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Interview Ludwig
Salut ! Peux-tu présenter le groupe pour nos lecteurs ?Ludwig : Hello ! Computers Kill People est un projet ancien en ce qui me concerne, qui existe sous différentes formes depuis 2006, mais qui s’est réellement structuré début 2012. C’est le moment où le projet a commencé à s’articuler autour de sonorités plus lourdes et des riffs plus groovy. on se définit un peu facilement dans le genre Stoner Rock pour notre goût des des riffs groovys, mais on s’élargit volontiers vers le rock alternatif en général jusqu’à l’indus, avec des influences qui vont de Foo Fighters à Nine Inch Nails en passant par Queens Of The Stone Age et le Pixies. Le line-up du groupe a évolué depuis votre dernier EP, est ce que ces changements ont eu une incidence sur la manière de composer ou avez-vous procédé de la même manière avec les nouveaux membres du groupe ?Ludwig : L’évolution du line up s’est faite progressivement, en parallèle de l’évolution dans l’écriture en général. Cinq ans se sont écoulés depuis le précédent EP, lors desquels l’envie d’une écriture plus collective se faisait déjà sentir. Karin était déjà avec nous présente à la sortie de Destruction Derby, mais son arrivée a sans aucun doute été ce qui a vraiment accéléré de façon significative ce mouvement là. Vous avez trois voix dans le groupe qui sont utilisés au chant selon les titres de l’album, comment choisissez-vous qui doit chanter sur quel titre ?Ludwig : C’est vraiment au feeling, en fonction des envies et des “zones de confort” de chacun. On a la chance d’être trois chanteurs assez complémentaires, ça rend la plupart du temps le choix des répartitions des voix assez évident. Dix ans séparent vos deux albums, si tu te retournes sur cette décennie, quelle chose tu changerais pour le groupe et quelle chose tu aimerais faire avec le groupe dans les dix années à venir ?Ludwig : Je pense que si je pouvais revenir en arrière et changer une chose, ce serait de lutter un peu plus contre mon égo et mes insécurités de songwriter pour rechercher de manière plus active à écrire en collaboration avec l’ensemble du groupe. Sans hésitation, c’est vraiment ce qui nous a permis de franchir un gros cap. Ça a demandé un petit travail sur moi-même au départ pour l’accepter, mais ça a été une révélation quand j’ai réalisé ce que ça nous apportait. Pour les années à venir, pour parler très honnêtement, je ne demande rien de mieux que d’approfondir ce qu’on a amorcé sur cet album, avec les mêmes personnes. Le confort et le plaisir d’écrire et de composer avec des gens en lesquels tu as une totale confiance, la sérénité de savoir que quoi qu’il arrive sur scène, on pourra reposer les uns sur les autres, c’est une force immense. La route a été assez irrégulière ces dernières années pour mille raisons, mais le groupe a su rester solide et c’est un truc unique à préserver ! Vos morceaux ont certes une ligne directive stoner rock mais ils sont très variés et passent du stoner au rock bluesy, du grunge à l’indie rock. Est-ce que ces différents courants musicaux reflètent vos différents goûts musicaux à tous les quatre ?Ludwig : Je pense que cet album, c’est vraiment une bonne synthèse de nous quatre. Globalement, tous les genres que tu cites sont ceux auxquels on a été biberonnés, nous qui avons été ados dans les années 90 et 2000. On a l’impression d’être arrivés à un stade où on a pu assimiler ces références pour arriver à quelque chose qui nous est propre. Et quels sont vos derniers coups de cœurs musicaux ?Ludwig : Perso, j’ai découvert SPRINTS récemment. Leur premier album est en rotation régulière chez moi. Le second est sorti ces derniers jours, je n’ai pas encore pris le temps de l’écouter très attentivement, mais ça a l’air vraiment excellent aussi ! J’ai aussi un petit faible pour Durry, dans un registre plus alt rock. Et je ne me suis pas encore tout à