Groupe:

La Voix Du Rock Jour 1

Date:

03 juin 2022

Lieu:

Valence du Poitou

Chroniqueur:

JeanMichHell

Plutôt que de parler de ce qu'est ce festival en conclusion, j'ai préféré commencer cet article sans prétention, par vous donner mon ressenti sur ce festival. Il me semblait indispensable de souligner la qualité de cette Voix du Rock. Oh pas seulement sur cette édition, et la qualité globale de sa programmation, mais bel et bien, sur l'état d'esprit qui se dégage dès que l'on met les pieds dans cette magnifique enceinte de l'abbaye de Couhé à Valence-en-Poitou.

 

L'indéniable point fort de ce festival, et bien c'est sa composition, son ADN, une équipe de bénévoles avenante, d'une gentillesse et d'une bienveillance rare, une programmation éclectique qui "ratisse large" tout en étant cohérente, le tout dans un splendide site, qui mélange verdure, histoire et charme. Le public est à l'image de ce festival, familial avant tout, et avec un état d'esprit festif. Je peux vous assurer que je ne fais en aucun cas des courbettes (vous verrez par la suite que ce n'est pas le genre de la maison...), JC (qui illustre ce live report) et moi-même sommes unanimes pour dire que nous ne sommes que très rarement aussi bien accueillis. Nous nous sentons comme tous les autres bénévoles, c'est très agréable. Merci à cette formidable équipe de passionnés-passionnant.


Franchement Ta Gueule:

A regret, mes obligations professionnelles ne nous permettent pas d'arriver à l'heure pour voir Franchement Ta Gueule. Dommage j'aurais aimé découvrir sur scène cet OVNI musical ! Une prochaine fois à n'en pas douter.

Les Caméléons:

A la Voix du Rock, il semble qu'il y ait un certain talent pour remettre "des vieilles gloires" sur scène pour un concert exceptionnel. En 2019, c'était la Ruda qui avait été "exhumé" et en 2022, ce sont Les Caméléons qui viennent faire un dernier coucou avant de conclure une bien belle carrière. Ce concert fait partie de leur dernier tour de piste, puisqu'ils effectuent actuellement leur dernière tournée, une dernière petite date presque à la maison semblait indispensable.

 

La recette des Caméléons est déjà connue et reconnue, car les huit petits gars, distillent depuis un peu plus de trente ans un Ska-Rock festif à souhait qui lance parfaitement cette édition. Ce qui fait la force des Caméléons en live, c'est que l'on a à faire à une équipe de huit personnes, et on pourra dire ce que l'on veut, visuellement ça claque et ça donne un spectacle très sympathique. D'autant plus que les bougres savent très bien y faire, Jean Jean va slammer avec le public, les cuivres Hervé Moinard au trombone, Freddy Roy à la trompette et Tomisch au saxophone font partie des animateurs de scène. Les comparses Vincent à la guitare et au chant, Tony Grollier également à la guitare, Bryan à la basse et William Debout (qui joue assis) à la batterie contribuent eux aussi à la fiesta, l'ensemble est très communicatif.

Et cela se ressent tout de suite avec le public, il chante à tue-tête Je Suis Un Con, le groupe fait reprendre l'hymne "tous ensemble hey hey", et nous avons droit à une reprise de Smoke On The Water à la trompette repris en chœur par le public. L'expérience du groupe se fait ressentir et il ne leur faut pas longtemps pour que tout à chacun soit conquis par cette folie de tous les instants. Le groupe conclut sur le titre A Poil, et même si le public ne suit pas vraiment, Jean Jean finit en caleçon et saute partout !

Les Caméléons nous ont offert une belle prestation, plein de bonne humeur, de partage, bref l'essence même d'un concert à partager sans aucune modération !

