Groupe:

Girlschool + Alcatrazz

Date:

01 Septembre 2022

Lieu:

Vauréal

Chroniqueur:

Blaster Of Muppets

Le 1er septembre, ce n'est pas une date qui - symboliquement - est source de plaisir. Elle signifie (à quelques jours près en réalité) la fin de l'été, la reprise du boulot... On ne fait pas la fête un 1er septembre. Pas de quoi se réjouir... Sauf que là, en cette journée particulière, comme pour lutter contre cette réalité qui nous rattrape inexorablement, le Forum de Vauréal accueillait une affiche qui allait permettre de se remonter le moral en s'évadant vers des contrées hard rock et heavy metal : Girlschool et Alcatrazz ! Aucune hésitation à avoir : j'y suis allé. 
 
Quel plaisir de retrouver cette salle qui m'avait manqué... Voilà, je ne m'attarde pas trop, vous n'êtes pas là pour lire une ode au Forum... mais cette salle, son ambiance, les gens qui y bossent, son bar, c'est quelque chose ! Et je me dis qu'il faut en profiter car bien qu'il ne soit heureusement pas prévu que ce temple ferme ses portes prochainement, on ne le verra bientôt plus sous sa forme actuelle (la fin des travaux approche et le nouveau Forum devrait ouvrir ses portes après l'été prochain, si tout va bien). Refermons cette parenthèse et intéressons-nous à cette co-tête d'affiche alléchante.
 
Commençons par Alcatrazz. Voilà un concept pour le moins intriguant. C'est ma première occasion de voir cette formation culte dont les débuts remontent à quasiment quarante ans. Sauf que, franchement, peut-on vraiment dire que le groupe qui va jouer devant nous ce soir est Alcatrazz ? Je ne suis pas du genre à remettre en cause la légitimité des groupes qui ont subi des changements de lineup. Ce n'est - en général - pas avec moi que vous entendrez des phrases comme "Judas Priest, sans Downing et Tipton, ça n'est pas Judas Priest", par exemple. Mais là, quand même, avouons que la question se pose. Graham Bonnet s'est fait limoger, le nouveau vocaliste n'est autre que Doogie White (qui évolue dans un style pour le moins différent) et un nouveau guitariste : Joe Stump. Il y a un nouveau batteur aussi, recruté juste à temps pour la tournée, son nom m'échappe... Alors oui, "légalement", il s'agit bien d'Alcatrazz car reste le bassiste Gary Shea (qui a proposé le nom du groupe) et le claviériste Jimmy Waldo. Mais sans Bonnet... soyons clairs, l'identité du groupe en prend quand même un sacré coup.
 
 
Chacun pourra se faire sa propre opinion à ce sujet mais ce qui peut-être encore plus surprenant dans ce cas précis, c'est que le groupe lui-même semble se demander qui il est. Pourquoi dis-je ça ? Parce que le set proposé, très sympathique (je le précise), est constitué de beaucoup de reprises qui n'ont rien à voir avec Alcatrazz... mais qui semblent plutôt vouloir mettre en avant la carrière de Doogie White. C'est très étonnant : douze titres... et seulement six appartenant au répertoire du groupe (deux seulement issus du culte No Parole From Rock'n'Roll sur lequel sévissait un petit jeunot nommé Yngwie Malmsteen). Les six autres titres ? Des morceaux de Rainbow (trois extraits de Stranger In Us All plus The Temple Of The King) et de Michael Schenker (Vigilante Man et Take Me To The Church). Whaaaaaaat ??? 
 

Ces considérations mises de côté, le concert est très sympa. Pas incroyable... mais vraiment chouette. Et pourtant, White, que j'aime bien, que j'ai toujours trouvé sympathique, n'est pas - à mon sens - un vocaliste extraordinaire (je me suis toujours demandé pourquoi il avait été sollicité par Blackmore, Malmsteen, Schenker...). Il chante plutôt bien, sa voix n'est pas désagréable... mais quand on le compare aux grands vocalistes qui ont marqué l'histoire du hard ou du heavy (et notamment, ceux dont il doit chanter les chansons ce soir), je trouve qu'il fait un peu pâle figure. Cela dit, sa prestation ce soir est tout à fait honorable. Le reste du groupe est bon... pas de quoi tomber à la renverse mais ça joue bien. Tout cela serait presque anecdotique si un homme n'attirait pas tous les regards et ne nous en mettait pas plein les oreilles, je veux parler de Joe Stump. Attention : alerte guitar hero de la vieille école !!! Tout y est, les poses, la gestuelle d'un autre temps, la vieille stratocaster, les cheveux pas coiffés depuis deux décennies... mais surtout le jeu néo-classique en diable, que certains seront sans doute tentés de qualifier de désuet mais qui reste maîtrisé et - par conséquent - impressionnant. A lui seul, Stump élève l'ensemble à un autre niveau. Et vu qu'il n'est pas homme à venir souvent jouer chez nous, il fallait être là pour le voir.
 
