Groupe:

6:33 + Praetorian + Seven Eyed Crow

Date:

27 Janvier 2024

Lieu:

Le Haillan

Chroniqueur:

JeanMichHell

Aaahh Bordeaux, j’ai vécu en ton sein pendant une dizaine d’années, je t’ai sillonné, arpenté pendant tant de soirées de déluge, de décibel et autres soirées rock’n roll à souhait ! Chez toi, j’ai connu la salle légendaire du Jimmy, j’ai vu des dizaines de tête d’affiche américaine (Converge, TDEP, Fear Factory, Devin Townsend oui je sais il est canadien...), l'enregistrement du premier DVD de Gojira (...) et tu as produit quelques-uns des plus beaux fleurons de notre Hexagone comme Gorod, Exocrine, Seth, Noir Désir, Les Hurlements de Léo, Mars Red Sky, j’en passe et des meilleurs.  

Et ce soir, me voilà avec l’ami JC, toujours l’appareil (photo) à la main, et nous arrivons dans un des derniers bastions de la vie rock à la sauce bordelaise : le Salem, pour tristement constater que tu ne t’es pas bougé Bordeaux, et surtout ce soir tu m’as confirmé que la vie rock chez toi continue à se réduire comme peau de chagrin... 

Seven Eyed Crow :

Malgré ce constat, nous avons droit à un premier bel exemple de cet héritage culturel avec les locaux de Seven Eyed Crow qui ouvrent cette soirée. Si vous ne connaissez pas ce quintet, le projet démarre initialement avec Oreye à la guitare, Tom à la basse, puis le groupe s’étoffe avec l’arrivée d’Alex à la seconde guitare, de Fredo à la batterie, et de Jay au chant. Le groupe fait dans le rock progressif et a déjà produit deux albums et un EP.  

 

 

Globalement, le groupe met en place deux tendances, la première c’est cette faculté à poser des ambiances, des moments suspendus où la mélodie se crée sur plusieurs étages et invite au voyage. La seconde, c’est que le groupe n’aime manifestement pas les longs fleuves tranquilles, et sait mettre quelques coups d’accélérateurs bien sentis pour donner une couleur différente à leur musique. Le groupe se revendique d’influence comme Tool ou bien encore A Perfect Circle, pour ma part j’ai plutôt pensé à Leprous, bref des références de choix dans le rock progressif actuel.  

La touche particulière de ce groupe est le chant qui est principalement rock, à la fois rentre dedans ou plus aéré mais Jay sait également apporter un peu de scream, et surtout sait s’adapter aux différentes propositions de ces camarades musiciens qui tirent autant sur le prog, que sur le jazz ou de la fusion. Il nous raconte des histoires de voyage en taxi, où son rêve dans lequel il incarne l’Ange de la Mort, et sait y mettre les mots pour accentuer cet effet de voyage.  

Seven Eyed Crow aura su ouvrir cette soirée avec les qualités qui sont les siennes. Je ne suis pas certain que découvrir en live (comme moi) la musique des Bordelais soit le meilleur moyen de l’apprécier à sa juste mesure, mais leur univers a de quoi séduire sans aucun doute.  

 

Praetorian :

Second groupe local, Praetorian prend place sur la scène pour un set aux petits oignons, enfin plutôt aux grandes claques dans ta tronche car comme ils le disent eux mêmes, la recette de leur musique c’est : Puissance + Mélodie + Efficacité = Punch Metal. Ce quatuor se compose de Cédric à la guitare, de Romain derrière les fûts, de Pierrick à la basse et de Thomas au chant. 

Alors à quoi ça ressemble du Punch Metal, mise à part un apéro en écoutant du bon son, et bien non seulement leur accroche est assez bien trouvée, correspond à leur musique et en plus les mecs remuent autant les tripes que les oreilles. D’abord les textes, en français, sont tout aussi rentre dedans que leur musique, alors forcément il est aisé de faire un parallèle avec Lofofora ou bien encore Darcy.   