 Tit' nasselles:

Première découverte de ce festival Les Tit’ Nasselles, qui se présente ainsi : « Les Tit’ Nassels ne sont pas un duo comme la chanson française en pratique souvent – couple, duel, tango sensuel ou pavane romantique. Ils avancent avec une opiniâtre liberté, une radieuse simplicité, leurs chansons naissant de la seule nécessité de dire ce qui leur survient : des questions, des colères, des sensations, des plaisirs, des sentiments – la vie, quoi. »

Si dans sa bio, le groupe parle de duo c’est que cette formation a été créée par le duo qui aujourd’hui assure le chant, Aurélien Mathot également à la guitare, et Sophie Perrin-Signoret qui joue également du clavier et du Melodica. Pour les accompagner David Granier à la basse, et Romain Garcia à la batterie. Ils ont une dizaine d’album à leur actif, ils ne sont donc pas nés de la dernière pluie et cela se ressent très vite sur scène. Ils jouent avec aisance sur le fait que leur rock très soft, présenté par eux même comme gentil, tranche un peu avec le reste de la programmation.

Pour autant, il ne manque pas d’intérêt puisque le spectre musical est assez large, on peut penser au classique de la chanson française comme Brel, mais il est également proche du surf rock à la Beach Boys par instant, et fait du pied aux anciens babos pour introduire un titre à la consonance reggae. Les textes en français, ont du sens, de l’esprit et ne laissent pas indifférent, le titre Soixante Millions de… en est un bel exemple.

Les Tit’ Nassels concluent sur une dernière compo en version DJ – boite de nuit qui ravira le public. Et globalement ce fut un bien agréable moment.

Kyo :

Pour être tout à fait transparent, malgré la notoriété du groupe, je ne peux pas dire que je sois affriolé par la venue sur scène de Kyo, à vrai dire je ne m’attendais à rien. Et pour paraphraser le célèbre Dewey de la série culte Malcolm : « Je ne m'attendais à rien... et je suis quand même déçu ! »

Alors mettons les choses au clair d’entrée, le groupe a produit un show professionnel, on voit que les mecs ont de la bouteille et savent ce qu’ils font. Le public, étonnamment jeune alors que je pensais voir plus de 30-40 ans, qui sont venus pour eux y ont trouver leur compte c’est une évidence. Il suffit de tourner la tête pour voir des grands sourires, et surtout les chansons sont connues par cœur et les refrains repris à tue-tête. Je trouve quelque riffs bien lourds, chose que je n’attendais pas.

Les tubes comme Le Chemin ou encore Je Cours font encore plus monter la température, et le public est clairement aux anges, c’est bien là le plus important.  Il y a même une forme de second degré lorsque Benoît Poher annonce le titre Une Dernière Danse qui s’écoute en fin de soirée arrosée à trois heures du mat’.

Mais je vais tout de même vous exprimer les choses qui m’ont chagrinées, et qui sont globalement hors de l’aspect artistique de ce concert. D’abord je n’ai pas eu la sensation que le chanteur était vraiment concerné, peu d’échange avec le public, et dés la fin du concert, il se dépêche de sortir de scène, sans prendre le temps d’un merci. Et en parlant de merci, chaque groupe aura pris le temps, comme très souvent en festival, de remercier les autres groupes et l’organisation, et là silence radio. Ils font ce qu’ils veulent, et ce n’est là rien de plus qu’une remarque d’un mec lambda qui ramène sa tronche, mais je trouve cela regrettable.

Parpaing papier :

Seconde découverte de cette édition avec Parpaing Papier, et là attention Mesdames et Messieurs, gros parpaing dans ta tronche ! Ce quatuor formé à Nantes début 2019, autour de Martin (Kiemsa, Dancefloor Disaster…) compte qautre membres : Martin au chant et aux cascades (j’vous jure !), Clothilde à la guitare, Fabrice à la basse et Corentin à la batterie, et ils chantent tous ! Leur slogan : "Dur comme un Parpaing, fin comme du Papier".

 

Et bien je peux vous dire que c’est absolument ça !  Tout d’abord arrive Martin avec une magnifique tenue verte avec des roses, et d’entrée de jeu on sent que la scène va se transformer en cour de récréation. Le second degré évident dont le groupe fait preuve, en jouant avec l'attitude, le look ou encore les messages, sont toujours bien amenés, avec finesse pour un effet parpaing. Pour vous donner un ordre d’idée de l’état d’esprit du groupe, ils remercient au passage Kyo d'avoir fait leur première partie !

