Groupe:

Concert soutien Vars Attack

Date:

09 Mars 2024

Lieu:

Angoulême

Chroniqueur:

JeanMichHell

Concert de soutien au Vars Attack : 

L’ami JC (qui illustre encore une fois avec ses photos et brio cet humble report) et ma pomme, nous voili, voilou au Showcase en plein cœur d’Angoulême pour une date de soutien au festival du Vars Attack qui s’est délocalisé pour l’occasion. Pourquoi un concert de soutien ? Non pas que l’association, et Fredo son président en tête, ne soit pas satisfait des entrées effectuées sur les dernières éditions (dont vous pouvez retrouver quelques autres reports sur le site) mais c’est une année exceptionnelle car il fête ces dix années d’existence en 2024 et proposera une édition anniversaire, comme à son habitude, totalement sans pitié pour les spectateurs qui auront la bonne idée de se déplacer. Mais revenons à nos moutons... 

Bury Us : 

Ce sont les locaux de Bury Us qui ouvrent le bal et il ne faut pas être devin pour s’apercevoir que le groupe a su drainer son public. Bury Us est un groupe de Néo-Core qui se présente ainsi : “Proposant un mélange de sentiments à la frontière du dérangeant, alliant l'étrange et l’effroi.”  

Et je dois reconnaitre que l’ambiance qui se dégage des compostions est assez proche de cette description. Le groupe sait enchainer des passages ambiancés proche du néo avec des sacrés coups de butoirs en version core, proche du Deathcore. C’est à la fois lourd comme un jour de canicule, mais ils savent également se laisser des passages plus aérés, histoire de varier les plaisirs. 

Les Mosh-parts saccadés et les lignes plus mélodiques s’enchainent avec une facilité évidente, les gratteux utilisent leurs mains droites avec précisions et efficacité. Le chanteur possède un gros scream et sait aussi mettre des growl bien gras dans la face du public, qu'il prend un malin plaisir à aller chercher dans la fosse.  

Bury Us est une belle découverte, qui aura réussi à fédérer le public, ce qui n’est jamais évident en ouverture de rideau.  

Late Again : 

Attention voilà le groupe du président, je me sens donc dans l’obligation de ne dire que des choses positives, vous comprendrez... Plus sérieusement, je ne suis pas un grand amateur de punk, souvent bien trop répétitif à mon goût mais ce soir (peut être grâce au jus de houblon aussi) je ne me suis pas ennuyé une seconde. Pourquoi ? Parce que le groupe possède un humour, et une motivation de tous les instants. 

Ils se présentent comme les Beach Boys de la soirée, puisque bien “décalé” par rapport aux restes de la programmation plus Metal. Mais leur punk ultra-vitaminé, un peu comme les tout aussi excellent Joe La Truite, emporte tout simplement. Le duo basse-batterie ne faiblit jamais et les titres rapides et court sont des petits brulots qui se dégustent avec plaisir, c’est d’ailleurs le bassiste qui est la caution mélodique dans les compositions, assez rare pour être souligné. Et sur scène, c’est la fête, avec des reprises de POESIE ZERO ou encore l'excellent Buvez du Cul des Lofo, les copains viennent chanter, et tout ce beau monde n’a qu’une obsession, prendre et transmettre l’envie de s’amuser. Le public réagit très positivement et se laisse aller à faire la fête bras dessus, bras dessous, signe que le groupe a su convaincre ce soir.  

Grimmoire : 

Changement radical d’ambiance avec l’arrivée de Grimmoire, groupe de Black Metal Angoumoisin que nous avions eu le plaisir de découvrir l’année dernière au Vind’Hell Fest, et qui se présente ainsi : “Reclus dans leur bibliothèque, les membres de Grimmoire conservent sur leurs étagères poussiéreuses des histoires anciennes. Pour ne pas les voir tomber dans l’oubli, ils décidèrent de les conter dans chaque village souhaitant les accueillir. Grâce à de multiples pèlerinages, leur collection empreinte à toutes les cultures du monde.”   

Le quintet propose un concept entre messe noire et histoire autant racontée qu'hurlée, aussi violente qu’inquiétante. L’atmosphère qui se dégage de leur musique est assez unique et me renvoie aussi bien à Mayhem pour les parties rapides, qu’à Burzum pour le développement des ambiances glauques à souhait. D’autant plus qu’avec une mise en scène, avec costumes et maquillages, que je qualifierai (certainement à tort) de païen, qui enfoncent le clou du côté occulte de leur musique. Grimmoire est une expérience définitivement à part et qui ne peut que plaire aux amateurs d’ambiance cabalistique.  

Rytual : 

Nouvelle découverte (chouette alors !) avec le groupe Rytual qui eux aussi sont des Angoumoisins, qui me ramène à la fin des années 80 lorsque j’ai (presque à ce moment-là) pris en pleine face Bestial Devastation de Sepultura. Tout y est, les arpèges tordus de Death, la vitesse du Thrash, et même les solos dissonants made in Jairo. Et les mecs sont motivés, car ça joue vite, diablement vite, et même lorsque je me dis qu’ils sont peut-être à la limite et bien non, ils accélèrent encore. Le batteur est, comme ses camarades au final, totalement impressionnant derrière son kit. Ici pratiquement aucun Blast, tout se joue à l’ancienne aussi, en version D-beat, l’animal est féroce et peut être placé entre Igor et Dave sans souci. L’ensemble est totalement furieux et sauvage, et lorsque sur un pont ils décident enfin de nous laisse respirer, et bien non, l’ambiance est malsaine à souhait et ne laisse vraiment aucun répit à l’auditeur médusé que je suis à ce moment de la soirée.  

Le public ne se trompe pas et va mettre un sacré feu dans le pit tout en répondant aux grimaces du chanteur-bassiste qui s’amusent autant avec eux qu’avec son instrument (de musique vous l’aurez compris...). Je n’ai qu’un seul mot à dire pour conclure, Rytual ce sont des cochons qui font un show fuc**** Death’n roll !  

Endbroken :  

Seul “entorse” à cette soirée Angoumoisine, Les Poitevins de Endbroken qui vont conclure cette bien belle soirée. Après une courte intro presque dansante, c’est un premier titre sans chant pour une mise en bouche qui annonce un plaisir musical à venir. Et en effet, le quatuor va nous malmener avec ses compostions manifestement d’origine Thrash mais pas que, puisque par instant nous allons aller visiter les terres du Death, mais également du Hardcore.  

C’est surtout le chanteur, avec sa casquette vissée sur la tête qui va être cette caution en Core. Son chant très direct et brute donne une autre dimension aux compositions. D’autant plus qu’il sait aller chercher le public et motiver à grand coup de Hey Hey, il suffit de prendre un titre comme Shadow of Death qui accélère le mouvement et fait le pont parfait entre les différentes tendances musicales. Ce titre est extrait de leur dernier album Defeat Of Common Sense qui a vu le jour en début d’année sous la houlette de H. K. Krauss du Vamacara Studio, qui prouve qu’il a vraiment le nez pour travailler avec des groupes de qualité. L’ensemble donne envie d’enfoncer des clous avec la tête et mes cervicales sont proches de la rupture en cette fin de soirée. Endbroken aura conclu avec qualité et conviction cette bien belle édition.  

Un dernier petit mot pour conclure, à Fredo qui comme toujours sait aller chercher dans la scène locale des petites pépites, et à toute son équipe toujours aussi motivée et souriante. Merci à tous pour votre accueil.  

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