fait remis du dernier Fontaines D.C, pour être entièrement honnête. She Said est un très beau morceaux mélancolique, les deux chants apportent une belle touche d’émotion également, qui a eu l’idée de ce morceau ?Ludwig : She Said est un des morceaux écrits le plus récemment. C’est aussi un de ceux qui s’est mis en place le plus vite. Je suis arrivé, cette fois-ci, avec quelque chose de plutôt structuré, mais pas du tout finalisé. A partir de là, tout s’est mis en place de manière assez rapide et naturelle. Les voix, les arrangements, le texte, … Généralement, je pars d’une idée de titre et je développe autour. Là c’est vraiment le morceau qui a dicté le texte. J’entendais ce “She said” sur le refrain en le jouant ; c’est ce qui nous a conduit sur le thème assez sombre de la chanson, en opposition assez frontale avec sa ligne musicale plutôt lumineuse par rapport au reste de l’album. Au niveau du chant, on a eu envie aussi de profiter de la palette de voix qu’on pouvait couvrir tous les trois. Yome avec les pré-refrains screamés, Karin a apporté des accents très mélancoliques qui étaient indispensables au morceau. Pour ma part, je ne me voyais pas vraiment utiliser mon chant habituel, j’avais envie d’explorer un registre plus pincé, un peu à l’image de groupes comme Tripping Daisies ou Our Lady Peace, des références un peu obscures aujourd’hui, mais qui étaient marquantes en leur temps. J’avoue être particulièrement satisfait du résultat. Une vraie belle place est laissée à la basse sur cet album, je pense notamment à l’ouverture du 1er titre de l’album Sunset Kiss et aussi à Good Guy With A Gun notamment, c’est le style stoner rock qui veut ça ou tout simplement les compos qui font ressortir cet instrument ?Ludwig : Je pense qu’on a tendance à laisser spontanément une place prépondérante à la basse dans le groupe. On est tous les quatre bassistes par ailleurs et on a développé un lien très intime avec cet instrument. Personnellement, je me définis souvent volontiers comme un bassiste qui joue de la guitare que l’inverse, même si j’ai mis pas mal de temps à l’accepter, ayant commencé par la guitare. La basse, c’est ce qui fait le lien, à la fois entre tous les instruments, mais aussi entre le groupe et l’auditeur à un niveau physique. c’est ce qui fait que tu ressens la musique. C’est l’instrument humain par excellence et on a toujours voulu le mettre en avant. La différence, c’est que cette fois, la prod de Etienne Sarthou nous a permis de réaliser ça à un niveau qu’on avait encore jamais pu atteindre en auto-prod ! Puis on a la chance d’avoir Karin, qui est une bassiste authentiquement rock, qui comprend parfaitement la musique qu’on fait et qui lui donne authentiquement vie. Je peux affirmer à 100% que cet album serait très différent sans elle ! J’avais commenté votre story Facebook annonçant les précommandes en vous demandant si une sortie vinyle était prévue, vous m’avez répondu que ce n’était pas prévu pour le moment mais que vous aviez un master vinyle de prêt. Dites moi que cela a changé depuis et qu’une sortie vinyle est prévue ?Ludwig : Malheureusement, la logistique et les contraintes liées à la production de vinyles sont sans commune mesure avec le digital, ou même le CD. (les délais, les tarifs, les tirages, …) On a eu une expérience pas ouf avec notre précédent album, dont 300 des 500 exemplaires hantent encore ma cave. On a fait le choix délibéré de se concentrer sur le CD dans un premier temps, mais évidemment, ce master Vinyle me fait de l’œil régulièrement et l’envie de le faire est vraiment là. Il est possible qu’en 2026, on se penche sur la question pour gérer les problèmes spécifiques à ce support et qu’on fasse au moins un petit pressage. Le morceau The End que j’adore me fait penser à Foo Fighters, c’est un groupe que vous aimez ?Ludwig : Les Foo Fighters font absolument partie de nos plus grosses influences, bien vu ! Curieusement, ce