Groupe:

Uncut

Date:

05 Mars 2025

Interviewer:

JeanMichHell

Interview Enzo, Alexy, Pablo

Qu'est-ce qui vous amène du côté de Cognac ce soir ?

On est là parce qu'on avait joué ici juste avant le Covid, en février 2020 ou en janvier 2020. C'était pour les Inouïs du Printemps de Bourges. Nous avions été sélectionnés par la région et nous avions joué ici. C’est Nico, l'ingé son, qui avait bien aimé notre projet. Il nous avait dit à ce moment-là : « Revenez un jour, faire une résidence. » Cinq ans plus tard on est là.

Vous êtes en résidence depuis quand ?

Nous sommes là depuis lundi. En fait là, on bosse la lumière. C'est la première fois qu'on bosse avec un ingé lumière. Du coup on commence à mettre ça en place. Ce soir il y a aussi notre ingé son qui est là. On a bossé ces deux aspects et puis on a fait de la musique aussi pas mal.

Nous avons aussi tourné un clip. On fait un faux live. On joue par-dessus le morceau. Avec Gaspar, celui qui nous a fait les deux premiers clips, nous avons travaillé les captations, préparé les rushs, nous avons eu trois journées bien chargées.

Votre nouvel album Space Cowboys est sorti le 06 décembre 2024, comment a-t-il été accueilli ?

Il a été accueilli à bras ouverts. On a fait une tournée en novembre-décembre pour le présenter, dans des bars principalement, et les gens étaient plutôt contents. Et nous aussi, c'était cool de jouer sur cet album. Globalement, on a été bien accueillis par la presse, par le public.

Il y a un truc significatif aussi quand tu fais du live. Quand l'album part après le live, ça veut forcément dire que les gens ont quand même kiffé au point d'acheter le skeud, ça se voit au merch. Et au niveau de la presse, on a bossé avec NRV Promotion, avec Angie. C'était plutôt bien accueilli. On a eu plutôt de bonnes critiques. C'est plutôt cool.

Par rapport à Blue, quelle évolution avez-vous souhaité mettre en œuvre sur cet album ?

Si tu as écouté l'album tu as dû remarquer que c'est un peu plus psychédélique que le premier, en particulier dans les structures des morceaux. C'est un peu moins classic rock, plus psychédélique, agressif, il y a plus d'effets également.

Les morceaux sont plus chargés en mise en place. C'est un peu plus technique. Mais ça reste du rock. C'est une évolution. Cet album est comme ça. Le prochain sera encore différent.

C'est une vraie volonté ou c'est quelque chose qui s'est fait naturellement ?

Oui, ça s'est fait assez naturellement. On ne s'est pas trop posé de questions. Quand Enzo a apporté les morceaux on s'est dit c'est nickel. On fait ça, on y va. Les morceaux ont été composés il y a pas mal de temps. Il y en a bien 4 ou 5 qui étaient déjà en squelette fin 2019.

Pour le prochain album, nous avons déjà 5 ou 6 morceaux qui ne sont pas encore finis. Il y a déjà un bon 80% de chaque morceau qui est fait. Sur ça on est plutôt productif sur la musique. C'est plutôt efficace.

J'ai souvenir que vous aviez imaginé faire des prises live pour l’enregistrement de Blue. Est-ce que vous avez réussi à le faire pour Space Cowboys ?

Oui, pour les titres les plus anciens, soit 7 sur 10, on les a faits en prise live. Et les 3 chansons qu'on n'a pas faites en prise live, c'est parce qu'on n'a pas eu le temps de les bosser et de les maitriser pour les rentrer en prise live, et par conséquent on les a faites en prise par piste. On voulait transcrire l'énergie qu'on a en live dans le skeud.

Ensuite, on a fait le chant après, l'instrumental était en live. Et le chant a mis plus de temps.

Parce que c'était moins évident, pour moi, de trouver et caler le chant. On n'avait pas encore toutes les parties rythmiques du chant. Donc on a fait ça après. C'est pour ça que l'album a mis du temps à sortir. Et ensuite, le mix, le mastering, le visuel aussi, on a mis du temps à trouver le visuel qui nous convenait.

Et les thunes aussi, il fallait qu'on ait de l'argent pour tout financer. Donc tout ça, ça a fait qu'on a décalé. On avait fait un financement participatif. Et normalement, l'album devait sortir en mars 2024.

Vous avez aussi rajouté de nouveaux instruments. Sur Blue, c'était une histoire d'amitié ou de feeling musical, d’amitié ? Est-ce que c'était le cas encore ? Ou alors ça a été réfléchi avant, au processus de création ?

