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Interview Olive et Niko co-fondateurs du Just'N'Fest
Bonjour et merci de prendre le temps de répondre aux questions du webzine Aux Portes du Metal.
Avec plaisir merci à toi de nous accueillir dans ce document Word.
Comment avez-vous découvert cette musique et comment a-t-elle façonné votre
chemin jusqu’à aujourd’hui ?
Olive : Perso, il y a toujours eu de la musique dans mon entourage, mon père était
musicien déjà tout petit. Il a fait plusieurs disques et était même chez
Barclay (on peut retrouver une partie de sa discographie sur Bide et
musique). J’ai été bercé par les Beatles, les Stones et Led Zep.
J’ai également fait le conservatoire, solfège, piano et même flûte
traversière. Je n’ai jamais arrêté de faire de la musique avec une passion
particulière pour les musiques de films et le classique, mais je ne vais pas
m’étaler dessus, ce serait trop long, une autre fois peut-être 😀. J’ai
toujours écouté du rock (Téléphone, Noir dez, …) et le metal
particulièrement dans les années 90 avec Metallica, AC/DC, Rage Against The Machine,
System of a Down… depuis.. j’ai de la musique dans les oreilles au quotidien.
Niko : Mon adolescence a été bercée par deux types de musique: le Metal et le
Hardcore. Certes, passer de compos instrumentales à des basses et autres tempos d’ordi peut
sembler bizarre (bien que je puisse passer de la musique classique à Rammstein en 1s sans
problème), j’ai et suis toujours entraîné par ces rythmes speed, où les
corps se percutent, afin de libérer une énergie saine et enivrante. Donc pour
résumer, quand ça bouge et que ton cerveau se déconnecte, j’adhère.
Quelle est l’histoire derrière la création de l’association We Rok ? Quelles
étaient tes motivations et objectifs en lançant cette initiative ?
Olive : Je crois qu’on raconte cette histoire au moins deux ou trois fois par ans. En
décembre 2018, avec Niko, nous étions à un apéro dans la salle René
Valette (oui il n’y a pas que le Just’N’fest dedans :D) lors d’une
manifestation, comme il y en a beaucoup sur Saint Just, et le premier adjoint (Yves Quesada) qui est
depuis maire de la ville, discutait du “festival en verdure”, un festival de musique du
monde à Saint-Just courant de l’été. Niko dit à l’adjoint,
“et pourquoi tu n’y mettrais pas un peu de rock dans tout ça ?”, il a tout
simplement répondu, “vous n’avez qu'à le faire vous, on peut vous aider
financièrement”.
On s’est regardé avec Niko, puis comme une porte s’est entrouverte, on a
foncé dedans tête baissée. J’ai pris mon téléphone, ai
contacté Alex Solès (Scarlean) et je lui ai dit “Salut Alex, ça te dit de
jouer “dans un festival ?”, il a dit “Cool ya qui ?”, je lui ai répondu
“Ya toi !” . De là, il nous a présenté The Blackstone co”, nous
avons contacté, “Ezox”, qu’on avait vu dans cette même salle un an
auparavant et c’était parti. Nous avons demandé à nos potes de concerts,
Fred, Jerem et Thomas si ça les branchait, ils ont tout de suite dit oui, puis ensuite à
Patrick de former les membres fondateurs et noyau de cette association que nous avons appelé,
après avoir hésité entre Be Rock, U Rock, Yes We Rock (yes we can, quoi ! ) We
Rock.
On a cherché un nom et à la fois comme c’est à Saint Just, on a gardé
le Just. Et comme on était parti pour faire un seul fest. On s’est dit Just Un Fest, puis
devenu immédiatement Just’N’Fest (Qui se prononce à l’anglaise
“djeustainfest” comme Rock’N’Roll) Niko a couché les statuts de
l’asso, convoqué la création de l’asso autours d’une choucroute, et
c’était lancé!
Nous avons monté la structure associative comme il fallait, avec comme objectif de promouvoir la
musique rock et ses protagonistes. Puis comme, une personne dont je tairai le nom nous a dit “un
festival à trois groupe c’est pas un festival !”, nous avons signé d’une
poignée de mains au Hellfest, “Gate of Mind”, puis avons trouvé “Jack
Face” qui s’est séparé une semaine avant le festival, que nous avons
remplacé par “Quine”. La suite, à notre plus grande surprise, a
été environ 300 ou 400 personnes le 19/10/2019. Depuis plusieurs membres ont quitté
le bureau mais sont toujours dispos pour filer la main quand il faut. Aujourd’hui nous sommes 7
dont 3 membres fondateurs d’origine, Niko, Olive, Patrick, Tony, Yannick, Bertrand et Quentin.
Avec cela, il faut compter une équipe de bénévoles de choc, quasi identique depuis
le début. Avec nos épouses, nos enfants, nos amis puis quelques pièces
rapportées au fil des années.
Qu’est-ce qui vous a poussé à imaginer un festival entièrement
dédié au Metal ? Y avait-il un manque à combler, une passion à exprimer, ou
un rêve à réaliser ?
Niko : On faisait, pas mal de concert tous ensembles, avec évidemment la messe annuelle au
Hellfest depuis pas mal d’années et comme il n’y avait rien dans notre coin,
c’était l’occasion. Était-ce un rêve ? Non juste une opportunité
qui s’est présentée au bon moment.
Olive : Mon père disait toujours qu’”il n’y avait qu’un concours
à réussir dans la vie, le concours de circonstance.” Voilà c’est fait.
