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Régis : En ouvrant la grande scène à 14h00, Régis avait la lourde tâche d’ouvrir cette édition 2025. Et c’est devant une foule encore bien clairsemée que le set débute, mais très vite les premiers rangs se densifient. Dès les premières notes, le ton est donné : un thrashcore lourd, sans concession, saupoudré de saillies humoristiques. Le fameux « Philippe, je sais où tu te caches, enc**** qui arrache les premiers rires avant de replonger la fosse dans le rythme effréné des compositions du groupe. Le groupe a enchaîné les accélérations tranchantes et les breaks imparables. Le chanteur pousse sa voix au bord de l’implosion. Derrière lui, la section rythmique tabasse, et l’ensemble est ouvert, à la croisée de System of a Down, des pointes de prog, tout en gardant un esprit punk. Par instant, c’est le chaos, des riffs déstructurés, ou de véritables uppercuts, le tout aurait pu désorienter, mais l’efficacité reste totale. Malgré une foule assez maigre, l’énergie est débordante et a rendu la performance d’autant plus remarquable. Bravo Régis. Setlist : Sorry I Hate You Welcome Burn Them All Jerk Blood Crossroad of Collapse Another One For Teens Unessential 

Dark Dogs : Dark Dogs a investi la scène avec l’envie d’en imposer, le bassiste se met tout de suite en avant et va chercher le public, tout le monde arbore un large sourire, et surtout prêt à en découdre ! Le groupe avec son Heavy Rock a immédiatement posé son style : basse ronde, riffs mid-tempo, les premiers accords de Roots of Darkness ont fait hocher la tête de tous les amateurs du genre. Le chant, bluesy à souhait, a ancré chaque morceau dans une tradition Rock du plus bel effet. Pas de surprises, mais une mécanique rodée, huilée et diablement communicative : du rock’n’roll comme on l’aime. Au-delà des « clichés » du genre, le groupe a montré une cohésion d’habitués de la scène. L’aspect conventionnel de leur musique a été compensée par une ribambelle de riffs bien sentis, et une rythmique maîtrisée. Old style, but good style… Setlist : Son of a Witch Helluvator (H)eart(h) on Fire Shunka Warakin Wash my Brain Rebel and Wild Chupacabra Die to Survive Down by he River Simple Man Banzaï Godzilla 

Altesia : Avec Altesia, nous attaquons la thématique de la journée le Metal Progressif, et il faut reconnaître que les Bordelais savent y faire. Les nappes de synthé, des préludes hypnotisant, des titres à rallonge, le groupe nous propose un univers à la fois massif et aérien. D’autant que le combo possède une sacrée technique avec un jeu d’une précision chirurgicale : tapping foudroyant, groove syncopé, et cette patte qui fait vibrer l’émotion avant de savoir mettre en place quelques accélérations bien senties. L’énergie oscillait ensuite entre rythmique lancinante et oppressive. Les deux guitares dialoguent, jouant sur les rythmiques, tandis que le bassiste fait le nécessaire pour mettre le coup de boost lorsque le propos lorgne du côté du Death. Un bien bon set à la sauce Prog-Death qui fait forcément penser à Opeth. Altesia a été une très belle découverte, qui mérite une oreille plus attentive. Setlist : Progeny Overture Mouth of the Sky The Prison Child/Cassandra’s Prophecy The Somnambulist Pt.1 The Remedial Sentence Reminiscence 

