Groupe:

La Voix du Rock Jour 2

Date:

04 juin 2022

Lieu:

Valence du Poitou

Chroniqueur:

JeanMichHell

Dirty Rodéo :

Et c’est parti pour un second jour avec une sacrée belle programmation, de l’énergie à revendre sur tous les concerts, c’est ce que cette affiche me laisse présager… Sauf que la météo est elle aussi en forme et nous prenons un bien bel orage d’entrée de jeu sur Dirty Rodéo



Et c’est bien dommage, car pour les avoir découvert en 2019 sur l’édition des palettes électriques, avant le fameux lancé de palette, et bien j’avais envie de reprendre une belle dose de leur rock sur vitaminé. Ici pas de fioriture, un batteur chanteur : Alex, et un guitariste chanteur :  Paul, ni plus ni moins.

Je profite de loin de leur prestation, mais ce qu’il faut retenir c’est que c’est direct, que les gars s’éclatent sur scène, chambrent le public, et cherchent à transmettre ce trop-plein de vitamines !



Ils finissent leur concert sur leur tube Tic Toc, repris en chœur par le public ! Un moment aussi humide que sympathique !

Les Tête Raides :

Ce sont les Têtes Raides qui prennent place sur scène, et c’est assez impressionnant de les voir s’installer. Voir neuf personnes qui envahissent la scène cela tranche sévèrement avec le duo précédent ! Ils débutent avec un premier titre très calme et lancinant, ce qui est un choix assez surprenant pour mettre le public en dynamique. Christian Olivier, au chant, possède un côté « Bashungien » dans son attitude, très posée, avec un chapeau noir. Il en impose d’entrée, et joue à chercher le public.



Il y a aura deux parties différentes à ce concert, une première très basée sur le texte et les ambiances, et qui tranche franchement avec les Dirty Rodéo ! Le rythme est assez lent, la musique se base sur le violon de Anne-Gaëlle Bisquay, et sur l’accordéon du chanteur. Les textes les plus sombres sont de sortie, comme Je Voudrais pas Crever de Boris Vian ou encore Gorgeia, bref il plane comme une odeur sordide de bar à l’abandon sur la Voix du Rock.

Et lorsque le groupe remonte le temps, et revient au siècle dernier, il y a comme un parfum de fraîcheur qui plane, on ressort les rythmes Reggae sur lesquels Jean-Luc Millot (batterie) et Pascal Olivier (basse) s’amuse, bien soutenu par Serge Bégout, Edith Bégout, Grégoire Simon,et Pierre Gauthé, ces quatre-là prennent un malin plaisir à mélanger section cuivre et guitare. Latuvu ou bien encore Mange Tes Morts, sont les moments les plus festifs de leur prestation. On retrouve les quelques moments cultes du groupe avec l’énorme Tête qui descend du ciel, ou bien encore lorsque la scène n'est éclairée que par une lampe à incandescence qui se balance sur Ginette. Et ce n’est pas le break dance floor Born To Be Alive qui fera redescendre la température !



Les Têtes Raides auront assuré un show en deux parties, et j’aurais nettement plus adhéré à la seconde bien plus festive et communicative. Alors qu’ils approchent des quarante ans de carrière, leur formule circassienne fonctionne toujours aussi bien.

Toybloid :

Dans la série des outsiders, je voudrais Toybloïd. Ce trio, qui représente tout de même l’essence du rock, se compose de Lou Sirchis à la guitare et au chant, de Madeleine Loiseau à la basse et d’un batteur en salopette en la personne de Grégoire Mugnier. Et d’entrée de jeu, on monte en intensité, et leur rock brut fait des ravages.



D’autant que le groupe sait faire prendre la mayonnaise ! Lou fait reprendre à plein poumon le 1-2, 1-2-3-4, si emblématique du rock, et le public répond à toutes les sollicitations. Le public se délecte de ce concentré de rock, ça pogote, slamme et la foule n’est que le miroir de l’énergie transmise par le groupe. Impressionnant !

Le trio ne fait pas vraiment dans le rock qui parle de soirées d’excès divers et variés, mais plutôt dans des textes conscientisés et défenseurs de valeur. Il suffit de regarder la pochette de Modern Love pour en être convaincu. Elles affichent fièrement l’initiative de Lola Frichet, bassiste de Pogo Car Crash Control avec le slogan « More Women On Stage » qui devrait d’ailleurs devenir bientôt le nom d’un festival. Belle initiative.



Ce set est tout à fond et passera bien trop vite pour que l’on puisse vraiment en profiter. Les larges sourires échangés sur scène et dans la fosse ne pouvait pas mieux conclure ce concert. Ce groupe est une semi-découverte car j’avais eu le plaisir de les voir à Bordeaux en première partie d’Ultra Vomit, je crois que je vais sérieusement creuser.

