Groupe:

Vars Attack 2024

Date:

05 Octobre 2024

Lieu:

Vars

Chroniqueur:

JeanMichHell

Vars Attack : 

Comme disait l’autre : « Putain 10 ans ! ». C’est plus que pas mal pour un festival d’enchaîner dix éditions, beaucoup l’espèrent, peu y arrive. Et tout ceci grâce à Fred, président de l’association, et à sa dynamique équipe qui tiennent la baraque pour pouvoir proposer tous les ans un festival qualitatif qui plus est, à un tarif tout à fait abordable que ce soit à la billetterie ou sur le reste. 

Nous voici donc de retour, pour notre plus grand plaisir, JC et ma pomme pour venir fêter, comme il se doit, un bel anniversaire. C’est l’occasion de croiser aussi tout le petit monde du Metal Charentais, puisque je croise entre autres, des musiciens de groupes qui ont déjà participé au Vars Attack ou à son Warm-Up, Grimmoire, Bury Us, Artery ou bien encore Rytual, et ça fait plaisir de voir que tout ce beau monde se soutient concert après concert… 

 

Pork in Regress :

Ouverture des hostilités avec Pork In Regress, groupe Aveyronnais, de Rodez également qui officie dans un rock assez varié qui allie aussi bien mélodie qu’énergie. Le choix de ce groupe est surprenant lorsque l’on regarde le reste de l’affiche beaucoup plus extrême, mais il ne m’aura suffi que de quelques minutes pour comprendre pourquoi… Le set proposé par le groupe va tout simplement être une véritable débauche d’énergie à laquelle on ne peut qu’adhérer. Bastien, le sondier, ne tiendra pas en place derrière sa table durant tout leur show. 

Et ce ne sont pas les seuls ! En général, il est difficile de lancer un festival, le premier groupe joue un rôle assez ingrat puisque le public n’est pas forcément encore chaud dès le début, mais là, ce ne sera pas le cas. Il faut dire que le set proposé a tout pour convaincre, entre Aude, au chant, est une usine à énergie qui vient chercher le public mais aussi ses petits camarades de jeux, elle est impressionnante de facilité et sa performance vocale entre chant et scream est tout à fait convaincante. Le reste du groupe n’est pas à la peine non plus, puisque la musique distillée est aussi puissante que mélodique, et surtout équilibré entre les deux. Cela me renvoie par instant à la recette, Néo-Nu-Metal des années 90, ce qui forcément, fonctionne pour moi. En tout cas, Pork in Regress aura réussi à convaincre et à ouvrir le Vars Attack 2024 de bien belle manière. 

 

Hemlock :

En 2023, j’avais eu le plaisir de découvrir Hemlock au cours du tremplin du Vind’Hell Fest, et j’avais conclu par : « hâte de les revoir sur scène », et bien voilà qui est fait. Hemlock c’est une déclaration d’amour à la scène Death Oldschool, on y retrouve tout ce qui fait son charme, les intros lancinantes, les accélérations imparables, et quelques riffs plus lourds histoire de se secouer les cheveux. Et dès le premier titre proposé par le quintet, on sait qu’on va prendre cher… 

 

 

Bien entendu, la base Thrash est présente, les deux guitaristes François et David enchaînent les plans à la vitesse de l’éclair et quelques belles descentes de gamme sur les solos, tout ceci me renvoie vers les Sepultura époque Schizophrenia / Beneath The Remains qui sera fièrement représenté sur scène par un magnifique t-shirt de l’époque. Sans oublier les nombreux quelques clins d'œil au Death, j’en veux pour preuve les belles salves de double pédale que Cédric balance derrière ses fûts, et les growls bien sentis que pousse Manu derrière son micro et sa basse. Le public va suivre à grand coup de « Hey ! Hey ! » et de cassage de cervicale. Un show rempli d’énergie qui aura fédéré ! Comme quoi, ça vaut le coup d’attendre… 

 

 Vayron :

Nous avions eu le plaisir de découvrir Vayron, il y a quelques semaines pour le concert de soutien au Vars Attack, et le moins que l’on puisse dire, c’est que les gars de Bergerac, ne sont toujours pas là pour plaisanter.  

Premier constat, ça joue et taquine toujours aussi bien. Le son rugueux et volontairement répugnant donne un ensemble qui se veut diaboliquement organique et c’est un des atouts de ce groupe, être là et jouer sans faux-semblants. Techniquement, les triolets sont légion et les changements de rythme sont régulier, ce qui donne un bel équilibre entre partie rapide et effet rouleau compresseur, finalement leur musique est aussi fine qu’épaisse. On peut penser au Black de Deicide, au côté Black’n Roll de Venom, ou encore au Death de Morbid Angel, l’univers est certes extrême mais varié, et rien que cela, c’est remarquable.  

Une belle prestation de la part de Vayron même si l'on peut regretter un manque de mouvement ou de communication sur scène, mais bon vu ce qu'ils envoient, cela demande d’être un minimum concentré sur ces instruments. Au plaisir de les croiser à nouveau...   