Death Decline : Changement d’atmosphère avec les Death-Thrasheur de Death Decline. Dès leur entrée sur scène, on voit que le groupe n’est pas là pour faire de la dentelle, tel un commando en pleine mission. Dès Useless Sacrifice, le ton était donné : batterie martelée, guitares qui chauffent, et Alexis en chanteur possédé qui hurle à s’en éjecter la glotte. Il n’a même pas le temps de se mettre en voix que le premier circle pit furieux est déjà en route. Le frontman, jamais avare d’un bon mot, nous glisse avec un sourire complice que le festival 666 est : « Le plus beau Fest du monde », avant de lancer une salve qui fait trembler la scène et fait bouger son public de « petit chat », puisqu’ici on n’est pas là pour une partie de pêche ! Le groupe conclura avec Useless Sacrifice extrait de leur dernier album The Thousand Faces Of Lies qui possède tous les codes du Thrash-Death de haute qualité : des riffs rapides, des petits soli acérés et une double pédale totalement furieuse. Les musiciens saluent un public éreinté, totalement pris dans les filets du groupe. Bref, Death Decline sur scène, ça déchire ! Setlist : The undying Among the Leeches Jackals Through Shadows… …And Daggers Architect of Fears Despise and Delusion Feast on the Ashes Useless Sacrifice 

Blooming Discord : Blooming Discord a apporté un virage plus moderne à cette journée à forte tendance prog, leur Néo-metalcore, rempli de riffs syncopés, d’arpèges atmosphériques ouvrant souvent sur un refrain bien énervé, comme une respiration avant l’explosion. Bien entendu, on retrouve la recette classique du genre, qui alterne chant clair rapé et scream bien arraché. Sur scène, le groupe ne ménage pas ses efforts et anime l’espace à leur disposition avec énergie et conviction. Même le guitariste, visiblement fragilisé puisqu’il est assis sur un siège, a priori en pleine convalescence, a offert toute l’énergie qu’il pouvait donner. Une prestation solide, avec une efficacité live évidente, le public ne se trompe pas et les remercie chaleureusement. Setlist : Latch You Won’t Be Alone Satellized Trapped Again The Saddest of Playgrounds Idolies Burn It 

Seth : A regret, je ne vais pas pouvoir profiter pleinement du show des Bordelais de Seth car je dois caler quelques détails pour les interviews du lendemain… Mais pour le peu que j’ai pu voir, comme à son habitude Seth a fait plonger le festival dans une messe noire à la sauce Black Metal classique. La scène devient un véritable autel dédié à la plus pure des noirceurs, avec toute la mise en scène que le groupe affectionne. Les effets, les costumes et même une sombre mariée sont légion, et rendent les shows de Seth toujours à part. Le groupe joue sur la dramaturgie, les pauses solennelles, joue avec le public, avant de mettre en place des rafales de blast beats. La fosse se fait hypnotiser par le groupe, et contrairement à bien d’autres prestations le public reste bien sage en observant ce lugubre spectacle. Seth a donné une leçon de Black Metal théâtral parfaitement maîtrisée. Setlist : Paris des Maléfices Métal Noir La Destruction des Reliques La Morsure du Christ Et que vive le Diable Insurrection Hymne au Vampire Act 1 Hymne au Vampire Act 2 Le Triomphe de Lucifer 

The Old Dead Tree : Changement radical d’ambiance avec le Metal hybride de The Old Dead Tree qui ne va pas se faire prier pour sortir toute son artillerie émotionnelle. La force de ce groupe est d’arriver à mettre en place un contraste saisissant entre mélodies mélancoliques et poussées rugueuses. Une musique qui est faite pour parler aux tripes. Il faut bien reconnaître que le groupe sait enchaîner les montées en puissance, grâce entre autres à une section rythmique impeccable, les solos, mais aussi les coups de butoirs. L’atmosphère est aussi puissante qu’elle appelle à l’introspection. Si vous ajoutez à cela une présence scénique assez théâtrale, il est clair que Manuel Nunoz et ses acolytes ont réussi leur retour. Setlist : Unpredictable My Friends Out Of Breath Story Of My Life Unrelenting Fresh Start Better Off Dead Without A Second Thought Luke Terrified We Cry As One It Can’t Be Solastalgia The Lightest Straw 