n’était peut être pas sur the End que c’était le plus l’intention, mais ce groupe fait totalement partie de notre ADN et on n’anticipe pas toujours la façon dont les influences vont se faire ressentir dans les morceaux ! Vous proposez sur cet excellent album la reprise énergique et très bien appropriée par votre excellent interprétation des Red Hot Chili Peppers « Give It Away ». C’est un exercice qui vous plaît ? Vous en avez d’autres en vue ?Ludwig : Dans le cas des Red Hots, c’était une sorte de défi qu’on s’était lancé à un moment où on était dans un petit creux d’activité. On avait envie de s’approprier un morceau autant que possible sans le dénaturer. L’idée d’essayer Give It Away vient de Yome. On a fait quelques essais et l’idée nous a semblé marcher, c’est comme ça que le titre a fini par se trouver sur l’album. Plus globalement, on aime bien se laisser aller à la cover de temps en temps. On en avait déjà mise une de Love Me Two Times des Doors sur le précédent album. Dernièrement, on travaille sur une reprise d’un titre emblématique de Nine Inch Nails, plutôt pour la scène a priori. On en fait régulièrement, c’est toujours un exercice enrichissant. Vous avez également sorti sur YouTube deux titres acoustiques extrait d’une session anniversaire de votre premier album. Est-ce que ce cadeau est amené à se développer et pourquoi pas voir une session acoustique avec le groupe en entier ?Ludwig : Dans ce cas précis, c’était vraiment un one timer. il s’agissait vraiment de se retrouver à deux pour célébrer des morceaux de cette époque. Comme il ne restait que Yome et moi du line up d’alors, le choix de le faire juste ensemble, dans un cadre un peu plus intimiste nous a paru naturel. Ceci dit, je ne ferme pas la porte à des choses plus élaborées dans le futur. Je vois les sessions acoustiques un peu comme les covers : c’est un moyen d’explorer des perspectives sonores un peu différentes. Ca oblige à repenser le collectif sous un angle différent, ça nous sort de nos zones de confort et c’est toujours positif. Vous faites votre release party chez vous à Paris le 16 Octobre, d’autres dates sont prévues ?A ce stade, on a une date au Supersonic le 27 octobre, puis on se rendra à Boffres, près de Valence pour notre première date dans le Sud de la France le 31 octobre. Nous sommes en train de travailler pour aller à plus d’endroits, on espère pouvoir faire de belles choses en 2026 ! Rassurez-nous, il ne faudra pas attendre dix ans pour le prochain album ? Vous avez gardé des morceaux sous le coude ou avez d’autres compos de prêtes pour l’avenir ?Ludwig : J’avoue qu’on a un peu tout donné sur cet album, mais j’ai commencé à rechercher de nouveaux riffs de mon côté pour préparer l’avenir. On a mis dix ans cette fois-ci à cause des remous de la vie (Le COVID, nos vies de famille, les aléas professionnels, …). La prochaine décennie sera peut être plus prévisible (au moins espérons qu’on se retape pas un nouveau désastre type COVID qui nous a salement coupé les pattes …) . Ce qui est certain en tout cas, c’est que les événements de l’actualité vont probablement rester un terreau d’inspiration fertile. Si vous aviez la possibilité d’organiser votre propre festival, quels seraient les cinq groupes qui vous accompagneraient à l’affiche sur scène ?Ludwig : Si ta question est “quelle serait votre affiche fantasmée”, alors sans trop hésiter, il y aura pour moi Queens Of The Stone Age et Nine Inch Nails, évidemment, Foo Fighters, Pixies et dEUS. Si je devais piocher dans une scène plus émergente et des groupes que j’estime particulièrement, je dirais Paerish, Grandma’s Ashes et Kozoria en groupes locaux qui ne cessent de me retourner, Durry pourquoi pas et puis tiens, Hollywood Porn Stars, qui ont refait quelques dates en Belgique dernièrement et qui sont restés au chaud dans mon petit cœur depuis 20 ans, déjà !
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