Inspector Cluzo :

Second duo de la soirée, les gascons d’Inspector Cluzo, se présentent sur scène et se présentent tout court, composé de Laurent Lacrouts à la guitare et au chant, et de Mathieu Jourdain à la batterie. Ces deux anciens Wolfunkind sont des "putains agriculteurs qui font de la musique !" Leur créneau c’est la défense du terroir sous quelque forme que ce soit !



Musicalement il existe deux tendances, un aspect rock direct sans fioriture avec des titres comme For My Familly, concentré d’énergie pure. Et la seconde tendance qui elle se veut plus blues, nostalgique et posée. Que ce soit le titre A Man Outstanding In A Field, ou bien encore les sept minutes de The Outsider sont des petites merveilles de Blues, livré depuis les champs de cotons, qui donne le frisson. Laurent sait également passer à une voix de tête qui ajoute à l’aspect amertume de cette facette de leur musique.



Il existe aussi beaucoup de montées en puissance dans leur composition, les ruptures et changements de tempo sont nombreux, ce qui permet au public de lâcher les chevaux par moment. Le groupe fait le lien entre le blues et le rock de manière remarquable, avec une sincérité sans faille.

Le duo poursuit son show sur une reprise de Neil Youg Hey Hey My My, dont le duo affirme être les plus grands fans. Et il décide de conclure sur un des titres les plus rentre-dedans de leur répertoire en faisant reprendre le public des grands We Are Inspector Cluzo, la batterie vole, les tomes en prennent plein la face et ce dernier riff dantesque est la meilleure manière de conclure cette prestation tout en détermination.

Pogo Car Crash Control :

C’est avec un plaisir non dissimulé que je retrouve les énervés de Pogo Car Crash Control. Fort de leur nouvel album Fréquence Violence, les originaires de Seine et Marne entrent en scène pour mieux la démonter. Je peux vous assurer que le groupe est parti pour prendre le public par la gorge et ne plus le laisser respirer. Ce show sera tout en énergie !



Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce quatuor, ils officient entre punk, rock, et peuvent parfois lorgner sur le Metal. Lola (basse), Louis (guitare/chant), Olivier (guitare), Simon (batterie) savent mettre tous les ingrédients nécessaires pour faire de la fosse un magma de pogo et autre slam.
Le groupe enchaîne les titres sans pause, histoire de rajouter au sentiment d’urgence absolu qui plane sur leur musique. Les titres comme Pourquoi tu pleures, Reste calme ou encore l’excellent Qu’est ce qui ne va pas sont autant de coup de butoir d’une intensité folle.

Les musiciens donnent tout ce qu’ils ont ! Lola saute absolument partout, elle balance sa basse, de droite à gauche, chante les paroles à tue-tête et va chercher le public. Louis allie à la perfection guitare et chant, et lui aussi ne tient pas en place, il monte et saute depuis la batterie, il finira même à chanter au milieu du public ! Olivier vient mettre son grain de voix à l’occasion pour rajouter à l’ensemble, et enfin Simon, même s’il peut paraître plus discret par rapport aux autres, est bien le ciment de ce cocktail de vitamine C.



A chaque fois, que j’ai l’occasion de voir P3C en concert, c'est la tartine de niaque à chaque fois. Bravo à ce groupe qui peut donner bien des leçons d’implication à plein d’autres groupes sur scène, et en dehors, puisque Lola est bien engagée pour monter un Festival « More Woman On Stage ». Bravo !

The Exploited :

Attention Mesdames et Messieurs, ici une légende du punk. Les écossais de The Exploited prennent place pour une leçon de punk pur et dur comme ils savent si bien le faire depuis maintenant près de trente années. Le quatuor qui se compose aujourd’hui de l’indéboulonnable Wattie Buchan au chant, présent depuis le tout début en 1979, de Wullie Buchan à la batterie, de Robby Davidson alias Steedo à la guitare, et du locksé Robert Halkett alias Irish Rob) à la basse.



On ne va pas se mentir, The Exploited a sa recette depuis des années, un punk un brin crossover à l’occasion, qui se transforme en véritable fête du fuck, à tout va ! Les titres sont courts, cela va droit au but, sans prendre la précaution de faire des tours et des détours. Bref, l’essence du punk, direct à l’essentiel !

Et puis quitte à faire la fête, autant la faire en famille, puisque le groupe rend un hommage appuyé à Black Bomb A qu’ils estiment beaucoup. Et sur Sex and Violence, les écossais invitent non seulement M. Buriez à venir chanter sur le refrain, mais invitent également le public à monter et à venir sauter dans tous les sens. La scène devient alors un joyeux bordel, qui je n’en doute pas à dû faire transpirer les organisateurs. Et bien sûr nous avons droit au relou bourré qui vient chanter « Buvez du Cul » dans le micro du bassiste, histoire de rendre ce moment sympa ... moins sympa. J’en profite pour te donner une info "machin", Lofo c’était il y a 24 heures !



