Groupe:

Horskh + Moann Exis

Date:

01 Fevrier 2024

Lieu:

Toulouse

Chroniqueur:

ced12

Dans un contexte toujours plus proche de l’embrasement, premier concert 2024 pour moi avec au programme une soirée indus bien destroy au Rex de Toulouse. Quelques jours plus tôt, la salle avait déjà fait salle comble (chouette nouvelle) avec la venue d’un plateau bien death composé autour des excellents Suffocation laissant toujours perplexe sur des scènes semblant parfois dans « le dur » sur le plan du succès rencontré mais qui d'autres fois font le plein nous laissant dubitatif sur le réel état financier général de nos musiques. Ce soir, ce n'est pas la foule des grands soirs, c’est peu de le dire même si on trouve un public motivé. Il est vrai que l’offre musicale demeure « underground » avec un indus teinté de cyber-éléctro renvoyant un doux parfum de seconde moitié des 90’s. Logistique personnelle oblige, je manque OG•EZ•OR, formation nantaise dont les shows travaillés s’inspirent d’univers cyber-SF mais il y a quelques personnes autour du leader au merch’ laissant penser que le groupe a bien fait son job en ouverture de cette soirée 100% indus. 

Moann Exis

Groupe local bien content de rappeler que cela fait quatre années qu’il n'a pas joué à domicile, Moann Exis se compose d’un duo avec Mathieu au chant et de Xavier à la batterie. Si en studio, le premier nommé semble s’occuper des guitares et synthés, en live c’est via des samples que seront assurés les instru à l’exception bien sûr de la batterie où Xavier va impressionner un auditoire avec un jeu ultra physique, très visuel donnant une belle épaisseur à la prestation. Bien sûr, on regrettera toujours de ne pas avoir un « vrai » groupe en face de nous (désolé pour ce côté old-school) mais le groupe délivre une performance solide avec un Mathieu déchaîné, arpentant la scène en long, en large et en travers. Les rythmiques sont puissantes, l’ensemble très dense, épais et il y règne une atmosphère d’urgence, un côté destroy très immersif. L’éclairage est limité, on devine une froide et sombre fureur. Si l’ombre tutélaire du grand Nine Inch Nails période 90’s se montre très présente, on a là une émotion très brutale, furieuse et enragée. Je persisterais toujours à trouver l’indus par trop répétitif / roboratif mais le résultat est percutant et on sort de là éreinté.

Horskh

Place au groupe de Besançon recommandé par le collègue Fab qui n’avait pas manqué de conseiller d’aller les voir en live ce que je me suis de fait empressé de faire. Et en effet, le résultat est explosif. Déjà, on y retrouve un guitariste (Jordan Daverio) et visuellement, je trouve que cela habille mieux la scène en la densifiant. Ce dernier délaissera régulièrement son instrument pour basculer sur les machines (mais aussi les percussions, j’y reviendrai). Sylvain Abriel s’occupe de la batterie et fait le job avec un jeu cohérent avec le style indus. Devant, Bastien Hennaut tient sa scène et comme pour Mathieu dans le show précédent, le bougre n’est pas avare en déplacement, headbangue en se donnant à fond, éructe son chant et dégage un vrai charisme sur scène. Il n’hésite pas à se déplacer, occupe vraiment bien l’espace et on sent que tout cela est bien bossé en amont, dans le jeu de scène avec Jordan notamment, ce qui est à saluer. 

Avec une musique présentée à raison comme une collision entre Electric Body Music (EBM), violence du metal et transe de l’électro, Horskh impressionne par sa puissance, une guitare dévastatrice (le Rammstein 90’s n’est pas loin), des beats électro surpuissants et une musique brutale, sauvage. Le show reste cependant très travaillé, j’y reviens, avec un passage visuellement très accrocheur avec Jordan et Bastien qui assurent les percussions pour un rendu très classe pour l’auditeur. Dans la fosse, ça danse, ça se remue, les têtes bougent et Horskh assure bien pour entretenir une très bonne dynamique générale. 

Je ne peux m’empêcher de penser à la scène indus 90’s déjà évoquée mais on pense beaucoup au Marilyn Manson de cette époque, The Prodigy (qu’on retrouvera au prochain Hellfest, preuve d’une scène indus retrouvée et en bonne forme) mais en bien plus percutant avec un côté presque punk assumé jusqu’au look des musiciens et d’une partie du public. J’ai aussi découvert que c’était très « looké » le public indus, il y a apparemment des codes vestimentaires (et capillaires) à respecter outre un noir ne semblant pas négociable. On notera un récent album Body paru en Janvier 2024 et il ne me semble pas inutile de préciser que Horskh a déjà de belles références live entre un zénith (avec Carpenter Brut), une présence dans de gros fest ou encore d'avoir déjà ouvert pour Igorrr. La dimension indus reste prédominante chez Horskh et si on trouve des éléments électro très marquants, le style reste « dur », agressif jusqu’au chant bien vénère. Clairement, les fans du festival voisin l’electro-beach peuvent passer leur chemin, à la marge des fans de hardstyle. 

Bon show donc, bien mené. Affiche cohérente et clairement parfaite pour les fans d’indus qui y ont trouvé de très bons groupes, français qui plus est, un peu de patriotisme ne faisant pas de mal alors que nous sommes en pleine période de Tournoi des VI Nations, si mal débuté par ailleurs.

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