Comment avez-vous sélectionné la ville et la salle qui accueillent le festival ? Quels
critères ont guidé votre décision ?
Nous étions cinq de Saint Just (Niko, Olive, Thomas, Jérémy et Patrick, Fred
habitant à Poussan). Il était donc normal de solliciter LA salle du village! Certes, elle
n’est pas équipée pour ça, pas de soucis; nous l’habillons et la
transformons une fois par an pour le Just’N’Fest.
Organiser un tel événement dans votre région, doit représenter un vrai
défi financier. Quelles sont les sources de soutien dont vous bénéficiez ?
Un gros challenge financier ! Pas simple d’obtenir des subventions publiques. Aujourd’hui
ces subventions sont rares et sporadiques. Heureusement nous avons des partenaires privés qui
nous suivent depuis le début (Two notes, SP custom, Skull strings, pmc guitare, pour ne citer
qu’eux). Nous avons dû élargir cette année, vu le contexte économique
très compliqué. Les partenaires privés sont fébriles dans cette
période difficile. 2026 sera encore plus tendu dans le privé voire inexistant dans le
public.
Mettre sur pied une telle affiche demande une énergie folle. Comment avez-vous
sélectionné les groupes et les artistes ?Avez-vous suivi des critères
spécifiques ou cela s’est-il fait de manière plus organique ?
Pour la cinquième édition nous avions décidé de partir sur deux jours.
Suite à un sondage auprès de nos festivaliers, nous avons décidé pour la
sixième édition cette année, vendredi et samedi. Notre espace étant sur
l’école primaire juste en face de la salle, nous devions ouvrir la salle plus tard (18h au
lieu de midi).
Il fallait donc trouver une idée originale pour que la soirée du vendredi soit une belle
soirée : nous sommes en octobre, octobre rose, on s’est dit, tiens pourquoi pas une
soirée avec des groupes féminins ? Puis pour le samedi qui est une plus grosse
journée (avec le marché rock, la scène extérieure, la piste mini moto, food
truck, préventions etc..) nous avons constitué une affiche avec des groupes locaux, suivis
de groupes plus gros avec de l’actu et qui envoient du bois. Voilà comment se monte notre
affiche!
Côté technique, qui vous accompagne pour le son et les lumières ? Est-ce une
équipe locale, des partenaires spécialisés ?
Depuis le tout début, nous travaillons avec la société Fremyson.
D’année en année, c’est la même équipe qui vient (Flo, Jean Marc
et Louis) ils font partie de la famille We Rock depuis les premières heures et ne changerions
pour rien au monde. Nous nous connaissons bien depuis 6 ans, ils nous accompagnent, nous les
accompagnons, cela forme un tout.
Quels ont été les retours du public et des médias à l’issue de cette
édition du Just'N'Fest ? Comment jugez-vous sa fréquentation et l’ambiance ? Et
côté budget, êtes-vous parvenus à équilibrer les comptes ?
Si nous faisons une édition chaque année, c’est que nous avons de très bons
retours des public et médias. Chaque année, le Just’N’Fest fait parler de lui,
en bien. Nous organisons un festival, dit familial, où tout le monde se retrouve pour faire la
fête comme si les gens étaient à la soirée d’un pote, et ce pote
c’est nous. C’est ça qui est cool. tout le monde est content et tout le monde
commence à se connaître. L’ambiance est top. Bon la soirée du pote a un
coût évidemment, et même si nous sommes entièrement satisfait de la
fréquentation qui est de plus en plus importante, nous ne voulons pas forcément faire un
festival trop cher avec des boissons à des prix exorbitants comme dans certains autres (ne citons
personne).
Il est difficile de joindre les deux bouts, entre les cachets des groupes qui gonflent, les
“à côté” exigés, les hôtels, la restauration, la
sécurité, les secours, la sacem, etc… . On arrive à équilibrer les
comptes , difficilement (j’insiste). Nous cherchons l’équilibre, puis dégager
un peu de tréso, afin de pouvoir payer les résas de groupes de l’année qui
suit !
On constate une multiplication de festivals dans les régions, dont certains rencontrent des
difficultés voire des annulations. Ressentez-vous un risque de saturation dans le contexte
économique actuel ?
Comme déjà mentionné, les subventions publiques sont quasi nulles. Cette
année a été très difficile, et ce sera pire demain ! Entre festivals du
coin, on essaie de s’entraider, se concerter afin de ne pas se marcher sur les pieds (en termes de
programmation). Il se crée autant de festivals que de festivals qui mettent la clé sous la
porte (et cela n’arrive pas qu’aux plus petits !) . Nous avons la chance de tenir bon pour
le moment, mais sommes assez craintifs pour l’avenir, il faut bien l’avouer.
Comment envisagez-vous l’évolution du Festival dans les prochaines années ?
Nous organisons chaque année depuis trois ans maintenant une soirée concert, qui
s’appelle le We Rock UP dans la ville voisine, à Lunel, dans une vraie salle de concert
bien équipée (c’est moins fatiguant niveau orga), c’est histoire
d’éviter d’attendre (et de faire attendre) un an avant de remettre le pied à
l’étrier. Le prochain devrait avoir lieu au mois d’avril, mais nous communiquerons
bien évidemment sous peu.
Merci encore pour ta disponibilité. On vous laisse le mot de la fin pour conclure cette
interview.
Merci à toi de cette proposition, ça fait déjà presque un mois que le
Just’N’Fest est passé et on a l'impression que c’était hier. Tempus
fugit !
Le mot de la fin? U Rock !
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