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Interview Noémie et Adrien D. (par mail)
Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter ainsi que le groupe ?Noémie Marie (chanteuse, parolière) : Hello, je suis Noémie Marie, la chanteuse et parolière de Hartlight, qui comprend également notre compositeur, chanteur, arrangeur, mixeur, faiseur de cafés et mari Adrien Djouadou, notre guitariste et growleur Adrien Guingal, et notre fidèle batteur Guillaume Remih ! Hartlight est un groupe de métal progressif symphonique, suisse par mes origines et français par celles des autres membres et amis. Nous parlons d’ésotérisme, d’alchimie et de quête de soi dans nos deux premiers albums, « As Above, So Below » et maintenant « The Triumph of Metal ». Comment est née l’histoire d’Hartlight, de son nom à son style ?Noémie Marie : Adrien et moi voulions créer notre propre projet et exprimer nos idées et émotions sur la transformation de soi, la magie et la beauté de la nature. Hartlight est un mot composé de Hart, qui signifie le cerf en anglais mais surtout un symbole de la matière première en alchimie, destinée à devenir la pierre philosophale, la pierre de connaissance et de sagesse. Light est la lumière qui descend dans la pierre encore matière première ; nos pensées, notre âme, notre cœur, notre corps, qui nous font évoluer et qui transforment cette pierre commune ! Nous avons commencé par un hommage à l’œuvre puissante et poignante de Miura Kentaro, « Berserk », dans un style très power metal. Nous n’étions que deux et il s’agissait d’un projet studio. Mais enfin, en 2024, nous avons déménagé de la Suisse à la France, et former un groupe devenait enfin possible. Pendant la période de Yule, nous sommes retombés sur cette phrase « As Above, So Below » qui résonnait beaucoup avec nos pratiques alchimiques (phrase complète issue de la Table d’Émeraude), et nous nous sommes mis en huis clos pendant trois semaines pour écrire, composer et enregistrer notre premier album du même titre. Son caractère est intimiste, hermétique, et nous emmène plus fortement vers le symphonique teinté de gothisme que notre premier EP. Nous avons demandé à nos amis Adrien Guingal et Guillaume Remih de se joindre à nous, et pour notre plus grand bonheur, ils ont accepté. Nous avons fait nos premiers concerts, où le public nous a tellement donné, c’était magique. A suivi alors le deuxième album « The Triumph of Metal », qui fait référence au « Char Triomphal de l’Antimoine », un traité alchimique de Basile Valentin, et, en soi, à la Pierre philosophale. Ce titre est aussi un hommage à l’histoire du métal avec un clin d’œil à des groupes culte comme Manowar. Dans cet album, nous approfondissons les thématiques de la transformation personnelle dans une atmosphère encore plus symphonique et magistrale. C’était, comme pour toutes nos œuvres, une nécessité de créer, de transmettre ce que nous croyons être, dans une certaine mesure, éternel. Qui a créé le groupe ? Vous vous connaissiez avant ?Noémie Marie : Pour compléter la réponse précédente, les deux Adrien sont des amis d’enfance et des compagnons de musique depuis presque autant de temps. On pouvait les retrouver dans « Frost » et « Nobelium ». Adrien Djouadou et moi nous sommes rencontrés lors de nos études musicales en Suisse, et ce fut le coup de foudre — et le début de Hartlight. Guillaume Remih est une heureuse rencontre ! Lors d’un ancien projet, Adrien D. cherchait désespérément un bon batteur qui aime le symphonique, et en tapant tout simplement « batteur de métal » sur YouTube, il est tombé sur la chaîne de notre cher Guillaume ! Nous nous sommes appréciés comme si nous nous connaissions depuis toujours : des valeurs communes, un feeling naturel, fans des Souls-like, mais, surtout, c’est un grand amateur de cuisine ! Qui compose et comment se créent les morceaux ?Noémie Marie : Adrien Djouadou compose et arrange les morceaux, pour notre plus grande reconnaissance. Dans « The Triumph of Metal », cependant, le riff de « Mind’s Arboretum » est d’Adrien Guingal, et à l’avenir, nous