Musicalement, nous sommes entre le rock et le punk, en complémentarité le premier pour la musique, le second pour l’énergie. Car là il faut reconnaître que le show qui dure un petit trois-quarts d’heure est hallucinant de dynamisme. Fabrice a ses propres pas de danses, inimitable ! Clothilde balance des riffs dans le pur jus rock’n roll tout en bougeant dans tous les sens et Corentin, quitte à rater le temps, se lève pour éclater sa pauvre batterie ! Mais celui qui est totalement intenable, c’est Martin, il saute partout, monte sur la batterie, voir sur Corentin, va chanter dans le public et non seulement organise le premier wall of death de la journée, mais en plus y participe. L’ancien Kiemsa n’a rien perdu de sa légendaire patate !

Le groupe enchaîne ses tubes, avec l’excellent Tempête Je T'aime, On teste des casques leur premier tube à presque huit millions de vues (sic), et l’hilarant Robinet d’Eau Tiéde qui nous aura vraiment bien fait marrer. Le groupe se permet même un clin d’œil au cultissime I Love Rock n' Roll sur Malade Menthol ! Ils nous racontent des histoires, toutes plus délirantes les unes que les autres.

Parpaing Papier aura été LA découverte de ce festival, c’est un groupe qui embarque forcément. Leur joie communicative, leur état d’esprit et leur bonhomie en font un groupe à suivre de très près.

Lofofora :

Seconde tête d’affiche de la soirée, les parrains du Metal français, Lofofora. Et comme souvent avec Lofofora c’est une nouvelle setlist qui change des tournées précédentes. Le groupe a sorti en début d’année une version augmentée de Vanités avec six nouveaux titres et va nous en présenter quelques titres ce soir.

Ouverture avec le rare Elixir, extrait de Monstre Ordinaire, et le groupe se met en route d’entrée de jeu avec une ferme intention de se faire et de donner du plaisir. L’impression visuelle de Lofofora n’est jamais inoubliable car c’est le charisme naturel de Reuno qui attire beaucoup le regard, Daniel à la guitare est toujours très concentré sur son instrument, Phil headbangue toujours comme un beau diable, et le cycliste Vincent éclate littéralement sa batterie, quelle mule !

Mais c’est toujours bel et bien Reuno qui tient la baraque. Il vit toujours autant ses paroles, il grimace, se tord, joue la comédie, et défie du regard le public. Il se déhanche comme un serpent, puisque c’est de là que vient la pulse du rock pour lui. Il n’arrête jamais de jouer avec les copains sur scène, avec le public, provoque, se marre… Il se fait servir une bière en plein milieu du concert, car oui c’est à cela que l’on reconnaît une vraie star du rock ! Avec leur expérience d’une trentaine d'années, plus grand-chose ne les impressionne, et monter sur scène est devenu une seconde nature.

Les titres s’enchaînent à vitesse grand V pour le plus grand plaisir du public, l’excellent Pornolitique, Contre Les Murs, Le Fond et La Forme, et pour les vieux de la vieille comme moi, le plaisir d’entendre Arraché et Justice pour Tous. Même les musiciens de Sidilarsen qui prennent place sur le plateau d’à côté pour installer leur matériel, reprennent à tue-tête l’excellent Les Gens.

Mais également le bien avisé Macho Blues qui préconise à toutes les femmes qui subissent des maltraitances de couper les cou***** des malappris. Sauf que là surprise, c’est l’électricité qui sera coupée, juste au moment du refrain, drôle de hasard tout de même. Serait-ce une vengeance de Kyo pour le titre Rock n' Roll Classe Affaire ? Qui sait ? En tout cas, l'incident dure un peu et le public apporte son soutien au groupe en scandant son nom, tandis que les quatre patientent sur scène en attendant le retour de la fée électricité.

