Groupe:

Day Of Hardcore 2024

Date:

04 Mai 2024

Lieu:

Angoulême

Chroniqueur:

JeanMichHell

Mine de rien, nous voici (l’ami JC à la photo et ma pomme à la plume) à nouveau à la Nef d’Angoulême pour une huitième édition du Day Of Hardcore ! Huit années remplies de passion, de sueur, et de KDS. L’association Back Scratching et Arnaud (qui nous aura permis d’assister à cette événement, merci) tout particulièrement peuvent être fier de ce parcours puisqu’il affiche une fois de plus sold out ce soir. Le Hardcore est un milieu de passionnés, toujours aussi fidèles, et il le prouve encore une fois en ce pas très jolis mois de mai. 

Calcine : 

Autant vous dire qu’il ne va pas falloir beaucoup de temps pour s’échauffer, puisque les Parisiens de Calcine prenne la scène d’assaut pour nous offrir d’entrer de jeu un show qui ne peut laisser indifférent. 

Le groupe ne semble pas être enclin à être dans les standards du genre, mais lorgne également vers des contrées plus métalliques. Et il faut leur reconnaitre un sacré talent à jongler avec les genres, entre de belles banderilles de double pédale, un mélange de riffs et une sacrée énergie. Stef derrière son micro est intenable et fait quelques kilomètres entre les deux côtés de la scène tout en débitant ses lyrics avec conviction et un rythme et débit remarquable. 

Belle mise en jambe grâce à Calcine et le public aura bel et bien débuté son échauffement...   

 

Who I Am : 

Attention, voilà le groupe du patron de la soirée, je vais donc être obligé de dire des choses sympas ! Allez, trêve de plaisanterie et je me concentre sur la prestation des Los Angoulemes Hardcore de Who I am. Le groupe angoumoisins (si vous n’avez pas compris la référence précédente...) commence à avoir une belle aura dans le style, grâce à quelques productions albums et EP au compteur en un peu plus de dix ans.  

Globalement, leur Hardcore est assez classique, bien foutu avec quelques cassages de rythme, du riffing survitaminé, parfois lourd et gras, et je trouve qu’il y a une teinte Punk assez bienvenu puisqu’elle impulse un côté engagé à leur proposition musicale. 

Sur scène, là aussi il y a de l’engagement, non seulement physique, ça bouge et le bassiste, qui est d’ailleurs un sacré golgoth, fait partie des animateurs de la scène. Le chanteur va chercher le public et offre son micro au public, viens faire chanter le copain sur scène, pas de dance chaloupé, bref les codes du genre sont présents, pour une prestation convaincante.  

 

Sorcerer : 

L’ami Ced avait été charmé par Devotion, le dernier album de Sorcerer et m’avait chaudement recommandé puisqu’il avait conclu sa chronique par : “Sensation Hardcore 2024 ?”, évidemment j’avais hâte de faire leur connaissance. 

Et je dois avouer que je n’ai pas été déçu, le groupe mélange quelques beaux solos, des passages techniques assez original pour le genre, un batteur en mode mule (je n’aimerais pas être ni sa caisse claire ou sa double grosse caisse) et surtout un chanteur animé, voire habité, qui me renvois à la douce folie d’un Barney de Napalm Death. Et je retrouve les qualités soulignées par Ced, quelques “petits missiles rapides typique hardcore, breaks qui font mal, chant écorché”... 

Mais le groupe sait aussi ouvrir ses horizons, que ce soit un pont planant qui rajoute à l'ambiance, à la limite du prog, et franchement, c’est agréable face au rouleau compresseur habituel, d'avoir de la variété dans les compositions. J’ai tout de même un regret sur ce point, car entre le niveau technique et cette qualité de composition, je pense que le groupe pourrait aller plus loin. Mais ce qui est certain, Sorcerer aura fait une belle démonstration de son potentiel ! 

Groove Street : 

Les cinq anglais de Grove Street (en hommage au quartier du jeux vidéo GTA San Andreas) s’emparent de la scène et la montée en puissance est immédiat, la proposition médicale est on ne peut plus directe, parfois lourd et franc du collier !  

Sur scène, le groupe bouge sévèrement, ce qui a pour effet direct sur le public ! Leur style qui mélange votre musique qui mêle Thrash, Punk/Hardcore, ou encore Hip-Hop, bref ce que l’on appelle un bon cross-over des familles ! Le chanteur a d’ailleurs un faux air de Mike Muir dans son attitude. L’ensemble est un joli mix entre old school et modernité au service d’un groove imparable. 