C’étaient quasiment des potes à vous. Il y a toujours ce truc-là, on ne va pas bosser avec des inconnus. On sera toujours avec des gens avec qui on a une part d'affect. Après, sur Space Cowboys, il y a eu surtout une volonté de mettre des scènes en design.

Paul Brousseau, qui avait fait l'orgue Hammond sur le premier album, il nous a aidé là-dessus. Romain Berset, qui a fait le mix, il a aussi participé à ça. Surtout toi en fait ! Raphaël Jeandenand qui a fait du moog sur Party Time. Et au moment du master, on a proposé à Mathieu Metzger, qui masterisait le disque, de poser un solo de sopranino sur Loveful. Et on est très contents de son solo.

Blue était sorti au moment de la pandémie. Vous avez un peu regretté de ne pas pouvoir défendre cet album sur scène...

Tu n’imagines même pas…

Mais là, vous avez déjà fait une première tournée. Vous en avez d'autres qui s'annoncent ?

On a quelques dates. Ce sont plus des week-ends par-ci, par-là. Là, ce week-end, par exemple, on fait une date à Paris. Et après, c'est à partir de juin, on a un week-end en juin. On joue les 6 et 7 juin. Après, on a un week-end en août. On fait 2-3 dates en août.

Avant on était accompagné par Syncope Prod pour tout le touring. Et ils ont arrêté leur activité de tourneur.

On repart à zéro. S'il y a des tourneurs qui écoutent l'interview, n'hésitez pas à nous lâcher un petit mail. Un petit commentaire. Un petit avis.

Savoir démarcher, c'est un métier, en fait, et qui n'est pas le nôtre.

Nous sommes à une grosse demi-heure du concert, il se passe quoi dans vos têtes avant de monter sur scène ?

Pour l'instant, je pense à... foutre ma chemise.

C'est le costume de scène ?

Foutre une chemise, c’est avant tout pour ne pas jouer en T-shirt.

Oui, mais est-ce que ça te transcende ? Est-ce que ça t'amène vers autre chose ? Est-ce que ça te met en conditions ?

Oui ça met en condition, quand même. Tu as ton costard qui est prêt. Tu le mets avant de jouer. Et puis c'est parti. Là, tu attends. Il y a beaucoup d'attentes, en général, dans les concerts.

Surtout quand tu balances, il est 14h, et qu’ensuite tu joues à 23h ! Tu as bien le temps de réfléchir à ton avenir.

Ou à tes factures que tu n'as pas payées. Enfin, plein de trucs. Et là, pour l'instant, je n'ai pas grand-chose qui me passe par la tête.

Moi, j'ai un peu faim, par exemple.

Oui, j'ai un petit peu faim aussi.

Après, la pression, pour moi, elle monte, quand tu sais qu'il y a des gens dans la salle, tu vois les gens arriver. Voilà. Il y a une petite pression, parce que ce n'est pas la même setlist. Il y a des trucs qui sont un peu nouveaux.

Et au moment où vous êtes sur scène ?

Là, c'est tout droit.

On se retrouve au bout.

Concentration. On prend du plaisir. Quand c'est parti, c'est parti.

On a aussi bossé la setlist en résidence, comment on va enchaîner tel morceau avec tel morceau…Comment parler aux gens, quoi dire, le sujet... Est-ce qu'on veut quelque chose de drôle ? Est-ce qu'on veut quelque chose de froid ? C'est quoi l'ambiance du groupe ? Ce qu'on dégage.

Au cours de l'interview de 2020, je vous avais demandé comment vous vous imaginiez dans 20 ans. Vous m'aviez répondu chauve avec du bide, mais toujours plein d'énergie. 5 ans plus tard, qu'est-ce qu'il en est ? C'est quoi qui a poussé le plus, le bide ou la calvitie ?

Je crois que c'est le bidou.

C'est le bidou. Je pense que c'est cool que ce soit le bidou, plutôt que les cheveux.

Si on devenait tous chauves. On irait en Turquie ! On se ferait une petite opération, directement du cul sur la tête.

Du coup, dans 20 ans, je dirai que on aura des cheveux et du bide.

On ne sera pas chauves, mais on jouera dans l'espace.

Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter ?

Je ne sais pas, de trouver un tourneur, ou un manager, ou un label arrangeant.

Une structure qui nous accompagne, qui nous aide sur ce qu'on disait avant, sur l'aspect scénique, nous aider sur l'artistique, pas musicalement, mais sur le développement du projet.

Un dernier mot pour conclure.

Merci aux Portes du Metal. Merci d'être venus, de nous revoir.

On espère que vous allez passer un bon concert. (NDLR : Ce fut le cas !)

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