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Les auteurs de ces lignes sont fatigués tant la nuit fut courte. Le programme du jour ne nous motivant pas plus que ça, la journée sera plus cool et n’en sera que plus agréable après un samedi dantesque. Le retour du soleil rend de nouveau hommage au site et les festivaliers en ont encore sous le pied. L’horaire trop matinale de Dool nous frustre mais à un moment, ça devient compliqué. Vraiment dommage tant j’adore ce groupe dont je continuerai de traquer les concerts parce qu’il ne s‘en dit que du bien. Partie remise. Yoth Iria Sans grandes attentes pour ce dernier jour, nous allons pourtant bien nous marrer avec Yoth Iria, groupe de black grec qui va littéralement nous régaler sous la Temple. Ce concert à la très bonne musicalité mérite d’être traité sous deux angles de vues différents tant ces derniers se complétant vraiment bien pourront offrir une meilleure vision de ce qu’on ne pensait plus voir dans un Festival de ce niveau en 2024. C’est qu’on est au Hellfest et y jouer est un graal. Un kiff pour les fans mais aussi une opportunité à ne pas rater pour les groupes. Un immense plaisir on s'en doute mais aussi une sacrée pression. La forte présence des managers / patrons de label / attachés de presse le confirment, c’est The place to be et il est plus que conseillé / recommandé d’y assurer. Pour ne pas dire impératif. Cela reste un business et c’est un point à ne pas négliger. A priori (et même a fortiori), le chanteur de Yoth Iria a négligé ce fait. Alors que le Diable Bleu navigue dans une zone photographe devenue sa seconde maison du fest, je suis sur le côté et je vois le chanteur vociférant sur les barrières. Et rapidement, je pressens un problème. Le type semble rôti (mais vraiment !) et il a fallu l’intervention (à deux reprises) des agents de sécurité pour lui indiquer physiquement où se situe la scène lui qui partait en direction de l'Altar. Moment irréel où tout le monde se rendant compte de la situation, l’envie de rire était bien présente. Enfin, cela n’a pas fait rire tout le monde car ses compères sur scène ont semblé un peu perturbé. D’autant plus dommageable que la musique est très bonne, hyper en place et que Yoth Iria va délivrer un bon show. Je laisse la parole au Diable Bleu pour un second point de vue de ce moment ubuesque qui confirmera que la mascarade va durer. Un moment rock n'roll improbable qui nous a bien fait marrer. Si certains trouvaient le Hellfest trop aseptisé, on a eu droit à un grand moment de n'importe quoi. Je confirme, sublime prestation de ce groupe qui ne devrait pas tarder à rejoindre un énorme Rotting Christ au Panthéon du Black Metal Melo. Leur dernier album venait de déchirer cet univers particulier et je les attendais avec beaucoup d'impatience. D’emblée, on perçoit sous la Temple qu'il va se passer un truc, l'ambiance est électrique, une tension presque inattendue, sur scène, dans le public, chez les gens de la sécu et même chez les photographes... Le lead vocal est totalement à l'ouest, il hurle / vocifère plus qu'il ne chante. Ses déplacements sont chaotiques, l'homme titube à chaque pas et la sécurité de la scène l'accompagne comme mère menant rejeton à la crèche. Les photographes semblent excités mode frelons et resteront six à sept chansons dans leur lieu de villégiature... la sécurité remuée et le public pétrifié. Le son est énorme, la rythmique omniprésente mais équilibrée, les musiciens narquois, surveillant du coin de l’œil leur frontman, demeurent pleinement concentrés sur leur job. Live, qui dans ces conditions porte merveilleusement bien son nom. Notre frontman remplacé rapidement au troisième morceau, par le deuxième et ancien chanteur du groupe, il continuera son show au cœur de la fosse, puis ensuite et, bien après l'arrêt des lights et le retrait du matériel, il fera son retour sur la scène. Certains pourraient s'en offusquer, mais à voir le public conquis, le rock and roll se doit de demeurer bien vivant pour son plus grand bonheur. Finalement, il se passe toujours quelque chose de sympa sous la Temple... meilleur show du Hellfest pour ma part. 