Le spectre musical de Praetorian est assez large, un peu de Thrash, un peu de Néo, un peu de Punk, un peu de Rock, le groupe se situe à une frontière intéressante et propose sa propre identité, le tout soutenu par un sacré batteur ! Mes p’tits gars, je peux vous assurer que Amaury sait utiliser ses baguettes ! Il est celui qui rend, par un contre temps, un break, un coup sur les tomes, la double pédale, de bonnes compos en quelque chose d’exceptionnel.  

Thomas, derrière son micro, a également été un des artisans de ce très bon moment. Il tente de motiver par tous les moyens cette salle qui sonne creux. Il éructe ses paroles comme si c’était son dernier concert et tente d’emmener le public avec lui, en lui demandant d’entrer en communion, et en finissant le set sur un joli Wall of Death. Le public aura répondu présent et la température est monté d’un cran. 

Très belle prestation de Praetorian qui aura convaincu. L’ensemble est varié, mérite une oreille, et sur scène ils assurent également. Un concert tout en puissance et en conviction. 

 

6:33: 

Je ne vais pas vous le cacher, et malgré les bonnes surprises des deux premières parties, nous avons fait le déplacement pour eux 6:33. Peut-être avez-vous déjà lu les articles qui les concernent sur notre site, mais ils sont systématiquement dithyrambiques. La raison ? C’est que nos oreilles entrainées savent reconnaitre la qualité extraordinaire de ce que propose ce groupe depuis maintenant une grosse décennie. Leur musique aussi créative que déstabilisante mérite de s’accrocher mais une fois que l’on a gouté à ce nectar, doux mélange de Mr Bungle et de disco-pop-core, ce dernier devient alors un délice pour les oreilles. 

Assez de courbettes putassières pour ce début de live report pour revenir au plus important, la scène. Le groupe était organisateur de cette date (merci à Florent pour nous avoir permis d’être là) et à la lumière des ventes, je sens assez logiquement un peu de déception au début du set et la mise en route n’est pas aussi flamboyante qu’à l’accoutumée. Mais une fois lancé, le groupe se met réellement en route et va nous offrir ce qu’il fait de mieux : sa folie. 

C’est donc dans leurs plus belles chemises à fleurs que nous accueille Nicko à la guitare, Manuel à la basse, Damien aux claviers, et Cédric à la batterie qui lui avait dû mettre sa chemise au sale. Le son est excellent et ils vont enchainer une merveille de set sans fausse note. Que ce soit le groove de Holy Golden Boner, le très dansant Release the He-Shes, le tout fou I’m a Nerd, les titres s’enchainent et le temps passe bien vite...  

Le duo au chant Bénédicte - Florent fait des merveilles. Vocalement ils sont très complémentaires et savent magner une scène. Entre les postures, le jeu de tête et de corps de Florent, la manière dont Bénédicte irradie la scène aussi bien par son jeu scénique que par son charme évident, cet ensemble rend l’expérience particulièrement convaincante. Ils dansent ensemble, mais également avec le fabriquant de groove Mano Low, se baladent dans le public pour le motiver, nous font faire de l’aérobic avec les bras, danser le circle boogie, bref ils animent la scène autant que la salle. 

Alors Bordeaux, quoi te dire à part tant pis pour toi, tu as raté une très belle prestation de 6:33, et même une belle soirée tout simplement. J’ai hâte d’entendre la suite des pérégrinations musicales de 6:33, et j’espère sincèrement qu’ils auront le succès qu’ils méritent, car l’estime c’est bien mais ce n’est pas ça qui remplit le frigo...  

 

Setlist de 6:33 : 

Wacky Worms 
Burn-in 
Holy Golden Boner 
Party Inc 
Black Widow 
Release the He-Shes 
Act like an Animal 
I’m a Nerd 
Midgets part 2 

 

 

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