Groupe:

Festival 666 : Jour 2

Date:

09 Aout 2025

Lieu:

Cercoux

Chroniqueur:

JeanMichHell

Overcharger :

En ouverture de ce samedi, la scène vibre d’un Sludge épais et d’un feeling Southern-metal avec les Bordelais d’Overcharger qui avec la finesse d’un rouleau compresseur va prendre un malin plaisir à nous éclater le museau d’entrée de samedi.

On retrouve JB le guitariste qui possède toujours son jeu à la Zakk Wylde, David à la basse qui sait toujours aussi bien dérouler son groove monstrueux, et Tom aux cheveux bleus pour l’occasion, qui martèle son pauvre instrument tel un marteau qui enfonce le tempo, à grand coup de double pédale et de jeu sur les tomes. Basty, cheveux rasés de près et survoltés, multiplie les interactions : un mot d’esprit, un cri, et il pousse le public à faire trembler la fosse.

Bref, on a pris cher, et on a pris chaud grâce à Overcharger, qui aura pris également le soin d’un clin d’œil à Ozzy.

Setlist :

Trust The Horns
Eternal Hangover
Southern Floods
Hate
Hellya
Witch Spells
Today I Die


Dirty Dogz :
Le thermomètre affiche plus de 30 °C, et Dirty Dogz transforme la chaleur en fournaise blues-rock à la sauce Australienne. Une voix éraillée, du groove et des vieux Marshall poussés à bloc, voilà une recette bien connue, mais qui fonctionne toujours aussi bien.

Les riffs qui ont un sérieux goût d’AC/DC martèlent une rythmique simple mais implacable. Les solos, pur concentré de sueur et de feeling, déclenchent des headbangs. On voit que les musiciens ont de l’expérience et qu’ils savent jouer avec le public, et les photographes. La recette ne réinvente rien, mais avec un tel plaisir pris sur scène, et beaucoup de fun, chaque note sonne comme une déclaration d’amour au rock’n’roll.


Th3ory :

Th3ory déploie un show futuriste : costumes noirs et bleus incrustés de LED, gants lumineux, stroboscopes qui clignotent au rythme des beats proches d’un univers cyberpunk. Sur scène, un rappeur et un hurleur se complètent, faisant tour à tour monter la tension techno et lâcher des rafales de guitares à la Fear Factory. Leur Cyber-Nu-Metal fait dans le très énergique visuellement.

Malgré la canicule, le groupe va chercher la foule qui répond présent. Dans le pit la chaleur devient fournaise jusqu’à créer le début du pire ennemi d’un festivalier : la poussière. Une performance visuelle et sonore au millimètre, et qui a su charmer un public, qui initialement, n’était pas forcément prêt à aller se faire griller au soleil...

Setlist :

Lockdown
Play Harder
Prometheus
Freaks United
Deep Anx.
Neon’s Dawn
Mirror Check
Rottweiler
Expect Us
Sound Of A Growl
Moshpit


Eight Sins :
Devant un décor bariolé, Eight Sins ouvre les hostilités avec son thrashcore sur vitaminé. Les riffs triolet fusent, la double pédale pulvérise le sol, et le chanteur jongle entre provocations et encouragements (« Cercoux, pétez-vous la courge ! »). Le groupe ne fait pas dans la dentelle, et sont pile entre énergie tous azimuts et riffs plombants !

Un circle pit d’entrée soulève un nuage de poussière, puis les frites gonflables font leur entrée et ainsi que des ballons de beach s’envolent de toute part, transformant la fosse en kermesse débridée. Le groupe pousse même le public à faire un circle pit (qui est tout de même une obsession chez eux !) autour de la table de son, impressionnant ! Bref, Eight Sins c’est un savant mélange de chaos maîtrisé et de pure déconnade. Ce concert fait partie des grands moments de la journée !

Setlist :

Acid Hole
On Tour
Vultures
Slime River
Last Action Zero
Street Trash
World of Sorrow
Straight to Namek
Too Old For This Shit
Cops Panic
Wreck of the Empire
Beers & Moshpit


Nightmare :

Fondé en 1979, le groupe français de Heavy Metal Nightmare possède une discographie de plus de quarante ans ! Même Mass Hysteria sont des rookies face à eux ! Avec la récente intégration de Barbara Mogore au chant en 2022, le groupe continue son évolution musicale qui aujourd’hui oscille entre le Power Metal avec des éléments symphoniques voire plus extrêmes.

En live, ce cocktail donne un mélange de puissance et de sensibilité assez remarquable. Barbara y est pour beaucoup puisque son chant clair serpente entre les blasts beats, avant qu’elle passe en version hurleur et ne transforme quelques passages en bulldozer ! Les guitares, saturées et précises, alternent riffs rouleau compresseur et soli nerveux, soutenues par une double pédale bien présente. L’ensemble donne un relief presque cinématographique à leur prestation. Il m’aura fallu quarante ans pour découvrir Nightmare

Setlist :

The Blossom Of My Hate
Divine Nemesis
Ikarus
Eternal Winter
Downfall Of The Tyrant
Aeternam
Serpentine
Nexus Inferis


7 Weeks :

Interview de Mass Hysteria, que vous trouverez dans cette mise à jour, oblige, je ne vois qu’un petit bout du concert de 7 Weeks mais voilà ce que j’en retiens :

Entre rage brute et mélodie stoner, 7 Weeks incarne l’essence du rock à gros riffs. Le son est direct, saturé juste ce qu’il faut, avec ce grain stoner à la Queens of the Stone Age. Plus de feeling que d’extrême-vitesse, le combo choisit l’intensité posée : chaque chorus harangue la foule, chaque break fait hocher la tête. Leur charisme tranquille fait oublier la chaleur et ranime les batteries de tout le public en cette fin d’après-midi.

