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Interview Sophie Steff (en visio)
Bonjour, peux-tu présenter rapidement Yojimbo ? (membre, création, origine, Label…)Nous venons d’Alsace qui est un terreau pour le Metal et ses différents courants. Le groupe démarre en 2019, et à l’origine faisait de la fusion entre Rap et Stoner (Type RATM) et après 6 premiers mois d’existence, j’ai intégré le groupe comme chanteuse et guitariste rythmique. Le Line Up est composé de Florent Herrbach à la guitare « Lead », Dominique Pichard à la Basse, Stefan Legrand à la batterie et donc moi à la guitare rythmique et au chant. Notre Label s’appelle Blue Cat Prod, c’est une Association indépendante qui accompagne les projets Rock et Folk dans le secteur. A ce jour nous avons sorti un premier Ep en 2022 avec 5 titres et donc ce premier Album Cycles en Avril 2025. Je sais que ce n’est pas une question si simple mais comment définiriez-vous votre style ou votre identité musicale ?C’est toujours difficile de mettre une étiquette et définir un style, je dirais que l’on se définit par du Stoner Rock Intergalactique, et dans ce terme auquel on tient on y met du Doom, du Prog, du Psyché et même quelques touches Post Rock voir Funk Peux tu me parler de vos influences ?Elles sont multiples l’univers Rock-Metal, mais aussi le Jazz, le Blues, et même le Folk. Oui, quelque part il y a toujours cette même base dans la musique, évidemment cela varie dans la construction, le tempo, l’ambiance et les univers que l’on explore afin d’y piocher ce que l’on aime. Mais quelque part les points communs sont multiples. Tu peux me citer quelques groupes influents pour vous ?C’est tout à fait ça ! Flo par exemple est attaché à Elder, moi aux premiers opus de Queen Of the Stone Age, quand à Stef c’est l’univers Nu Metal avec Korn, mais on s’inspire de Tool ou de Deftones également pour en citer quelques uns. Et pour ce qui est du chant ?Je dirais que cela passe par Chelsea Wolfe pour le côté Gothic Rock, Acid King pour le Stoner ou Windhand concernant l’univers Doom. Parfait et pour les influences non musicales ? La référence à votre nom est bien cinématographique et littéraire, en lien avec ce garde du corps japonais ?C’est tout à fait ça ! Pour l’anecdote Rosebud ne s’appelait pas comme cela au départ. A la base c’est le fruit d’une expression qui m’était très personnelle et Dom notre bassiste cinéphile et attentif à tout ce qui touche à l’image, étant photographe pro, y a apporté un autre niveau de lecture en le rapprochant du chef d’œuvre Citizen Kane. Nous sommes également proche de l’univers de la Science-fiction, il y a d’ailleurs un projet en parallèle. Stef le batteur, écrit une nouvelle de SF sur Yojimbo, ce « garde du corps » est une sorte de vaisseau dans lequel les membres du groupe voyagent et portent différentes quêtes. Il faut voir Yojimbo comme un concept, un projet global c’est ça ?C’est tout à fait cela ! Vous avez sorti un premier EP en 2022, parle nous-en ?Notre EP est sorti tardivement, 3 ans après la création du projet, en raison du Covid notamment et au final ça fait trop long, honnêtement il fallait aller au bout mais il ne nous correspondait plus tout à fait, c’est presque un regret. C’est finalement peut-être aussi ce qui a fait la genèse de la suite ? Vous avez sorti votre premier album « Cycles » ce mois d’avril 2025, dans quelle démarche s’inscrit-il ?Dans un sens oui ! Pour Cycles on a décidé de prendre plus de temps, mettre plus de sérieux, de travailler plus et d’apporter plus de justesse pour qu’il traduise ce qu’on voulait vraiment faire et être ! Cela a représenté 1 an et demi sur la globalité, à raison de plus de 2 jours pleins hebdo, que ce soit pour les compositions, l’écriture mais aussi l’enregistrement. On a eu la chance de faire cela de façon autonome dans notre local de répétition grâce à Flo sur les prises de son, et ensuite on a fait appel au studio (La Turbine) qui sont des gens super et qui ont fait le mastering et le mixage. On est content du rendu ! Comment construisez-vous vos morceaux ? c’est d’abord les textes qui te viennent, ou plutôt un thème, une ambiance au travers d’un Riff ou d’une rythmique ?C’est très variable suivant les compos, pour ce qui est des textes c’est moi qui écris, car j’aime que l’écriture et l’interprétation s’inscrivent dans une globalité. Mais je vois le chant comme un autre instrument plus que comme un élément indépendant, c’est un liant. Pour Cycles le titre éponyme le pari était un peu plus relevé car c’est notre premier morceau totalement Instrumental. Pour la musique c’est tout le monde, on échange énormément, le but étant que tout le monde kiff et que le rendu corresponde parfaitement à nos sensibilités et souhaits. Par exemple pour Doomsday Clock c’est un événement qui m’a particulièrement touché qui a porté l’idée du morceau ensuite chacun a pu y