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Bad Omens et Bilmuri – Paris, Zénith de la
Villette
Après le regret de ne pas avoir pu assister au concert avorté de Bad Omens lors de l'édition 2024 du Hellfest, c'est
avec une hâte non dissimulée que j'attendais le concert du mardi 2 décembre au
Zénith de la Villette à Paris.
Et partager cette expérience avec ma frangine, fan absolue du groupe, n'allait pas amoindrir
la joie de cette soirée.
Reste la question existentielle : six heures de route aller-retour en semaine, est-ce bien
raisonnable? (Spoiler : oui)
Évidemment, Paris s’est chargée d’ajouter sa petite dose de stress : merci
les bouchons, merci les feux qui durent des siècles… Résultat, on arrive à
19h35, juste à temps pour manquer The Ghost Inside, premier groupe de la
première partie qui débutait à 19h... Dommage, une bière pour compenser et
me voilà embarquée dans la soirée aux couleurs américaines.
BILMURI
Le Zénith est déjà bien rempli, de jeunes, majoritairement 25–30 ans, et
étonnamment sages. Bilmuri débarque sans fioritures mais avec
un son impeccable à 20h comme prévu.
Premier détail qui attire l’œil : un saxophone sur scène, instrument encore
trop peu répandu dans un concert de metal et qui apporte immédiatement une identité
particulière au set. Gabi Rose, la saxophoniste, très présente,
impressionne rapidement par sa puissance vocale.
Le groupe est à six sur scène, bien en place, sans décor notable mais
porté par une belle énergie et une volonté de partage. Au troisième
titre, Bilmuri tente d’éveiller un peu le public en demandant un
mouvement de mains ; ça bouge, gentiment.
Au quatrième morceau, la saxophoniste, qu'on découvre vraiment polyvalente,
dégaine une flûte traversière sur un thème qui évoque la certaine
franchise Zelda, moment assez inattendu mais appréciable.
La voix de Johnny Franck, l'auteur-compositeur-interprète
de Bilmuri est claire et quand il attrape sa guitare pour haranguer la foule
d’un « Fuck yes ! », on sent l’envie d’installer une communion
dans la fosse.
Le morceau phare “The End” fait son petit effet, tout comme un solo de
guitare à 20h20 et quelques screams bien posés du guitariste.
Mais malgré tout, le public reste calme, trop calme. Pas de mouvement de foule, le groupe de
metal alternatif ne s’y prête pas vraiment non plus, soyons honnêtes.
Le set se termine à 20h36, le public est chauffé et devra attendre encore de longues
minutes avant les mauvais présages.
BAD OMENS
21h10, à la seconde près, les lumières s’éteignent, les deux
écrans latéraux s’allument, et un petit film d’introduction dévoilant
notamment un lecteur de cassette portable vintage (qu'on retrouvera à chaque entracte
vidéo pendant le set) plonge le Zénith dans une ambiance dark cinématographique.
Deux minutes de visionnage, on entendrait presque les chœurs dans la fosse palpiter attendant le
coup d'envoi, puis…
Les premières notes de Specter commencent avec l'apparition
de Noah Sebastian dans un halo tamisé. Il sera rejoint progressivement
par le reste du groupe après le premier refrain.
La batterie, surélevée, trône au-dessus de tout. Le son est propre et emballe
toute la salle.
Des jets de fumée fusent dès ce premier titre.
On est témoin d'une scénographie assez massive avec un gigantesque écran central
traversant la totalité de la scène. Sont adjoints des écrans formant des triangles
au plafond ajoutant de la dimension au show.
Les titres Glass Houses et The Drain plongent la salle dans un
thème rouge profond, avec une pyrotechnie présente, mais pas clinquante.
Noah demande un circle pit... je ne distingue pas de mouvement de foule
malgré les cris majoritairement féminins qui fusent un peu partout.
Le ténébreux et charismatique leader apparait comme enveloppé dans une
épaisse brume sur le morceau THE DEATH OF PEACE OF MIND.
Puis, nouvelle vidéo d’entracte (Tape 2), qui annonce le prochain titre Dying
To Love, extrait du nouveau single sorti en 2025 et qui aura la part belle sur la setlist puisque
l'ensemble des quatre titres y seront représentés.
LE morceau que tout le monde attend, Concrete Jungle retentit, les mains frappent dans
toute la salle. Le chanteur invite le public à un wall of Death, on en profite pour se faufiler
d'autant plus dans le milieu de la fosse sans parvenir à atteindre véritablement le mur.
Sur Nowhere To Go ça y est ça chauffe
vraiment. Noah en profite, clamant « Make some noise! »
et la foule n'est pas en reste. D'ailleurs, on regretterait presque le choix d'avoir
intégré le milieu de scène puisqu'on distingue maintenant davantage les chants des
fans de celui du frontman, mais l'ambiance y est.
Limits, et c'est de nouveau une vidéo qui est diffusée.
S'ensuivent les titres ARTIFICIAL SUICIDE et V.A.N, avant Left
For Good où les premiers slammeurs apparaissent enfin.
Un autre petit film met en scène des extraits de prise de vue du public.
Puis arrive Like A Villain, acclamé par les spectateurs.
Le chanteur prend la parole, quelques mots pour introduire I Just Pretend dans une
nuée de lumières de téléphones.
Une cinquième et dernière vidéo, puis on retrouve Gabi
Rose au saxophone sur la chanson Impose, tirée du dernier single,
tandis que des confettis blancs et pailletés tombent lentement du plafond.
Le rappel se fera avec Dethrone et 22h40, fin nette.
Bad Omens quitte la scène après avoir lancé les reliques
scéniques, laissant un public conquis qui n'aurait de cesse d'en redemander.
Bilan : un bon moment qui m'a rappelé mes années teenage entourée de groupies,
avec une bonne dose de mélancolie en prime.
Entre la montée en puissance bien paramétrée de Bilmuri,
la scénographie sobre et électrique de Bad Omens, et
l’émotion de découvrir enfin la tête d'affiche en live après ce concert
manqué au Hellfest… la réponse est simple : le jeu en valait la chandelle.
Un grand merci à Olivier G. de m'avoir permis d'assister à cette belle
soirée et à Brian K. pour les photographies.
Après les fantômes, la route, le repos.
Setlist:
Tape 1
Specter
Glass Houses
THE DRAIN
THE DEATH OF PEACE OF MIND
Tape 2
Dying to Love
CONCRETE JUNGLE
Nowhere to Go
Limits
Tape 3
ARTIFICIAL SUICIDE
V.A.N
Left For Good
ANYTHING > HUMAN
What Do You Want From Me?
Tape 4
What It Cost
Like a Villain
Just Pretend
Tape 5
Impose
Rappel
Dethrone
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