Bref, tout ça pour dire que même si je ne suis pas hyper sensible à ce que propose The Exploited, il est évident que le groupe a assez de bouteille pour se mettre le public dans la poche. La prestation a été bonne et le public ravi !

Fallen Lillies :

Pour faire simple, les Fallen Lilies doivent être les filles que Lemmy n’a jamais reconnu. Les quatre jeunes filles que sont Hélène au chant et la guitare, Marine à la batterie, Laura à la guitare lead et Ludivine à la basse, proposent un rock teinté de heavy par instant, le tout saupoudré de coups de pied dans le derrière !

Et même si au cours du premier titre, Hélène n’a pas encore sa guitare, elle reste une véritable tigresse derrière son micro. Elle hurle avec une telle conviction, maîtrise sa communication auprès du public, qu’il est impossible de ne pas se laisser happer par leur univers. Et même si elle nous trouve un peu fatigué par l‘heure qui avance, elle mettra toute l’énergie nécessaire pour éveiller les endormis.

Mais ces quatre jeunes filles ne sont pas juste là pour balancer du riff bien rock’n roll. Elles ont également des convictions que l’on retourne dans leur musique d’abord car ici pas de compromis, c’est direct dans ton museau l’ami ! et ensuite dans les paroles puisque l’état d’esprit c’est : « ne pas chercher à entrer dans le moule de la femme qui attend gentiment qu’on lui ramène sa pantoufle de verre. Les clichés, les attitudes qu’on attribue à la femme parfaite, nous on s’en fout, et on le dit ! » Voilà ! Hélène en remettra une couche sur les hommes qui ne savent pas se tenir car : " Ce n’est pas parce qu’une chatte passe qu'un chien doit aboyer ! C’est scandaleux d’être encore siffler dans la rue en 2022 !"



Les Fallen Lilies auront réussi leur coup, droit dans la tronche ! Une prestation à la fois fine et forte qui peut convaincre n’importe qui que le rock n’est toujours pas mort.
 
Les Tambours du Bronx :

Tout en regardant le concert des Fallen Lilies, je profite également de la mise en place des Tambours du Bronx, car c’est tout de même une belle machine qui se met en place. Que ce soit la batterie surélevée de Francky (avec qui j’ai eu le plaisir d’échanger trois mots et qui me dira que c’est M. Buriez seul qui assurera le chant ce soir), l’ensemble des bidons ou bien encore les plateformes sur les côtés, c’est tout de même assez impressionnant. Et au cours de cette mise en place, je vois justement M. Buriez avec une sorte de porte document dans les mains… Cela a piqué ma curiosité car je me suis dit que ce n’était clairement pas lui qui faisait « le plan de table »…


Bref tout ce beau monde rentre en scène, avec en ouverture Mirage Éternel qui est habituellement assuré par Reuno de Lofo. L’énergie des cogneurs est toujours aussi impressionnante et se transmet à vitesse grand V au public. Il aura fallu un titre pour convaincre, c’est fort !

Les titres s'enchaînent aussi très vite avec Never Dead, ou encore Le Mal et c’est là que je retrouve le fameux porte document qui sert en fait de pense bête pour les paroles à M. Buriez. Il faut reconnaître qu’il n’a pas enregistré l’intégralité des paroles, donc au lieu d’avoir un trou, il vaut mieux avoir un parachute. En revanche sur l'enchaînement Refuse-Resist, Roots Bloody Roots, et Territory, pas besoin de lui rappeler les paroles, et ce triptyque est un vrai moment de bonheur tant l’univers des Tambours colle à l’univers de Sepultura. Tout simplement énorme !

Sur le reste de la scène, c’est un amalgame de puissance, de sourire et de camaraderie. L’hirsute Will ne tient pas en place, offre des maillets à tour de bras, va saluer la foule, et se permet même de montrer son arrière train à qui veut bien le voir ! Évidemment, c’est le spectacle dans son ensemble qui reste spectaculaire et cela ne tient pas à un seul homme mais il fait partie des animateurs de scène.


Autre animateur important, Franky Costanza, qui est non seulement très impressionnant derrière son kit mais qui veut aussi chercher le public, le fait mettre à genou pour un saut tous ensemble ! Le collectif nous gratifiera de deux titres sans chant dont un sans guitare et l’autre avec. On observe alors la connivence qui existe entre les membres, peu importe le poste c’est bien un collectif qui est devant nos yeux.

Une dernière conclusion avec la reprise du Requiem pour un Con de Gainsbourg, une dernière avec Dragula de Rob Zombie, et le groupe tire sa révérence, non sans revenir partager quelques photos, instants, avec son public. Un public qui utilisera à son tour les maillets récupérés afin d’offrir un juste retour tout en percussion au groupe. Bref, les Tambours du Bronx en concert c’est toujours un moment d’exception.

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