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Interview Arthemys (par mail)
Bonjour, et merci de nous accorder cette interview. Pour commencer, pourrais-tu te présenter et nous raconter comment est né le projet Arthemys ? Bonjour et merci à toi ! Je m’appelle Diane, et Arthemys est mon projet artistique solo. Il est né d’un besoin très personnel : celui de transformer des émotions difficiles en création artistique. La musique est ma thérapie depuis l’enfance ; j’ai commencé par le violon, puis le chant autour de mes 11 ans. J’ai toujours évolué dans la musique, mais Arthemys marque un tournant important : le moment où j’ai décidé d’assumer pleinement qui je suis, autant dans mes failles que dans ma force. C’est un projet profondément introspectif, sincère, mais pensé pour résonner avec celles et ceux qui s’y reconnaîtront. Qu’est-ce qui t’a guidée dans le choix de ton nom d’artiste ?Mon prénom, Diane, fait référence à la déesse romaine de la chasse, de la lune et de la protection des jeunes filles. Son équivalent dans la mythologie grecque est Artémis, une figure que j’ai toujours admirée pour ce qu’elle incarne : l’indépendance, la force et la liberté. C’est un prénom et un symbole qui m’ont toujours parlé. Et puis, en tant que joueuse de jeux vidéo, il y a aussi ce réflexe très simple : quand un pseudo est déjà pris, on modifie l’orthographe. J’ai donc ajouté le H et le Y, ce qui m’a permis de m’approprier pleinement le nom. Comment définirais-tu ton univers musical ?Je dirais que c’est un univers sombre, émotionnel et contrasté. Il y a beaucoup de mélancolie, mais aussi de rage, de résilience et de reconstruction. Musicalement, ça navigue entre des atmosphères lourdes, parfois très intimes, et des passages plus percutants. J’aime jouer sur les oppositions : fragilité et puissance, douceur et violence. Cet univers est amené à évoluer avec moi tout au long de mon parcours, mais pour le moment c’est comme ça que je le décrirais. Peux-tu nous parler de ton EP Trauma ? Trauma est un EP très personnel. J’y aborde mes angoisses et certains de mes traumatismes, comme la peur de perdre le contrôle, mon TDAH, l’anxiété sociale, et plus largement tout ce qui peut nous fragiliser intérieurement. J’ai vraiment creusé dans ce que j’avais besoin d’exprimer, sans filtre. Mettre ces émotions en musique m’a permis d’avancer, autant dans mon évolution personnelle que dans mon parcours artistique. Et je pense que ce sont des thématiques dans lesquelles beaucoup de personnes peuvent se reconnaître, même si elles les vivent ou les expriment différemment. Quelles difficultés as-tu rencontrées lors de sa création ou de sa sortie ?La principale difficulté a été émotionnelle. Replonger dans certains souvenirs et sentiments n’est jamais simple, surtout lorsqu’on décide de les exposer à travers la musique. Il y a aussi eu des défis plus techniques : je suis une artiste solo, pas un groupe, ce qui implique de devoir s’entourer des bonnes personnes. J’ai eu la chance d’être accompagnée par Ulysse Lejeune, multi-instrumentiste, arrangeur et producteur, mais aussi un ami très cher. Il m’a poussée dans mes retranchements artistiques et a été extrêmement présent dans mes moments de doute. Notre relation de confiance a été essentielle : je savais que je pouvais enregistrer et interpréter des choses très personnelles devant lui, sans jamais craindre le jugement. J’ai également été soutenue par mon éditeur, Elio Nitschki (Octavik), qui s’est investi dans le projet à un moment où je me suis sentie profondément comprise et appréciée, autant en tant qu’artiste qu’en tant qu’humaine. Cet accompagnement a été déterminant dans la confiance que j’ai pu accorder au projet. En quoi cette expérience t’a-t-elle fait évoluer, artistiquement ou personnellement ? Cette expérience m’a surtout appris à me faire confiance. J’ai parfois un petit syndrome de l’imposteur, comme beaucoup d’artistes, et Trauma m’a aidée pour ça. Cet EP m’a permis d’assumer pleinement mes choix artistiques et de comprendre que la vulnérabilité pouvait être une véritable force créative, et pas seulement un état émotionnel. C’est quelque chose qui a profondément changé ma manière de créer, mais aussi ma manière de me percevoir. Ta voix est remarquable : comment as-tu travaillé pour atteindre un tel niveau ? Merci beaucoup ! Ca me touche énormément ! Je travaille ma voix depuis longtemps. J’ai commencé au collège, en intégrant une classe à horaires aménagés musique en violon (je faisais de la chorale et je chantais tout le temps !). J’ai ensuite suivi des cours de chant au conservatoire pendant quatre ans afin d’acquérir des bases techniques solides. J’ai également chanté au sein des chœurs de l’Odéon, une structure liée à l’Opéra de Marseille consacrée à l’opérette. Cette expérience m’a appris à chanter tout en jouant la comédie et en dansant, ce qui a énormément enrichi ma relation à la scène et à l’interprétation. Depuis, je continue à pratiquer quotidiennement pour perfectionner ma voix. Je pense qu’on n’a jamais vraiment fini d’apprendre à connaître son corps et sa voix, et c’est aussi ce qui rend ce travail passionnant. D’où puises-tu ton inspiration pour écrire tes textes et composer tes mélodies ? Principalement