allons plus participer. Notre compositeur est très ouvert aux propositions et aux goûts musicaux de chacun et chacune, nous n’avions juste pas saisi jusque-là cette opportunité. J’écris les textes puis les donne à Adrien D., qui s’en inspire pour composer ; puis, enrichie de sa vision, je les interprète à ma manière. C’est vraiment un beau travail de co-création. Avant de parler de ce nouvel album The Triumph Of Metal, une question plus personnelle à Noémie et Adrien : est-ce facile de travailler ensemble quand on est un couple à la ville (bien que cela arrive dans d’autres groupes) ?Noémie Marie : Pour ma part, c’est un réel bonheur de travailler ensemble, et lorsque des divergences d’opinions surgissent, nous essayons vraiment d’en tirer la meilleure solution et de tirer parti de deux têtes. Nous respectons infiniment le travail l’un de l’autre, et notre œuvre se complète dans un espace où nous nous sentons à notre place, reconnaissants l’un envers l’autre. Adrien D. (Musique, Guitare) : Travailler avec Noémie est quelque chose d’absolument génial pour moi. Ses textes sont très inspirants et la musique me vient à chaque fois instantanément lorsque j’en lis un, si bien que lorsqu’elle a finit un texte, j’attends toujours d’avoir quelques heures devant moi sous peine de ne pas pouvoir tout de suite mettre en forme la musique qui va me venir dans la tête. Ensuite, c’est absolument génial de pouvoir imaginer et composer des lignes vocales pour une telle chanteuse. Je sais à chaque fois qu’elle n’aura aucun problème à chanter tout ce que j’ai imaginé. Enfin, humainement, on est tellement complices que, comme Noémie l’a dit, chaque différent nous amènera plus loin, vers un meilleur résultat. Quels sont les groupes qui vous inspirent ? Et quelles ont été les inspirations de ce nouvel album ?Adrien D. : Honnêtement, ma façon de composer va puiser dans mon inconscient plus que dans des références claires. Vu que je compose de façon intuitive, c’est toute la musique que j’ai écoutée jusque là qui est mon inspiration directe. Cela comprend les groupes que j’ai beaucoup écoutés à l’adolescence tels que Iron Maiden, Dream Theater, Dir En Grey, Dio, Manowar, Leprous, Nightwish ou encore Malmsteen mais aussi toute la musique que je rencontre dans mon travail (chanteur d’opéra) avec des compositeurs tels que Verdi, Mozart, Bach, Puccini ou encore Debussy comme on peut l’entendre dans « A Song of Blood and Steel » qui contient une citation directe de ce grand compositeur Français. The Triumph Of Metal est votre second album (après As Above So Below qui avait marqué les esprits sur notre webzine), parlez-nous de sa genèse, sa construction ?Noémie Marie : Merci beaucoup ! Ça nous fait tellement plaisir de recevoir vos retours ! La création de « The Triumph of Metal » s’est vraiment enchaînée après le premier album. Il y avait une nécessité de nous exprimer, de dire plus, et nous étions si enthousiastes de ce premier album, de l’avoir entre les mains, de recevoir de la reconnaissance des métalleux et métalleuses… Nous l’avons écrit petit à petit, au fil des mois, contrairement au premier, et donc l’inspiration nous est venue de nombreux endroits de notre vie — que ce soit des films, des jeux vidéo, ou simplement notre expérience. Et, comme pour le premier, cela s’est tissé avec mes expériences alchimiques et ésotériques pour en faire une poésie incarnée et sincère. Nous voulions développer le côté orchestral, symphonique, mais aussi oser pousser le côté progressif avec « The City of Tears » et « A Song of Blood and Steel ». Dans ce dernier morceau, nous voulions raconter une histoire, peindre un paysage, et honorer notre amour fasciné pour le Japon. Les morceaux sont beaucoup plus longs, plus complexes, pourquoi ce choix ?Adrien D. : Ce n’est pas vraiment un choix. Une fois que Adrien G. et Guillaume Remih m’ont fait part de leur désir d’aller un peu plus dans la direction instrumentale de morceaux plus modernes et progressifs comme « All Life Begins in the Dark », cette information est restée active dans mon