Le public ne se trompe pas et rend bien au groupe toute l’énergie distillée. Pour ma part, Groove Street est une des belles découvertes de la soirée, et ce ne sera pas la seule de la soirée !  

Risk It :

Après un premier passage ici en 2015, les Allemands de Risk It viennent nous proposer un nouveau set qui sera tout en puissance, enfin sauf pour le chanteur à mon sens trop absent dans le mixage. Ce sont des choses qui arrivent... 

Bref, le groupe sait, quoi qu’il en soit, y faire sur une scène, c’est une évidence. L’énergie est omniprésente et va nous tenir en haleine tout au long du set.  

L’effet sur le public est immédiat, puisque apparaissent les premiers circle pits et slams dans le public, c’est la guerre dans le pit, au point de faire même peur au sondier qui est obligé d’éviter au slameur de venir sur la table de son ! Manifestement Risk It aura allumé la Nef, et ce n’est que le début des hostilités.  

Desolated : 

Attention tartine ! Desolated va se faire un malin plaisir de nous nettoyer les cages à miel et le reste... Contrairement aux autres groupes, Desolated cherche un peu moins l’aspect brut du Hardcore, le tempo est plus lent et le travail de la basse sur le son global du groupe enfonce le clou de la puissance voulue par le groupe. 

Il existe pas mal de choses différentes chez l'Anglais. L’ensemble groove bien et les ruptures de tempo nombreuses, et gras à souhait. Le répertoire du groupe est varié, et les riffs coup de boule sont légion. 

Quant au chanteur, armé de sa capuche, et de ses gants, il va mettre tout le monde d’accord. Quelle prestation ! Le clou du spectacle est au moment où il demande au public de le rejoindre sur scène pour ce qui sera le grand n’importe quoi (au sens positif) de la soirée ! J’ai mal à la joue droite.  

Arkangel : 

Et la joue gauche va prendre aussi cher ! Le premier titre à peine débuté, Arkangel va nous démonter, et démontrer que le terme de puissance n’est pas un vain mot ! Slayer aura toujours été pour moi un exemple de rouleau compresseur, Arkangel fait non seulement dans le Hardcore à pleine puissance, mais sait inclure à ses compositions les bonnes doses de Thrash pour finir par nous concasser comme les légendes du genre.  

Les musiciens donnent un show à la hauteur de l’expérience du groupe, le bassiste va d’entrée de jeu chercher le public, siffle au début du set pour rameuter les troupes devant la scène et sera un des grands animateurs de la scène. Les autres ne sont pas en reste, entre un batteur psychopathe des cymbales, et deux guitaristes dans un concours de riffs, il ne manque plus qu’un chanteur hors pair ! 

Et quoique de mieux qu’un Baldur pour finir de nous assommer ? L’animal est une bête sauvage qui n’aura de cesse de jouer avec le public en claquant des paluches et s'adonne même au très difficile exercice de l’hélico micro !  

Il n’est jamais trop tard pour découvrir un groupe, et j’étais manifestement passé à côté d’un monument. Mea Culpa ! Je vais de ce pas continuer à me prendre une bonne dose de ce magnifique mélange des genres, puisque ce groupe m’aura totalement scotché !  

Comeback Kid : 

Et pour finir cette soirée en beauté, quoi de mieux qu’une légende ? Non, je ne parle pas de l’intro de Phil Collins, mais bien des Canadiens de Comeback Kids. Le démarrage est direct, le public déjà réactif est déjà en train de mettre le feu au pit, et Andrew au chant est juste incroyable dans l’énergie qu’il transmet à chaque instant ! Il va nous donner tout au long du set une leçon de ce que doit être un frontman !  

Alors certes, j’ai eu l’impression de retourner au milieu des années 90 car leur style est assez old school, les chœurs sont typiques de cette période, mais il ne faut surtout pas penser que Comeback Kid est un piètre copieur de cette époque. Il faut tout d’abord souligner la pure énergie punk qui les caractérise et font qu’il est difficile de ne pas se laisser embarquer par le groupe !  

Le public ne s’y trompe pas et malgré une heure tardive trouve encore de l’énergie. La connivence avec le public est assez évidente puisque Andrew n’aura de cesse de nous dire qu’il est admiratif de ce qui est fait en France en termes de festivals. Après une soirée comme celle-ci, comment lui donner tort ?  

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