|
Voilà les portes de l’enfer viennent de se refermer après un feu d’artifice de clôture, laissant les organismes très éprouvés, la tête pleine de souvenirs qu’il va falloir ranger pour vous les distiller dans le bon ordre. Nous étions avec Fabulous des « nouveaux » puisqu’il s’agissait pour lui comme pour moi de notre premier Hellfest. Alors forcément on aura été marqué d’entrée par le site, le gigantisme des statues, des scènes, des lieux divers est variés. 

Ce gigantisme sera le qualificatif le plus approprié pour cette édition : un public encore une fois plus nombreux avec 280 000 personnes sur ces quatre jours. Des scènes aux tailles surhumaines pour certaines (Mainstage) avec des écrans géants non moins surhumains, pour une jauge immense. D’ailleurs il faut savoir jouer des coudes et ne pas être agoraphobe si on veut un tantinet bien voir sur ces scènes, sinon le spectateur se contentera des écrans géants. Si l’offre de restauration est pléthore, ce sont surtout les milliers de litres de bières qui donnent le tournis (ou la bière tout court pour certains spectateurs ayant abusé du breuvage). C’est bien simple, j’ai rarement vu quelqu’un sans ce délicieux breuvage à la main. Le gigantisme passe aussi par la taille des gobelets de cervoise, puisqu’un verre fait presque 60 cl, de quoi bien éponger une soif. Et une soif, nombreux sont ceux qui l’ont eu puisque nous étions en week-end de canicule avec des journées oscillant entre 32 et 37°. Si à cela on ajoute la proximité dans le pit, les températures montent très vite. Pourtant là aussi, l’organisation parfaite a tout prévue avec des murs d’eau, brumisateurs, lances à incendies pour asperger les festivaliers (attention à la retombée d'eau, j'ai pris quelques douches gratuites), des points d’eau à profusion, bref, tout pour éviter un malaise (d’ailleurs l’organisation en dénombrera moins que l’année dernière, challenge réussi). Alors oui avec une telle débauche d’énergie, un tel gigantisme il faut une organisation parfaite, et là pour le coup c’est parfaitement réussi puisqu’on constate finalement assez peu de queue pour la nourriture ou les bars, ça reste relativement acceptable. Le seul point noir finalement sera le Sanctuary où les plus malheureux feront plus de 3h de queue pour décrocher le fameux sésame, c’est-à-dire le t-shirt souvenir. Et trois heures en plein cagnard, ça tape, vous pouvez me croire.

Alors oui on va ouvrir maintenant le chapitre de la réflexion future et de l’évolution de ce festival pour les années à venir.
Cette édition « Out Of Bounds » a été décrié pour sa programmation mainstream, surtout du fait de la présence de Muse. Si personnellement je reconnais que Muse n’est pas du metal, que dire des groupes comme Cypress Hill qui n’avaient eux rien à faire ici. Alors que fait-on ? Le constat est sans appel, au vu prix du pass, il faut une programmation qui tienne la route, on n’appâte pas des mouches avec du vinaigre. Et cette année les mastodontes du metal en tête d’affiche ne sont plus de première jeunesse : Rob Halford (73 ans), Klaus Meine (77 ans), Rudoph Schenker (76 ans), James Labrie (62 ans), Jordan Rudess (68 ans), Jonathan Davis (54 ans, ouais je sais il est encore jeune lui, quoique...), Till Lindemann (62 ans), Steve Vai (65 ans), Joe Satriani (68 ans), Glenn Hughes (73 ans)…Bon j’arrête là mais la liste est longue, et je ne parle pas des groupes non présents dont les âges sont aussi bien avancés (Iron Maiden, AC/DC, Metallica…), sans parler de ceux qui ont dit stop conscients que ce n'était plus possible (Aerosmith). Donc la question c’est : on fait comment ? Le renouvellement est fondamental, mais encore faut-il des groupes de taille pour continuer à conserver ce niveau d’exigence voulue par les spectateurs. Certains émergent à haut niveau de scène (Electric Callboy, Falling In Reverse), mais beaucoup sont encore à plusieurs marches d’être tête d’affiche du Hellfest (et les scènes annexes conviennent parfaitement et j’en conviens). Et puis ces derniers groupent précités ne feront-ils pas couler de l'encre au regard du prix du pass si, à côté on met un nom bien rassurant ? Doit-on continuer à ouvrir comme cette année pour avoir la possibilité de conserver les scènes annexes aux autres groupes purement métal ? Sans avoir de réponse certaine à cette question, le constat de cette édition, la qualité de la programmation globale me fait pencher du côté du "oui" (et même si je râle sur deux ou trois groupes, de toute façon personne ne sera satisfait de tout). Pour ma part je fais confiance à l’organisation pour nous dégoter une programmation de l’enfer qui, oui fera couler de l’encre, mais qui, à coup sur devrait être assez sympa. Pour compléter les propos de Kabet, j'ajouterais aussi que l'organisation au petits oignons a réussi a rendre son festival propre. J'ai fait plusieurs très grand festival (Download, 70000 personnes par jour, Sonisphere 60000 personnes, Eurockeennes, 37000 personnes) et souvent il y avait beaucoup de déchets au sol car l'organisation ne mettait pas assez de poubelles à disposition. Ici il y en a un peu partout et c'est agréable de déambulé dans un site propre. Avant les remerciements, voici mon traditionnel "top" (KABET). Top 5 concert : - Royal Republic - Falling In Reverse - WithinTemptation - Epica - Charlotte Wessels Top 5 découvertes :
- Lucie Sue - Sun - Furies - Messa - Blood Command Top 5 flop :
- Scorpions - Cypress Hill - Blackgold - Witch Club Satan - Poppy
Top 5 concerts (Fabulous) : - Airbourne - Hermano - Slomosa - Turnstile - Knocked Loose Top 5 découvertes : - Chat Pile - The Midnight Ghost Train - Howard - Gravekvlt - Gouge Away Top 5 flops : - Scorpions - The Chisel - The Real Mckenzies - Blackgold - Novelists Pour ma part (KABET), je terminerai ce bilan pour remercier Fabulous qui m’aura accompagné durant ces 4 jours. On s’est beaucoup croisé sur le festival, mais c’était aussi pour mieux couvrir l’événement. Un super moment ensemble et une expérience unique. Merci aussi aux autres membres de l’équipe Auxportesdumetal pour nous avoir laissé le champ libre pour ce Hellfest, à Ced12 et Le Diable Bleu pour les échanges et les partages d’idées durant ce fest. Merci à l’organisation du Hellfest de continuer de nous permettre de couvrir ce festival mythique. Merci à Angie d’NRV Promotion et Pat’ de la Klonosphère pour la mise en relation avec les artistes pour les interviews. Merci à SUN et Furies de leur disponibilité et leur gentillesse, de m’avoir accordé un peu de leur temps durant ce festival. Yeah !!! Merci aux artistes croisés furtivement dans l’espace VIP/Presse de leur disponibilité, notamment Lucie Sue et Charlotte Wessels. Les portes de l’enfer peuvent maintenant se refermer…
|