dans mes expériences personnelles, mes émotions, mes relations. Je m’inspire aussi beaucoup de ce que je ressens à un instant précis : parfois une phrase, une image ou une sensation suffit à déclencher une chanson. La musique devient un moyen de mettre de l’ordre dans le chaos de ma tête. Comment parviens-tu à intégrer tes différentes influences musicales dans tes morceaux ? Je ne cherche pas à les intégrer consciemment. Elles font partie de moi, donc elles ressortent naturellement. J’écoute beaucoup de styles différents, et je pense que ça nourrit ma manière de composer sans que je ne m’impose de cadre trop strict. Y a-t-il des thèmes récurrents dans ton écriture ? Pourquoi ces sujets te touchent-ils particulièrement ?Oui, clairement : la douleur émotionnelle, l’abandon, la reconstruction, ma relation avec moi-même, tout ce qui me constitue finalement. Ce sont des thèmes qui me touchent parce qu’ils font partie de mon vécu, mais aussi parce qu’ils sont universels. Beaucoup de gens se reconnaissent dans ces sentiments, même s’ils ne les expriment pas toujours. Je n’arrive pas à écrire sur des situations ou des émotions que je ne connais pas… Du moins pour le moment ! Quelles sont les personnes qui ont collaboré avec toi sur ce projet ? Trauma est avant tout un projet très personnel, mais il n’aurait pas vu le jour sans les personnes qui m’ont soutenue, conseillée ou accompagnée à différents niveaux, que ce soit musicalement ou humainement. Ulysse Lejeune (arrangement, production, enregistrement et mix), Jules Marston (mastering), Elio Nitschki/Octavik (Édition) et Mat Cerato (photos, vidéos) ont été les personnes qui m’ont aidé et accompagné tout au long de ce processus. Même quand on crée seule, on n’avance jamais complètement seule. Quels artistes ou groupes ont le plus marqué ton style musical ? J’ai été influencée par des artistes aux univers forts et immédiatement identifiables, comme Ghost, Periphery, Novelists, LANDMVRKS, Bad Omens ou encore Evanescence. Mes influences viennent aussi de groupes plus classiques et emblématiques tels qu’Iron Maiden, Journey, Queensrÿche ou Queen. La liste pourrait être très longue tant ils sont nombreux. Je les admire tous, et chacun d’eux a, d’une manière ou d’une autre, influencé mon parcours, autant en tant qu’artiste qu’en tant qu’humaine. Y a-t-il des collaborations que tu aimerais réaliser à l’avenir ? Oui, énormément. J’adorerais collaborer avec Camille du groupe Novelists : nous sommes toutes les deux marseillaises et son univers me parle profondément, autant sur le plan artistique qu’humain. J’aimerais également beaucoup travailler avec LANDMVRKS, un groupe dont l’énergie et l’identité me touchent particulièrement. Bad Omens fait aussi partie des groupes qui m’inspirent énormément, notamment pour leur univers et leur esthétique très marqués. Tobias Forge, de Ghost, est également une immense source d’inspiration pour moi. Il y a aussi des artistes avec qui j’aurais rêvé de collaborer, comme Ozzy Osbourne, qui a profondément marqué des générations entières. Enfin, des groupes comme Iron Maiden, Linkin Park, Slash ou Evanescence font partie de ces collaborations un peu rêvées : des artistes mythiques, aux identités très fortes, avec qui j’adorerais un jour créer quelque chose. Et j’adorerai collaborer avec RIOT GAMES mais c’est autre chose… As-tu prévu de défendre ton EP sur scène ? Si oui, qu’est-ce qui te motive dans cette démarche ? Oui, c’est quelque chose que j’aimerais beaucoup. La scène permet une connexion directe avec le public, une énergie différente. Défendre Trauma en live serait une manière de prolonger l’histoire de l’EP et de partager ces émotions de façon encore plus intense. C’est à venir…! Comment imagines-tu l’évolution d’Arthemys dans les prochaines années ? Je vois Arthemys évoluer vers quelque chose de plus affirmé encore, autant musicalement que visuellement. J’ai envie d’explorer de nouveaux thèmes, de nouvelles sonorités, tout en restant fidèle à cette sincérité. J’ai peut-être même déjà démarré la suite avec mon équipe… Je veux partager ma musique et mon univers aussi longtemps qu’on me permettra de le faire. Y a-t-il un message ou des valeurs que tu souhaites transmettre à travers ta musique ? Si je devais n'en retenir qu’un, ce serait que la douleur ne fait pas la personne. On peut traverser des choses difficiles et en ressortir plus fort, ou au moins différent. Battez vous contre vos démons et n’hésitez jamais à demander de l’aide. Et en réalité on est jamais seul à ressentir ce qu’on ressent malgré ce qu’on peut penser. Je ne parle évidement que de mon expérience personnelle. Pour conclure, y a-t-il quelque chose que tu aimerais ajouter ou partager avec tes fans ? Simplement merci. Merci d’écouter, de ressentir, et parfois de vous reconnaître dans ma musique. Arthemys existe aussi grâce à celles et ceux qui prennent le temps d’entrer dans mon univers. Je crée avant tout pour moi, mais aussi pour toutes les personnes qui se sentent seules, différentes, et qui n’osent pas toujours mettre des mots sur ce qui les rend tristes. La musique est ma thérapie, et j’espère qu’avec ce premier projet, elle pourra aussi devenir la vôtre.
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