Et quoi de mieux pour se remettre en selle qu’un bon coup de punk au cul avec Le futur ? Ce titre a remis tout le monde en route, avant une fin tout en vitesse avec Accélère, la reprise de l'excellent Philippe Katerine Borderline ou encore les Sirènes. Seul le Singing In The Rain de M. Sinatra en musique de sortie de scène, mettra une petite dose de douceur, à cette heure de franche folie !

Lofo a assuré une fois de plus, si l’on retire l’incident technique le show aura été tout en puissance, et bien énervé. Je les vois une fois par an sur scène depuis des années et je me régale toujours autant.

Sidilarsen :

L’incident précédent n’aura pas eu que des conséquences sur les Lofos, mais également sur Sidilarsen qui aura vu sa mise en place tronquée, mais il n’empêche que lorsque le groupe prend place, ce n’est pas pour plaisanter. Tous les musiciens entrent en scène avec un masque et c’est parti pour A vif qui ouvre le bal. Le groupe que j’avais redécouvert à Cercoux l’année dernière me fait le même effet, un effet plus punchy que par le passé. Les Sidis font la part belle à davantage d’organique et un peu moins d’électronique. Je trouve qu’ils ont un équilibre à la Mass Hysteria, à la frontière entre les deux genres, et sans tomber dans la caricature.

Et forcément cela va de pair avec une bonne énergie, Benjamin et Sylvain jumpent dès qu’ils en ont l’occasion. Benjamin, un peu coincé derrière son micro arrive tout de même à trouver un bel équilibre entre chant et guitare. Mais c’est surtout David avec sa manière très personnelle de se mouvoir sur scène, passe d’un extrême à l’autre, entre une forme de fragilité à un headbang à défoncer la scène. La complémentarité entre les deux chanteurs est évidente.

Mais ce soir, c’est l’aspect militant du groupe qui prend le dessus. Les textes toujours engagés du groupe abordent des thèmes comme l’écologie, les dégâts du capitalisme ou encore la manipulation médiatique. S’il ne faut donner qu'un seul exemple c’est bien celui de Guerre à Vendre, tristement d’actualités.

La force de Sidilarsen, c’est son public, sa communauté très fidèle au groupe, qui les suit depuis maintenant plus de vingt ans. La connivence est évidente et lorsque le groupe demande à chacun de se mettre à genoux en vue d’un saut collectif, pas de soucis, tout le monde participe. Et lorsqu’il s’agit de conclure ce concert, les musiciens se prennent bras dessus, bras dessous pour faire entonner le dernier refrain de Des Milliards : « Nous sommes des milliards ! Nous sommes des milliards ! Contre une élite ! Nous sommes des milliards ! Contre une élite! Impossible qu'ils nous évitent ! » Une très belle communion.

La Phaze :

C’est à La Phaze de conclure cette première journée, leur style qui oscille entre groupe de punk rock et drum and bass est parfait pour ceux qui ont envie de se bouger une dernière fois avant d’aller faire dormir les yeux. La Phaze, c’est Arnaud Fournier à la guitare, de Damny Baluteau au clavier, machine et chant, et enfin Aurélien Walter DJ et basse.

Même si le DJ passe de ses platines vers sa basse, scéniquement ce n’est pas forcément spectaculaire car ils sont trois sur scène, mais musicalement c’est une autre histoire ! Le débit de parole de Damny est simplement impressionnant et son énergie épileptique est sans faille. On apprend d’ailleurs que c’était un pote du collège du programmateur.

Les titres sont basés sur un rythme très élevé et le jeu de lumière est énorme pour valoriser les musiciens. Je ne suis clairement pas le public cible de ce trio, mais il faut admettre que les trois petits gars savent de quoi il retourne. C’est bouillonnant de nerf, débordant de punch, et le groupe arrive très facilement à mettre les derniers énervés de la soirée dans leur poche et les faire bouger du boule !

Malheureusement, je n’ai plus de jus et La Phaze malgré toute sa bonne volonté n’aura pas eu raison de la fatigue qui s’installe après la journée de boulot et le déplacement, allez hop il est temps de prendre le chemin du retour.



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