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Après une nuit en partie réparatrice suite aux avoinées sonores successives de la veille, nous sommes de retour au Trait d’Union pour une deuxième salve d’agressions métalliques. On est prêt pour cette deuxième journée, qui je fais confiance aux organisateurs va être surement encore pleine de surprises ! Aonaran : C'est le groupe de death mélodique Aonaran, originaire de Lyon, qui a l'honneur d'ouvrir cette deuxième journée. Ce qui les distingue, c'est que le chant principal est assuré par Faustine, une frontwoman talentueuse aux cheveux bleus. Cependant, leur style s'apparente davantage à des groupes comme At The Gates, Darkane, Dimension Zero et Dark Tranquility qu'à celui d'Arch Enemy.  
Bien que leur performance soit maîtrisée, j'ai un peu de mal à m'immerger dans leur univers, n'étant pas familier avec leur répertoire. Progressivement, le charisme de Faustine et la prestation des autres membres du groupe parviennent à me captiver. Je commence à ressentir la même énergie que le reste du public, qui est à fond depuis le début du concert.  
Personnellement, je prends vraiment plaisir à écouter Red Queen Delusion, le dernier morceau qu'Aonaran va interpréter et le seul que j'avais entendu avant de les voir. À la réaction du public, on peut affirmer que leur performance a été plus qu'un succès ! J'espère avoir l'occasion de les revoir bientôt afin d'apprécier pleinement leur talent indéniable.  
Setlist : Intro Can’t help myself The anchotite Predator Seneca Cliff Red Queen delusion DeadlySins DeadlySins, c’est le chaos organisé : ce groupe nous balance un thrash metal à la fois groovy et furieux. Le chanteur, complètement déjanté, déboule sur scène comme un possédé, traversant de long en large, grimpant jusqu’aux crash barrières pour nous balancer ses couplets en pleine face sur les riffs acérés de ses acolytes. Leur cocktail d’influences, entre le thrash allemand et l’énergie explosive de la Bay Area, embrase littéralement la salle. Le batteur, lui aussi déchaîné, impose un tempo infernal. C’est une claque monumentale. Une vraie bande de furieux. Très vite, la fosse vire au pugilat. Le frontman, fidèle à sa folie, se jette dans le public, micro en main, et est porté tel un dieu. Leur setlist ? Une tuerie. Un véritable carnage sonore. L’ambiance est folle, incontrôlable, euphorique. En sept titres, les cinq énergumènes de DeadlySins ont mis un sacré bazar et laissé un Trait d'Union complètement en feu. Sans doute l’un des sets les plus marquants du festival — un moment gravé dans les mémoires pour longtemps. Setlist : Anticlockwise Weathered veins Ecclesias Dick In Praise Qhapaq Hucha Zombie Covid7.7.7. Godark L’ambiance devient plus sombre avec les Portugais de Godark, qui nous proposent un death metal mélodique avec une touche de progressive. Ce côté mélodique m’évoque par moments le style du groupe Amorphis. Après une entrée en matière avec le très mélodieux No Future No Mercy et son refrain entrainant, ils enchaînent avec Everything Is Gone, un titre plus punchy. Solides et bien rodés, Godark livrent une majorité de morceaux extraits de leur dernier album Forward We March. Le public adhère volontiers à leur univers, réagissant à l’enchaînement Miserable Noise / Disorder’s Edge. On a eu droit à un set impeccable, exécuté avec conviction. Toutefois, leur passage juste après la tornade DeadlySins leur a peut-être fait un peu d’ombre. Bien que le public soit resté réceptif, l’interaction avec le groupe fut plus discrète. L’ambiance, malgré tout, est restée chaleureuse. Vu la qualité de leur performance, les musiciens de Godark étaient en droit d’espérer un accueil plus intense. Personnellement, j’ai beaucoup apprécié leur prestation — et je vous recommande vivement de jeter une oreille attentive à leur discographie. Ça mérite le détour ! Setlist : No future no mercy Everything is gone Looking for a new meaning Miserable noise Disorder’s edge Doomas Direction la Slovaquie pour ce set envoûtant avec Doomas. Formé en 2006, le groupe porte bien son nom : leur musique est lourde, puissante, écrasante. Le quatuor entre sur scène sur l'intro du titre Crown qui va suivre, les quatre musiciens portent chacun un masque à l'effigie de la bête lovecraftienne Cthulhu ou bien Yog-Sothoth dont ils vont louer le culte dans l'excellent Cult of Yog-Sothoth. L’ambiance est moite, oppressante, comme imprégnée de l’univers de Lovecraft. Une fois leurs capuches et masques retirés, ils enchaînent avec Seven Sins, dont le tempo écrasant pousse le public au headbang collectif, comme hypnotisé. Une sorte de communion silencieuse s’installe alors entre Doomas et nous. Les Slovaques poursuivent leur rituel avec Hounds of Tindalos, issu — tout comme les morceaux précédents — de leur album R’Lyeh sorti en 2023. Leur