Groupe:

Firemaster Convention - Jour 2

Date:

25 Octobre 2025

Lieu:

Issoudun

Chroniqueur:

L.Red

Firemaster Convention - Jour 2
 
Après une nuit courte et un bon pti déj caféiné, on attaque la seconde journée de la Firemaster Convention par un bingo metal! Oui oui, un bingo metal, avec un paquet de beaux lots de la communauté à remporter allant d'ouvrages de références, à un bon pour un tattoo chez Lucette dont j'ai eu le plaisir de passer sous les aiguilles l'année précédente et qui fait partie de la dizaine de stands installés pendant la convention. 
 
 
CONFERENCE METAL ET ECOLOGIE
 
 
A l'occasion d'une conférence, Corentin Charbonnier propose une réflexion sur la place de l’écologie et de l’engagement politique dans le milieu du metal, en questionnant son statut de contre-culture. Selon lui, il devient difficile de parler de contre-culture lorsque des groupes comme Gojira jouent aux Jeux Olympiques ou que le metal entre à la Philharmonie. Cette interrogation est particulièrement française : aux États-Unis, la scène metal cohabite naturellement avec la pop et la culture dominante.
Il rappelle l’ampleur de l’institutionnalisation du metal, citant le Hard Rock Café, qui possède la plus grande collection d’œuvres d’art liées au metal (environ 400 000 pièces). Le metal est ainsi devenu une culture durable, structurée, avec des sous-genres clairement identifiables, utiles notamment aux programmateurs pour « cartographier » la scène.
Historiquement, l’engagement est présent dès les origines : Black Sabbath exprime la peur du nucléaire, tandis que les groupes des années 1980 (Nuclear Blast, Sodom, Exodus, Anthrax) portent des thématiques liées à la guerre froide. Le thrash et le death metal cherchent ensuite à aller plus loin que la génération précédente, dans une logique de surenchère musicale et thématique.
Sur le plan sociologique, Corentin souligne que le metal est devenu majoritairement une musique de classe moyenne, tandis que le hardcore reste plus ancré dans les classes populaires. À l’inverse, certains courants comme le hard FM touchent davantage les classes dominantes. Les controverses existent toujours, comme l’annulation du groupe Anal Cunt au Hellfest.
L’exposé aborde aussi le rapport du metal à la nature et au paganisme, très présent notamment dans le black metal, avec une imagerie de retour au primitif et à des forces naturelles. Le metal est décrit comme une musique d’appartenance durable : « quand on y entre, on y reste ».
L’engagement écologique se manifeste de plus en plus concrètement : groupes reversant des fonds, partenariats associatifs, ou projets comme Savage Lands, qui rachète des forêts en France. Gojira est présenté comme un porte-drapeau récent de l’écologie dans le metal, avec un imaginaire lié à la nature et au nucléaire (Godzilla). Sea Shepherd est évoquée comme une association dont l’ADN correspond profondément à l’esthétique et aux valeurs du metal.
Corentin insiste sur l’intersectionnalité des luttes : écologie, justice sociale et questions politiques sont liées, et le territoire d’origine influence fortement la vision du monde des artistes. Certaines thématiques (écologie, violences sexistes et sexuelles) sont aussi mises en avant pour répondre à des critères institutionnels, notamment pour l’accès aux subventions.
Enfin, il souligne un manque criant de recherche académique sur le metal en France, malgré une communauté estimée à environ 2 millions de métalleux, rôle que tentent de combler des structures comme l’association émergente CRAME.
La conférence se conclut sur une question ouverte : alors que les groupes engagés sont de plus en plus nombreux aujourd’hui, cet engagement sera-t-il durable dans le temps, à l’image de groupes comme Lofofora, encore militants après plusieurs décennies ?
 
 
La seconde journée est ponctuée d’animation culinaire des plus goûtues proposées par Jean Driege, d'une session de air band et d'autres surprises en amont d’une soirée qui s’annonce brulante et bruyante !
 
 
KAMALA
 
 
Kamala ouvre le bal du samedi soir et débute pile à l'heure, à 19h15 pétante.
Pour ceux qui découvre comme moi ce soir le groupe Kamala, on pourrait dire que c'est un trio survolté de thrash metal tout droit venu du Brésil. En jetant un œil à leur stade, je ne peux que remarquer leur merchandising vraiment pas cher (35€ un hoodie, 20€ le cd + t-shirt).
A cette heure, les spectateurs s'avèrent moins nombreux que le début de soirée du vendredi avec Locomuerte. Surprenant pour un samedi soir... Je me dis que le public attend le show de Chris Slade qui n'est autre que le batteur d'AC/DC.
 
 
Et les brésiliens ne déméritent pas! Kamala nous offre un show puissant, le son envoie du lourd. Trois sur scène pourtant quelle présence! La charismatique batteuse Isabela Moraes est très rapide et précise, tandis que le guitariste Raphael Olmos et le bassiste Allan Malavadi se partagent le chant.
2 paravents reprenant la moitié de la jaquette du nouvel album Karma viennent illustrer la scène.
Le premier concert de la soirée se termine avec une bougie sur les planches, puisque le groupe accompagné de Corentin Charbonnier viennent célébrer l'anniversaire d'Elodie Briffard, chargée de communication de l'événement.
Une fin donc à 19h47 pour Kamala. C'était trop court, bien trop court...
 