 

Corrüpt : 

Vous dire que j’attendais avec impatience la prestation de Corrüpt est un doux euphémisme. J’avais hâte de voir comment le joyeux bordel présent sur les albums du groupe allait prendre forme sur scène. J’ai déjà un avant-gout avant même la première note puisque le quatuor s'amuse déjà pendant les balances. Et dès le titre d’ouverture, mes attentes s’affirment sur scène, le groupe propose une prestation directe, malgré une musique qui peut-être déstabilisante. La prestation est aussi bas du front que virevoltante, et les musiciens sont à l’image de la musique, il y a de la vie sur les planches ! 

 

Le public prend le pas et entame le premier circle pit de la soirée, et même si les pauses et ruptures rythmiques sont fréquentes, le public se laisse emporter par le tourbillon d’énergie proposé par les Rochefortais. On ne s’ennuie jamais, et même pendant les pauses ça papote avec le public, le groupe ne peut d’empêcher de déconner avec le public : “ Profitez ce soir, c’est un de nos derniers concerts. On split parce qu'on est des connards et qu'on se déteste “ Mais oui, bien sûr, l’interview qui accompagne ce live report, et ce que vous dégagez sur scène donne tout à fait cette impression...  

Et afin de finir cette prestation bien sauvage, Florian à la basse ne résiste pas à descendre dans la pit histoire de profiter de la fête, de profiter de l’ambiance du pit, pour une dernière banderille à base de riff de plomb qui donne à chacun une irrésistible envie de headbanger et de refixer les clous du parquet avec la tête... Un super show et un super concert, juste rock’n roll à souhait.  

Otargos : 

Changement d’ambiance, mais pas de puissance de frappe avec les Bordelais d’Otargos, qui viennent nous déverser leur Black Metal haineux à souhait pendant un show tout droit sorti des enfers. Le show, car là on peut utiliser ce terme, tellement le visuel va être aussi important que la musique, débute avec les musiciens dos au public, et dès qu’il débute le premier riff l’ambiance est posée et sombre à souhait. Dagoth, le leader guitariste-chanteur va nous inonder de toute son énergie qui semble inépuisable tout au long de ce set. 

Parce qu’il en faut de l’énergie pour fournir une prestation qui s’invite à Bpm-Land ! Qu’est-ce que ça va vite, c’est hallucinant ! Et je me dis que M. Julien Helwin, que nous avions plus l’habitude de voir derrière une guitare du côté de Iron Flesh, a une sacrée condition physique pour atteindre des sommets de vitesse, en particulier à la double pédale ! Bon la limite de l’exercice, c’est qu’il y a finalement peu de changement lorsque l'on joue cette carte de la vitesse, c’est tout à fond et direct dans ton museau ! Mais l’ensemble est bougrement bien exécuté, avec force et conviction.  

Visuellement, le décorum est complet. Déjà Dagoth possède un magnifique pied de micro en provenance de la nécropole du coin, mélange d’Alien et de tête de mort. Les corpses paints sont également remarquables et viennent compléter une sensation visuelle tout droit sorti des enfers, qui aura eu un bien beau représentant ce soir. Le public a pris sa tartine de Black, et comme le dit si bien le président Fred, un Vars Attack sans Black, ce n’est pas un vrai Vars Attack, et bien ce soir Otargos aura ouvert une faille entre l’enfer et la Charente.  

 

Mercyless : 

Et voilà le petit plaisir coupable du patron, le groupe probablement le plus attendu de la soirée : Le cultissime Mercyless. La réputation n'est plus à prouver puisque les petits gars de Mulhouse sont en piste depuis la fin des années 80 et distille son Death Metal, forcément old school puisque pionnier, avec toujours autant de conviction. Et justement, il ne faudra pas bien longtemps pour être convaincu par Max Otero et sa bande. L’animal et son micro en mode Lemmy, va d’entrée de jeu chercher le public et l’emmène directement avec lui pour un voyage mouvementé d’une petite heure de violence. Sans manquer de respect au groupe précédent, il y a un truc qui fait que l’on sent que l’on vient de changer de calibre, certainement le bénéfice de l’expérience.  

Musicalement, c’est du Death à l'ancienne, qui lorgne justement du côté de Death (le groupe). Tout d’abord une base de riffing aussi puissante que torturé. Les changements et les breaks apportent souvent leur lot de cassage de nuque et évitent un côté linaire qui peut être piégeant dans le genre. Les solos sont aussi typiques du genre avec tremolo et cie, et surtout jamais de blast ! On peut également penser à Possessed dans la manière dont le groupe compose ses titres. Bref, l’ensemble est efficace à souhait et le public se fait découper en bonne et due forme. Il faut dire que ça bouge dans le pit, le premier rang headbang gras, et s’offre une fin de festival tout en mouvement ! 

Max enchaine les remerciements chaleureux auprès de l'organisation et à tous ceux qui font vivre la scène Metal en guise de conclusion à une dixième édition haute en couleurs. Bravo à Fred et à son équipe qui fait, comme chaque année, preuve de sa capacité à avoir des groupes d’exception sur scène et à savoir accueillir avec chaleur. Bon ben vivement 2025... 

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