performance est d’une précision remarquable, et leur musique possède une force hypnotique indéniable. Leur prêche s’achève avec Portal, un single de 2019, suivi de Forlorn, extrait de leur tout premier album datant de 2008. Ce fut une performance scénique intense, où Doomas a su captiver son auditoire du début à la fin. Au-delà du spectacle, Doomas est une véritable révélation musicale. ġakujem za tento krásny výlet do Lovecraftovho sveta ! (Merci pour ce magnifique voyage dans le monde de Lovecraft !) Setlist : The Crown Cult of Yog-Sothoth Seven Sins Hounds of Tindalos Portal Forlorn. A Secret Revealed Cinquième concert de la journée, et je commence à sentir les effets de la fatigue. Pourtant, cela ne m’empêche pas de me placer devant la scène pour capturer quelques clichés du groupe allemand A Secret Revealed. Leur musique, sombre et immersive, fusionne les éléments du black metal, du hardcore et du post-metal pour créer une atmosphère lourde et oppressante. Peut-être trop pour moi à ce moment-là… Et pourtant, ce mélange de genres m’attire habituellement. La fatigue, sans doute ? Après ma série de photos, je m’offre un moment de calme. Puis, à la fin du set, je prends le pouls de la salle : l’ambiance est très positive, les retours sur la performance scénique et musicale d’A Secret Revealed sont unanimes. Ces avis enthousiastes m’ont donné envie de m'intéresser de plus près à leur discographie. Chose faite depuis !  
Game Over On repart sur de bonnes bases avec Game Over, un combo thrash italien inspiré des pionniers des années 80. J’avoue qu’après le passage de DeadlySins, il manquait un brin de groove… Ça tombe bien, leur musique en déborde ! Game Over nous offre un set survolté qui électrise le public dès les premières notes. Dès le titre d’ouverture Last For Blood, la foule s’embrase.   Et ça continue avec l'enchaînement explosif de Veil of Insanity et The Cult, véritables machines à headbang grâce à leurs tempos effrénés. Grip of Time ne laisse pas retomber l’ambiance, déjà bien festive, qui atteint un point de non-retour avec Call of the Siren, suivi du dansant Neck Breaking Dance : une déferlante de slams secoue alors les agents de sécurité, un peu trop tranquilles depuis DeadlySins. Même si Path of Gain ralentit légèrement le rythme, ce n’est qu’un court répit avant que la folie ne reprenne avec Weaving Fate et Masters of Control, pour culminer en apothéose avec l’hallucinant Neon Maniacs. Quel set revigorant ! Ces pazzi nous ont envoyé une dose massive d’énergie positive. En parfaite osmose avec le public du début à la fin, ils nous ont offert une vraie cure de jouvence. Une fois encore, les organisateurs ont misé juste avec Game Over !
Setlist : Lust For Blood Veil of insanity The cult Grip of time Call of the siren Neck breaking dance Path of gain Weaving fate Masters of control Neon maniacs Merrimack On ne présente plus Merrimack. Tout comme Seth, c’est une véritable institution du black metal hexagonal. Fondé en 1994, le groupe répand sa musique sombre depuis trois décennies sur les scènes françaises, européennes et bien au-delà. La dernière fois que je les ai vus, c’était il y a plus de dix ans, lors d’un Hellfest mémorable. Dès l’arrivée des cinq musiciens sur scène, le public averti réagit instantanément. Le groupe choisit d’ouvrir le set avec l’enchaînement The Falsified Son / Sulphurean Synods, nous plongeant immédiatement dans l’ambiance.  
Avec Merrimack, on n’est pas dans un black metal uniquement lancinant et atmosphérique. Leur style tend plutôt vers un old school aux influences scandinaves, dominé par des blasts et des tempos soutenus. Et ce ne sont pas Seraphic Conspiracy ni Horns Defeat Thorn qui viendront contredire cette orientation. Le public, bercé par Under the Aimless Spheres, entre dans une transe contagieuse, rapidement transformée en headbang frénétique par l’intro infernale de Redeem Restless Souls, un brûlot implacable qui n’a pas pris une ride après presque vingt ans.  
Franchement, je suis conquis par la prestation de Merrimack et le choix des morceaux joués. Tout comme le public, j’ai vécu un intense moment de noirceur et de violence. Ce rituel dantesque s’achève dans une pénombre absolue avec Sublunar Despondency.  
Setlist : The falsified son Sulphurean synods Seraphic conspiracy Horns defeat thorns Under the aimless spheres Redeem restless souls Sublunar despondency. Coffin Feeder : On reprend les hostilités avec les Belges de Coffin Feeder, projet parallèle de Sven de Caluwé, chanteur du groupe de brutal death Aborted. Autant dire qu’une déferlante de violence pure nous attend. Dès le titre Plug It In, c’est la baston générale : les enchaînements pied-bouche déclenchent des pogos frénétiques, surtout sur l’implacable Dead or Alive, dont le nom colle parfaitement à l’ambiance brutale.  