 
CHRIS SLADE - TIMELINE
 
 
A 20h20, Chris Slade -Time Line entre en scène, tandis que la salle est chaude, prête à se laisser embarquer… mais l’atterrissage est un peu plus brutal que prévu. Le groupe fait ce qu’il peut, mais on sent assez vite que les années pèsent, et qu’assurer un set d’1h30 n’est plus une évidence.
Musicalement, tout n’est pas à jeter. Le guitariste, avec ses riffs parvient à réveiller un public qui ne demande qu’à s’enflammer. Le bassiste, lui, est clairement l’élément le plus solide du line-up : bonne voix, bonne présence, il tient la baraque sur la durée du set. Le chanteur quant à lui copie bien la voix iconique AC/DC.
Les reprises d’AC/DC fonctionnent mais pas autant qu’on aurait pu l’espérer. Hells Bells passe plutôt bien, mais Back in Black accuse quelques loupés qui font lever plus d’un sourcil… et même quitter la salle à certains. À peine vingt minutes après le début, la moitié du pit a déjà disparu.
Chris Slade, derrière les toms, accumule les ralentissements ; rien de dramatique, mais suffisamment pour casser les dynamiques. Courageux d'enchaîner 1h30 de set après tant d'années de maîtrise, l'essoufflement de la légende se comprend. Les autres membres rattrapent comme ils peuvent, mais l’ensemble manque de nerf. 
Sur scène, on constate peu de mouvements, mais les lights sont au rendez-vous ce qui facilite la prise de vue des photographes.
D’ailleurs, le ressenti est assez unanime entre chroniqueurs ce soir : on cherche les étincelles.
 
 
La setlist va néanmoins surprendre avec une reprise de Kashmir de Led Zeppelin. Chris Slade annonce qu’il a joué avec Jimmy Page, ce qui fait sourire la salle… mais malgré une interprétation honnête chantée par le bassiste, ça ne décolle pas. Idem pour la reprise des Pink Floyd.
Le chanteur tente une touche d’humour — « Je suis très petit » — qui fait rire quelques spectateurs. Ça détend, mais pas assez pour masquer la baisse de régime générale. Un spectateur lâche même un « Allez au lit les vieux ! » aussi brutal qu’inutile, qui met un peu mal à l’aise.
Highway to Hell fera bouger modestement la fosse avant que le groupe tire sa révérence à 21h37.
 
 
Heureusement, Darkhotic, qui gère les transitions entre les différents groupes, prendra ensuite le relais en ravivant la foule.
 
 
 
 
Ah, là ça réveille ! 
Tu m'étonnes, avec 16 artistes d'un coup sur scène!
On parle bien des Tambours du Bronx qui déboulent en fanfare, et là les planches deviennent instantanément un champ de bataille rythmique. Ça se voit, et surtout… ça s’entend. En invités de marque, le groupe fait monter Raphael de Kamala et El Termito de Locomuerte, histoire de densifier encore un peu plus une ambiance déjà en fusion.
« Est-ce que vous seriez capables de faire un peu de bruit ?! » lance Stéphane Buriez, l'une des deux voix de la formation. Pas besoin de le dire deux fois.
On comptera pas moins de neuf tambours alignés, prêts à marteler le public sans sommation (huit à la fin du set, des collectionneurs ayant manifestement réussi à repartir avec un trophée). Les bidons font office de décor, soutenus par un sobre et simple drapeau noir frappé du logo blanc des Tambours du Bronx.
 
 
Autour de cette armée de percussionnistes : deux guitares, une basse, une batterie, un synthétiseur, et les deux vocalistes pour compléter la formation.
Le public répond présent — la masse a littéralement doublé depuis le passage de Chris Slade Timeline. Ça pogote, ça tourbillonne, ça vit et ça fait du bien.
Avec nos camarades chroniqueurs, on échange et nos partages sont assez unanimes.
Quand le groupe demande à la foule de taper dans les mains, c’est une vraie liasse populaire. Une pulsation commune. On a envie de sauter, de danser, de se laisser porter : la joie et l’énergie se propagent instantanément dans la fosse.
Le groupe ira conclure le set avec leur reprise musclée de Dragula de Rob Zombie, toujours accueillie comme un cadeau supplémentaire.
Et pour beaucoup, la cerise sur le gâteau restera la possibilité de repartir avec une paire de bâtons récupérée en fin de concert. Evidemment, je suis moi aussi repartie avec mon graal.
 
 
 
Après des balances réalisées en longue doudoune noire pour garder le mystère de la tenue, Sun débute à minuit le set.
Avec le nombre de concerts depuis la sortie du premier album Krystal Metal, le groupe nous propose un show bien rodé.
Karoline Rose apparaît en robe rose de princesse chaussée d'énormes plateformes rouges, tandis que Bassem Ajaltouni arrive avec une veste à capuche pailletée.
Après le quatrième titre joué, Sun nous confie que sur le chemin pour se rendre à la Firemaster, le groupe a vécu un accident de train, ce qui aurait pu mettre à mal leur présence ce soir et ce qui renforce d'autant plus leur joie d'être là.
 
 
Le groupe enchaine les morceaux avec autant de punch dans les riffs et les vocalisations que dans les mouvements sur scène. Boris Le Gal (également Dropdead Chaos) nous sert une ligne de batterie impeccable avec sa double pédale.
Une brutal pop qui clôturera dans une ambiance de feu cette seconde soirée de concerts de la Firemaster.
 
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Ainsi s'achève pour moi la Firemaster, qui néanmoins se poursuit le dimanche avec au programme réveil musculaire, marche, jeux de société et d'autres animations encore.
Merci et bravo à Joffrey Dériaud et à Elodie Briffard pour l'accueil, l'organisation et la programmation de cette superbe édition de la Firemaster Convention. Rendez-vous l'année prochaine!
 
 
 

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