 
Les nouveaux titres ne sont pas à tomber à la renverse mais passent bien sur scène. Les quelques rares classiques dispensés (Too Young To Die, Too Drunk To Live, Jet To Jet ou God Blessed Video... seules compos rescapées des 80s) font plaisir à entendre... et, oui, bien que leur présence dans ce set étonne, on va quand même l'avouer, les reprises de Rainbow rendent sacrément bien ! Wolf To The Moon, Ariel, bien sûr... mais surtout The Temple Of The King sur laquelle White fait chanter le public. Un très beau moment qui conclut parfaitement ce set étrange mais très agréable.
 
 
Setlist d'Alcatrazz :
 
01. Grace Of God
02. Too Young To Die, Too Drunk To Live
03. Wolf To The Moon
04. Turn Of The Wheel
05. Take Me To The Church
06. Ariel
07. Jet To Jet
08. Sword Of Deliverance
09. Too Late For Tears
10. God Blessed Video
11. Vigilante Man
12. The Temple Of The King
 
 
Girlschool n'est pas un groupe que je connais très bien. J'ai en tête quelques classiques, je connais de loin le parcours de ces dames, j'ai eu l'occasion de les voir jouer en festival il y a dix ans de cela... et j'avoue être surtout venu pour Alcatrazz. Cependant, c'est bien pour elles que je suis resté ! Les mamies british (rien de désobligeant dans cette appellation, elles ont plus de soixante ans !) envoient encore et leur set bien remuant s'est révélé des plus plaisants, voire même encore mieux que ça !
 
 
Le set est résolument old school : la majorité des titres jouée ce soir provient des deux premiers albums du groupe sortis en 1980 et 1981. Voilà qui ne nous rajeunit pas. En même temps, tant mieux pour moi qui maîtrise très mal la discographie de ces dames. Du coup, vu les titres joués, je m'y retrouve finalement assez bien. Le set démarre avec Demolition Boys, C'mon Let's Go, The Hunter et Hit And Run dont l'impact est indiscutable. Les fans sont ravis et soutiennent le groupe chaleureusement. Ce n'est qu'avec le cinquième morceau que l'on quittera (très brièvement) les années 80 avec un titre plus récent (de 2015) : Guilty As Sin (on retrouvera également Take It Like A Band, issu du même album, un peu plus tard).
 
 
Kim McAuliffe nous raconte quelques anecdotes, le nom de Lemmy reviendra quelques fois (oui, quand on pense à Girlschool, on pense forcément un peu à Motörhead...) et il y aura même vers la fin du show une petite reprise de Bomber bien envoyée ! La bassiste Tracey Lamb, la plus "punk" de la bande, nous tire la langue de temps en temps alors que Denise Dufort ne s'économise pas en cognant bien ses fûts. Jackie Chambers est un peu plus discrète mais livre elle aussi une belle prestation. Le moment où elle s'empare du micro pour faire chanter assez longuement les fans des premiers rangs sur Take It All Away est super sympa et justement fort apprécié. 
 
 
Bonne énergie, titres directs et fédérateurs, ambiance chaleureuse et fun... rien à redire, le set passe à très grande vitesse. Emergency clôt le show, juste avant Screaming Blue Murder en rappel. Les lumières se rallument, tout le monde a le sourire. On se dit qu'une fois de plus on a bien fait de venir au Forum ! 
 
 
Setlist de Girlschool :
 
01. Demolition Boys
02. C'Mon Let's Go
03. The Hunter
04. Hit And Run
05. Guilty As Sin
06. Action
07. Kick It Down
08. Nothing To Lose
09. Take It Like A Band
10. Take It All Away
11. Race With The Devil
12. Bomber
13. Emergency
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14. Screaming Blue Murder

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