Vestige : Ce sont les Parisiens de Vestige qui viennent ensuite nous proposer leur Metal à la fois oppressant et aérien. Ce curieux mélange qui emprunte aussi bien au Prog qu’au Metalcore, voire au Djent donne un résultat assez déconcertant. L’aisance dont fait preuve le groupe pour associer deux univers qui, de prime abord, n’étaient pas fait pour se rencontrer nous offre une schizophrénie musicale, à l’équilibre précaire, à l’instar d’un Hypno5e. Ce melting-pot de mélodie et d’agression, est poussé encore plus loin lorsque Arthur Alternatif (Créateur du collectif Alternight, et de l’émission Les Triomphes du Metal Français) vient rejoindre le groupe sur scène pour une pure tuerie qui enfonce encore plus le clou. Scéniquement aussi, le groupe a du savoir-faire. Le light show est vraiment remarquable et contribue à rendre ces ambiances encore plus pesantes dans tous les sens du terme. Les guitaristes, par exemple, s’installent devant un halo de lumière afin de jouer face à face et donnent l’impression d’avoir deux statues mystiques qui se répondent. Vestige aura livré une très belle prestation, en tout point, ce sera ma plus belle découverte de la journée. Setlist : Automne pt 1 Appel de L’âme Océan Démence de L’âme Stigmates du Temps Corrosion Envy (avec Arthur Alternatif) Deviens la Nuit 

Leprous : C’est un jour de 2017 que j’ai fait connaissance avec Leprous, j’étais venu voir M. Townsend et BTBAM à Bordeaux, et j’avais été surpris par leur proposition musicale. Après avoir pris le temps de découvrir et de creuser leur univers si singulier, je ne vous cache pas que j’avais vraiment envie de revoir les norvégiens. Et je n’ai pas été déçu ! Le set a débuté sur Silently Walking Alone, mélange de douceur progressive et de tension sourde, le groupe a tout de suite capté le public. Si j’ai précisé l’anecdote de 2017, c’est qu’à ce moment-là le chanteur Einar Solberg était également derrière son clavier et que sa prestation scénique coincé derrière son instrument n’avait pas été inoubliable. En revanche ce soir, délesté de cette responsabilité, avec juste un micro en main, l’animal est libéré et bondit d’une plateforme à l’autre, s’investit, et investit tous les recoins de la scène avec des pas de géant et des gestes amples. Il lâche aussi les chevaux vocalement, avec quelques cris bien sentis comme sur Like a Sunken Ship par exemple. Autre phénomène de ce groupe, le batteur Baard Kolstad. Déjà il a un physique impressionnant, et alors il a l’art de placer tout un tas de petites variables à son jeu de batterie qui en font un des plus impressionnant que j’ai pu voir en live. Bien entendu, leurs compères ne sont pas à la peine et c’est bien un ensemble qui fait que Leprous fonctionne de manière aussi convaincante de la première à la dernière note du concert. En guise de conclusion, The Sky Is Red, ou l’art de faire monter la tension jusqu’à l’explosion finale : une apothéose écrasante, où puissance et émotion sont confondues. La prestation la plus aboutie de la journée, sans aucun doute. Setlist : Silently Walking Alone The Price Illuminate Like a Sunken Ship Nighttime Disguise Below From the Flame Slave Atonement The Sky Is Red 

Horskh : En clôture de la soirée, Horskh prend place sur scène pour une conclusion Metal Industriel. Plus dansant que le reste de la journée, ce choix de programmation est aussi à mettre en perspective avec La Macumba Night de la veille et Shaârghot demain soir, pour finir les soirées en remuant de l’arrière-train. Leur techno-indus propose une musique très mécanique, basée sur la rythmique directe et efficace à souhait. Entre les machines, les percussions, et les riffs carrés, l’ensemble est écrasant comme un marteau piqueur sous sa fenêtre de bon matin… Le groupe me fait vraiment penser à Atari Teenage Riot dans sa manière d’aborder sa musique. Je suis loin d’être un amateur de ce style mais ce dernier souffle électro-indus de la journée va permettre à celles et ceux qui ont encore un peu de jus de lâcher prise au cours de cet ultime concert de la journée ! Setlist : Turbine On Tension Do It Cut the Knot Victim Damaged Ropes Mud in my Wheels Bodybuilding Engaged and Confused Interface Trying More XlungX 

Allez, retour à la maison et vivement demain !
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