aussi la folie, puisque les slams s’enchaînent aussi vite que les titres du groupe. C'est très chaud sur Suffer The Children, et quant à la reprise des Dead Kennedys Nazi Punks Fuck Off, c'est l’occasion pour le groupe de rappeler, qu’au fond, ils ont toujours été des punks qui n’avaient juste pas envie de se faire chier avec quatre accords… 

Quelle soirée à la Nef ce soir ! Merci à eux et à Romain pour avoir rendu ce moment possible. On peut dire que Napalm Death sait toujours aussi bien s’accompagner et propose des plateaux de groupes différents, mais qui savent représenter une vision de la musique sans compromis et sincère. Certains peuvent être leurs enfants et d’autres leurs frères, mais par cette affiche, Napalm Death prouve que d'être avant-gardiste permet de créer une nouvelle garde… Leaders Not Followers

Setlist de Napalm Death :

Multinational Corporations, Part II
Silence Is Deafening
Lowpoint
Vision Conquest
Contagion
Twist the Knife (Slowly)
Resentment Always Simmers
Narcoleptic
When All Is Said and Done
Amoral
The world keeps turning.
Retreat to Nowhere
Social sterility
Dead
Suffer the Children
Pride Assassin
Necessary Evil
Backlash Just Because
Fuck the Factoid
Scum
Prison Without Walls
You Suffer
Nazi Punks Fuck Off (Dead Kennedys cover)
Unchallenged Hate

 

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