mettre sa patte. Avez-vous rencontré des difficultés dans le projet de l’album ?Evidemment comme tu t’en doutes il y a les contraintes financières où chacun a dû faire un effort personnel, mais aussi la charge de travail. J’imagine bien oui ! Vous avez un job à côté ?Alors comme je t’ai dit, Dominique est Photographe Pro, moi je suis intermittente comme musicienne pro, Stefan est co-gérant d’une Asso de Livraison à Vélo et Florent est un couteau suisse dans tout le monde artistique. Au travers de vos textes et votre univers on sent un engagement, une démarche globale au niveau sociétal. Arrivez-vous aussi à le mettre en pratique artistiquement ?Tout à fait, cela nous tient à cœur, afin d’être cohérent, par exemple nos vinyles sont fabriqués à partir de disques recyclés, notre merchandising s’inscrit dans une démarche de seconde main. On travaille avec une association rattachée à EMMAUS qui nous fournit les T-shirts et on les sérigraphies nous-mêmes. On développe l’esprit « DIY » et le partenariat local, comme pour notre visuel par exemple. On peut d’ores et déjà raisonnablement penser que vous avez de l’ambition, un clip officiel vient appuyer la promotion de l’album, que vous avez choisi de produire en format numérique mais aussi physique (CD et Vinyle), le public appréciera. Est-ce une demande du Label ou une volonté personnelle ?C’est un choix personnel, nous sommes conscients de l’importance de la diffusion en dématérialisé mais on est attaché au format du vinyle. A la base, on ne voulait pas nécessairement faire des CD mais c’est plus facile pour les promos et c’est un plus quand même. Combien d’exemplaires ont été tirés ?500 pour les CD et 200 pour les vinyles. Vous faites l’unanimité des critiques sur les différents webzines, le succès est au rendez-vous, mais votre actualité se passe également sur scène, peux-tu nous indiquez vos lieux de programmation ?Merci c’est gentil, c’est vrai que nous sommes agréablement surpris par l’accueil fait à notre album, cela fait plaisir. Yojimbo sera présent sur la scène dans un grand quart Nord Est dans les mois à venir, voici nos prochaines dates : - 18-05 au Grillen à Colmar (68) avec Dirty Sound Magnet- 11-06 au Cafard’Naüm à St Etienne les Remiremont (88)- 20-06 au Brin de Zinc à Barberaz (73)- 21-06 Finale du Tremplin du Chien à Plumes (52)- 27-06 au Black Cat de Metz (57)- 28-06 pour le Festival Arts Sonores M33 à Strasbourg (67)- 23-08 au Demi-Lune Fest à Kolbsheim (67)- 02-10 à la Péniche Mécanique à Strasbourg (67) Justement, peux-tu nous dire un mot sur vos prestations en Live ? Combien de temps le public a la chance de vous voir, comment est construit la Setlist ? Faites vous parfois des Covers ?Cela dépend des sessions, mais cela oscille entre 45 minutes et 1h15, avec uniquement nos compositions. On joue de huit à douze morceaux en ouvrant généralement sur Rosebud. On enchaine sur 2 titres tirés de l’EP (Last Mile et Devil’s Dance) ce qui nous permet de poser l’ambiance. Viennent ensuite Unchained, Cycles et Doomsday Clock, puis un nouveau morceau et on clôture avec What Comes After pour les plonger dans le plus profond de notre univers. Peux-tu me donner quelques exclusivités sur des projets à venir ? Êtes-vous déjà dans l’écriture et la composition de nouveaux titres ?Déjà on souhaite aller au bout du projet pour cet album Cycles et en assurer la promotion sur scène, car cette création était un vrai test pour le groupe. Ensuite on veut parfaire la scénographie par un travail sur la lumière avec notre Set up perso en appui de ce qui est à notre disposition, on réfléchit aussi pourquoi pas à un peu de décor ou d’apport vidéo. En fait, comme pour de nombreux aspects notre souhait est d’être le plus autonome possible. On a bien sûr déjà commencé à bosser sur d'autres compos, mais on prend notre temps, Cycles doit être abouti ! Enfin, l’ensemble des titres sont anglophones, je sais que c’est plus pratique pour la musicalité et que vos textes ont du sens, mais il n’y a pas de place pour le français selon toi ?Il y a 1 mois, je t’aurais répondu que non, mais il se trouve qu’une Association (Zone 51) nous a contactés pour une action culturelle au sein d’un dispositif qui s’appelle la Fabrique à musique. L’idée est de construire une chanson avec des enfants de Cm2 ou 6ème tout en français et d’écrire paroles et musique avec eux. Au préalable on va voir comment ils perçoivent tout cela, qu’est ce que le rock et ses courants musicaux, ce que cela leur évoque. Il y a une portée pédagogique, culturelle et sociétale. C’est un beau projet qui est prévu pour 2026. Je tiens à te remercier Sophie, pour ce bel échange et à vous féliciter encore pour cet album qui est mon coup de cœur 2025. Au nom d’Aux Portes du Metal et de ses lecteurs, je te remercie encore de ta disponibilité.Merci à toi Vincent !
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