Les morceaux s’enchaînent sans relâche, maintenant une cadence infernale : Capture for Consumption et The Destroyer illustrent toute la puissance de feu de cette véritable machine de guerre qu’est Coffin Feeder. Le démarrage tonitruant de If It Bleeds est une claque monumentale, avec un batteur bluffant derrière ses fûts ! Chaque morceau est un uppercut en pleine face.  
Et le final, avec l’enchaînement Get to the Party / Stereo Homicide, achève le public dans une explosion sonore. Ça part dans tous les sens ! Sven et ses acolytes — Siebe Hermans (batterie), Jan Hallaert (basse), Bart Govers et Jeroen Camerlynck (guitares) — nous ont mis à genoux. De vrais tueurs sur scène !  
Setlist : Plug It In Dead Or Alive Capture For Consumption The Destroyer If It Bleeds Porkchop Express Let Off Some Steam A Good Supply Of Body Bags Love At First Death Plain Zero Get To The Party Stereo Homicide Gama Bomb On repart sur une ambiance plus groovy et festive avec le heavy/speed old school des Irlandais de Gama Bomb. Un hurlement strident traverse soudain la salle... p****n, on est en train de sacrifier quelqu’un ? Eh bien non, c’est juste le chanteur qui fait une entrée fracassante sur Slam Anthem, en poussant ce cri bestial devenu une vraie signature. Enchaînement direct avec Egyptron, aux sonorités orientales, avant que la double pédale ne vienne martyriser nos tympans sur 666teen, véritable machine à headbang. À la fois rapide et groovy, les solos de Domo Dixon sont parfaitement dosés. Viennent ensuite Speed Funeral, Give Me Leather et Last Ninjas Unite, une triplette infernale qui embrase littéralement la salle. Les slams s’enchaînent à un rythme fou, et l'énergie repart de plus belle avec Avenge Me, Sea Savage, puis Necronomicon Automaton, porté par les lignes de basse bien rondes de Joe McGuigan. Ce morceau évoque pour moi les grandes heures d’ Accept. Le second guitariste — dont je n’ai pas le nom — n’est clairement pas un amateur : les riffs fusent ! Le groupe bombarde la salle de titres comme des missiles : Living Dead in Beverly Hills, Zombie Blood Nightmare, Hell Trucker... Musicalement, les Irlandais nous en mettent plein les yeux ! Paul Caffrey impose un tempo infernal derrière ses fûts. La voix aigüe et perçante de Philly colle parfaitement à l'univers musical du groupe : c’est leur marque de fabrique. Ils enchaînent avec Miami Supercops, puis c’est la fête totale dans le pit avec la reprise sur vitaminée de If I Should Fall from Grace with God des Pogues. Quelle énergie incroyable ! Sur le dernier morceau, le groupe hurle "We Respect You", on en est sur et on peut les remercier : ils nous ont démonté les cervicales ! Setlist : Slam anthem Egyptron 666teen Speed funeral Give me leather Laste Ninjas Unite Avenge me Sea savage Necronomicon Automaton Living dead In Bervely Hills Zombie Blood Nightmare Hell trucker Miami Supercops If I Should Fall from Grace with God We respect you. Nile Pour clore cette édition 2025 du Lions Metal Festival, c’est le groupe Nile qui entre en scène, avec son death metal technique aux atmosphères mystiques. Une chose est sûre : George Kollias, impérial derrière ses fûts, et Karl Sanders, en grande forme, offrent un dernier set à la hauteur d’un week-end colossal. Le public, toujours bien présent et réactif, vibre une dernière fois. Moins festive que celle de Gama Bomb, la musique de Nile n’en est pas moins intense et captivante. Les Américains livrent une setlist de qualité, mêlant anciens classiques (mes préférés) et morceaux récents. Parmi les pépites offertes : Sacrifice Unto Sebek, Defiling the Gate of Ishtar, Kafir!, Sarcophagus, et pour conclure en apothéose, Black Seeds of Vengeance. Nile clôt ce festival en beauté, sous les applaudissements d’un public conquis et ravi de cette dernière prestation.  Setlist : Stelae of vultures To strike with the secret fang Sacrifice unto Sebek Defiling the gate of Ishtar Kafir ! Vile nilotic rites In the name of Amun Sarcophagus Lashed to the slave stick Black seeds of vengeance. J'ai passé deux journées formidables et je pense que les festivaliers également ! La programmation était d'une qualité exceptionnelle, j'ai fait de nombreuses découvertes et redécouvertes. Les groupes ont tous été généreux sur scène et très accessibles en dehors. Nous devons également adresser un grand merci à tous ces bénévoles pour leur disponibilité et leur gentillesse, sans qui le Lions Metal Fest ne serait pas aussi convivial. Et merci à son responsable Mike pour l'âme que tu as sue insuffler à ce festival !
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