cerveau. Ensuite, les morceaux se sont composés d’eux même à la lecture des textes avec ce paramètre en plus. Pour être un peu plus clair, quand je lis un texte de Noémie, j’ai tout de suite de la musique qui m’arrive dans la tête sous sa forme quasi finale. Je vais donc tout de suite à mon ordinateur pour écrire ce qui me vient. Au bout de la journée j’ai, en général, une version démo quasi finie du titre en question. Ensuite je retravaille les orchestrations si elles ne sont pas tout à fait comme je les voulais puis, tout le monde enregistre ses parties. Si par malheur de la musique me venait alors que je n’ai pas mon ordinateur sous la main, alors j’enregistre à la voix les riffs et mélodies dans l’ordre sur le dictaphone de mon téléphone. Cela suffit à ramener à ma mémoire ce qui m’est venu à ce moment là. Par rapport à As Above So Below, autoproduit, vous êtes maintenant signé chez KvltUndKaos. Qu’est-ce que cela a changé pour le groupe ?Noémie Marie : En réalité, « The Triumph of Metal » est aussi autoproduit. Notre deal avec KvltundKaos est qu’ils peuvent en vendre aussi de leur côté et nous reverser un pourcentage, et nous avons accès à un choix de vêtements en plus que nous ne pourrions pas produire nous-mêmes. Mais nous continuons de tout faire, multi-casquettes, de graphistes à producteurs. Une tournée est-elle prévue pour défendre cet album ? Avez-vous des dates à nous donner ?Noémie Marie : Nous avons commencé l’année avec trois super dates avec nos amis de Oïkoumen à Paris, Lille et Reims, et nous sommes fiers et fières d’annoncer que nous ferons l’ouverture de Fractal Universe le 11 avril au Gueulard Plus de Nilvange ! Nous jouerons aussi avec Deep Sun le 28 Juin au Manoir à Saint-Maurice en Suisse. D’autres dates sont prévues mais seront annoncées plus tard pour être sûrs qu’il n’y ait pas de changement. Si on vous propose d’ouvrir pour un groupe, ce serait lequel ?Noémie Marie : Franchement, on serait heureux•ses de jouer avec tellement de groupes. Qui veut de Hartlight ? Adrien D. : Personnellement, mon petit rêve serait d’ouvrir pour des groupes comme Dream Theater, Nightwish ou Iron Maiden, des groupes qui ont bercé mon adolescence. Certains titres sont marqués par une orchestration de cordes, un concert symphonique serait-il envisageable ? Un rêve ?Noémie Marie : Oh oui ! C’est un rêve, assurément ! Pour l’instant, rien de concret, mais nous restons ouverts aux opportunités. Adrien D. : Nous avons eu une opportunité pour cela, mais pour diverses raisons, ça n’a pas pu se faire pour l’instant. Mais c’est assurément quelque chose que nous ferons le jour où ce sera possible. Quels sont les projets futurs pour Hartlight ?Noémie Marie : Nous travaillons déjà sur un troisième album qui sera, je peux le dire, une histoire ! On va laisser le temps à « The Triumph of Metal » de vivre avant de dévoiler ce nouveau chapitre. Adrien D. : En fait, le troisième album est composé à 80%...mais comme le dit Noémie, nous laissons le temps de vivre à « The Triumph of Metal ». Même si nous sommes contraints de suivre le mode de consommation moderne de la musique dans une certaine mesure, nous essayons de trouver une balance avec ce qui nous semble juste pour la musique elle-même. Allez, pour nos lecteurs, vous pouvez nous annoncer une exclu (date de concert, projet futur…) ?Noémie Marie : L’histoire du troisième album sera une épopée fantastique, dans un écrin symphonique grandiloquent ! Adrien D. : Et nous comptons travailler sur l’univers de ce troisième album, peut-être pour des projets hors musique, mais cela reste à voir ! Je vous remercie et je vous laisse le mot de la fin pour les lecteurs d’Auxportesdumetal.comAdrien D. : Merci beaucoup pour cette interview et merci à vos lecteurs et à toutes les personnes qui soutiennent le métal indépendant ! Noémie Marie : Merci beaucoup Kevin d’avoir écouté l’album, d’avoir pris le temps pour cette interview, et merci aux lecteurs et lectrices d’Aux Portes du Metal d’être arrivé•es jusque-là ! À bientôt sur scène !
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