Blues Pills La proposition des Main Stage est ouvertement rock ce jour, pente que le festival compte continuer d’arpenter. Blues Pills désormais bien connu des festivaliers assure un bon show, hyper en place, plaisant à écouter, bien posé dans l’herbe. La jeune maman portant une longue robe bleue très hippie assure vraiment bien au chant et j’ai trouvé la musique du combo très agréable. C’est fluide, bien construit et très pro. Un bon moment au soleil, un cidre à la main (breuvage très apprécié de l'auteur de ces lignes qui a apprécié ce nectar). Et surtout un moment de calme avant la bataille qui attend l’Altar qui présente un programme bien costaud ce jour. Shadow Of Intent Shadow Of Intent déboule en effet avec son deathcore symphonique qui va détruire l’Altar. Hyper inspiré, la musique du groupe, qui m’a parfois rappelé avantageusement un Carnifex, a enthousiasmé un public bien dedans. Et enfin, j’ai retrouvé une atmosphère vraiment metal avec un public à bloc, complètement dans un show très réussi. Une performance fracassante et le manque de mobilité des musiciens sera ma seule réserve sur ce concert. Un peu plus d’occupation de la scène n’aurait pas fait de mal, surtout pour le frontman, mais la force de frappe musicale suffisait largement à elle-même. Monstrueux. Corey Taylor De loin, je vois un peu le show très rock de l’excellent Corey Taylor. Œuvrant ici en solo, le génial chanteur du gang de DesMoines n’hésite pas à brasser toute sa discographie de Stone Sour (la jolie ballade Through The Glass) à Slipknot (les fracassantes et géniales Before I Forget et Duality notamment). Toujours très charismatique, Corey Taylor m'a cependant semblé un peu juste vocalement en espérant que ce ne soit qu'une méforme du jour. Malgré cela, il a délivré un chouette show qui n'a pas fait de mal à une mouche mais qui fut très sympa et dont on recommandera la vidéo Arte Tv. On a tout de même connu un Corey Taylor plus percutant et on retiendra surtout une setlist haut de gamme bien que sans risque. Un dernier petit tour par le Food Court non encore mentionné. A gauche juste après la grande entrée du site et son iconique devanture en mode maison hantée, on trouve un grand rectangle avec de la nourriture proposée tout autour. Au milieu, une belle structure avec une guitare flying V offre un joli cachet à cet endroit rapidement envahi aux heures de restauration. On peut s'y asseoir et le lieu est encore une sacrée belle réussite sur ce site. Seul hic, il y manque des zones ombragées et sous les beaux et chauds soleils, cela manque mécaniquement. Le problème de coins ombragés reste récurrent au Hellfest même si pas mal de choses sont faites. Evoquée par quelques fans habitués croisés dans le train du retour, l'idée de "couvrir" la zone restauration serait pertinente selon eux. Trouvant la suggestion pertinente, je me permets de la relayer. Batushka Même si nous n'avons pas trop insisté sur ce concert, le Diable Bleu a eu la bonne idée d'aller faire quelques clichés du show de Batushka, groupe de black polonais à l'univers visuel très abouti. Le logo original est écrit en cyrillique ce qui fait que nous les avions cru originaires de Russie. Très inspiré de liturgie orthodoxe, le groupe arrive avec des tenues de prêtres et le décorum sur scène est assez élaboré. Un cercueil (bonjour l'ambiance), pas mal d'éléments recréant une messe funéraire, il y a du job et une proposition aboutie. Un régal pour les photographes bien heureux d'avoir des clichés un peu inhabituels. Le groupe présente plusieurs vocalistes qui assurent des chœurs dans un registre religieux avec un black très lourd et sombre derrière. L'effet est garanti, l'ambiance bien pesante. 
Suffocation C’est avec Suffocation que je me prends une dernière baffe sous l’Altar. Après quelques occasions manquées, je peux enfin les voir et en suis ravi tant ils m’ont été recommandés. Le résultat est bien in your face, ça riffe dur, très dur et le frontman est ici très présent. L’offre death du jour est délirante, j’ai omis de citer The Black Dahlia Murder, de retour avec le nouveau vocaliste Brian Eschbach remplaçant le regretté Trevor Strnad. Je n’ai pas pu voir ce que ça valait (interview avec les Klone oblige) mais les savoir de retour fait plaisir. Un dernier cidre dans l’espace VIP pour le Diable Bleu et moi-même ravis de débriefer une très belle édition dans un moment plus calme. Au passage, nous y croisons les musiciens de Dool détendus. Finalement j'aurais réussi à les voir (sourire). L'ambiance générale est à la détente, le week-end a été chargé. Le Fest a été une franche réussite. Bien sûr, il y aura des polémiques, des critiques, des réserves et forcément on trouvera à redire. C'est le jeu mais sur le fond, j'ai eu la sensation d'assister à un chef d'œuvre d'organisation tant le tout est bluffant. Et vécu un moment hors du temps. En dépit des effets néfastes du gigantisme du lieu (foule trop nombreuse, site saturé, logistique personnelle éreintante), il se passe indéniablement quelque chose chaque année courant Juin du côté de Clisson et ce Hellfest reste une expérience singulière qui mérite d’être faite, a minima une fois dans une vie de fan de metal. Et je remercie chaleureusement le Diable Bleu de l'avoir partagé avec moi. 
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