Setlist :

Gorgo
Blackhole Your Heart
Idols
Up The Pressure
Solar Ride
Shimmering Blue
Wax Doll
Insomniac
At The Drive In
Four Again
667 Off
Carnivora
Acid Rain


Fu Manchu :

Dans la programmation du festival, il arrive souvent de voir débouler une légende, il y a deux ans c’était Dog Eat Dog par exemple, assez peu connu du grand public actuellement mais tellement fondamental. Cette année, ce sont les Américains de Fu Manchu qui débarquent sur scène pour notre plus grand plaisir.

Le credo Fu Manchu ? « It’s fuzzy, it’s riffy, it’s straight », autrement dit un stoner rock sans fioritures, toujours bourré de fuzz et de groove. Peu de surprise, mais un plaisir évident lorsque les Américains balancent leur stoner-rock charnu, teinté de psyché seventies : pédale Wha-Wha, lignes de basse rondes et toms profonds. Scott Hill ponctue rarement ses morceaux de longs discours, il préfère laisser parler sa guitare et arbore un sourire quasi enfantin qui trahit sa gratitude, on sent qu’ils savourent chaque seconde. Tout comme nous finalement… Fu Manchu c’est la classe.

Setlist :

Pigeon Toe
Evil Eye
Loch Ness Wrecking Machine
Hell On Wheels
Relal Begal
Laserblast !
Hands Of The Zodiac
Ca Crossing
Eatin Dust
Roads Of The Lowly
Superbird
Mongoose
King Of The Road
Saturn Iii

Tagada Jones :

La dernière fois que nous avions vu les Tagada Jones, c’était à la Voix du Rock, et nous avions été charmés par l’intensité proposée par le quatuor ce soir-là. Ce samedi soir, ce sera un peu différent. Attention, Tagada sur scène reste solide, et on y retrouve tout ce qui fait son essence : guitares acérées à la sauce Punk-Metal, voix enragée, slogans qui claquent, mais j’ai eu la sensation d’avoir un show un peu plus en mode auto-pilotage.

Ce sera le seul bémol de ce show qui va assurer. Les classiques s’enchaînent, la fosse est en ébullition, et la setlist toujours aussi solide. Un clin d’œil de Nico à Victor qu’il a connu tout petit, mais déjà plus grand que lui (…), en 2019 à l’occasion de la première édition du festival. Le groupe conclut avec l’hymne Mort aux Cons et son fameux La-la-lalalala ! Le public accompagne avec grand plaisir Nico et continuera à le scander même une fois la scène vide.

Setlist :

Le Dernier Baril
Je Suis Democratie
Nous Avons La Rage
Zero De Conduite
Cargo
De L’amour & Du Sang
Le Poignard
Vendredi 13
Elle Ne Voulait Pas
De Rires & De Larmes
Nation To Nation
Manipule
Le Feu Aux Poudres
Mort Aux Cons

Mass Hysteria :

Pour conclure, Mass Hysteria va régler les derniers comptes de la journée. Déjà, la scène fait forte impression visuellement avant même le début du show. La mise en scène, ainsi que le light show seront un des grands atouts de ce concert. Des couleurs dans tous les sens, des contres jours qui filent le frisson, et même des strobes rouges et bleues qui accentuent la sensation de transe.

Avec trente ans de carrière, et onze albums au compteur, la Mass a largement de quoi enchaîner les hymnes. C’est Mass Veritas qui va ouvrir une setlist qui globalement va aller de Contraddiction à Tenace, avec entre autres Positif à Bloc, Reprendre mes Esprits, ou bien encore l’excellent L'Enfer des Dieux, bref pas grand-chose à jeter.

Quelques enfants vont les rejoindre sur scène comme chœur sur Furia, tandis que le fils de Mouss qui l’accompagne ce soir, veut aller slammer dans la foule, mais son cher papa estime que la foule est un peu loin pour s’élancer depuis la scène. Un dernier coup de marteau, une claque finale avec Plus que du Metal pour conclure en beauté ce concert et cette journée. Entre positivité débridée et déluge métallique, Mass aura résonné en plein cœur de Cercoux.

Setlist :

Mass Veritas
Positif à Bloc
Chiens de la Casse
Nerf de Bœuf
Se Brûler Sûrement
L’émotif Impérieux
Reprendre mes Esprits
Arômes Complexes
L’enfer des Dieux
Contraddiction
Furia
Plus Que Du Métal

Shaârgoth :

C’est Shaârgoth qui va conclure cette deuxième journée, et comme une majorité des groupes du soir que nous avons croisés aujourd’hui, nous le savons déjà croisés à Cercoux.  Dès les premières secondes, l’univers cyberpunk postapocalyptique : costumes noirs gluants, maquillages qui dégoulinent, ombres furtives (appelés les Shadows) nous remet dans l’univers indus du groupe. Le chanteur comme maître de cérémonie, possède un sacré charisme et sa voix, tour à tour gutturale ou plus martelé renforce encore plus l’univers indus. 

Grâce à une scène qui a évolué et à un show légèrement différent, le groupe donne la sensation d’un chaos maîtrisé, sombre, furieux et carré. Deuxième jour et deuxième belle journée, vivement demain !

 

Setlist :

Let Me Out
Kill Your God
Life And Choices
Traders Must Die
Cut Cut Cut
Shaârghot
Great Eye
Red Light District
The Way
Uman Iz Jaws
Break Your Body
Something In My Head

 

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