Groupe:

Bridge To Hell

Date:

31 Juillet 2025

Interviewer:

philippec

Interview Eric Néré cofondateur

Bonjour Éric, et merci de prendre le temps de répondre aux questions du webzine Aux Portes du Metal. Peux-tu te présenter, puis résumer ton parcours dans le Metal et ce qui t’a attiré vers cette musique ?

Salut, je suis co-président de l’association « La Boite en Metal » qu’on a créée avec JC et une dizaine de fous furieux fidèles depuis maintenant plus de 6 ans

Qu’est-ce qui a motivé la création de la Boite à Metal ?

On était deux groupes de passionnés, un en Ardèche qui avait quitté une orga de festival ne faisant pas assez de Metal à notre goût et un autre dans la Drôme qui se disait que le style n’était pas assez présent dans le secteur. On a réuni les talents et on s’est mis au boulot !

Pourquoi créer un festival dédié au Metal ? Avais tu une passion à partager ou un manque à combler ?

Comme je disais, l’offre dans notre secteur géographique n’était pas vraiment à la hauteur, on devait aller à Lyon ou Grenoble pour voir des festivals et comme on en voulait un chez nous, on s’est dit qu’on allait le faire nous-mêmes !

Comment a été trouvé et choisi le nom Bridge To Hell ?

C’est parti d’une blague. Il y’a une rivalité historique entre la Drôme et l’Ardèche comme c’est souvent le cas entre deux régions proches qui se ressemblent. Donc pour les ardéchois quand on traverse le Rhône on va en enfer et pour les drômois, venir en Ardèche, c’est l’enfer donc, notre festival c’était le pont pour l’enfer…

Comment avez-vous choisi la ville et la salle du festival ?

C’est venu assez naturellement. Au début JC, qui est menuisier, organisait des festivals dans son atelier à Crest (un vrai malade !) et on a continué à organiser des soirées dans son atelier (avec plein d’autres malades…) Et puis, on est allé voir la mairie de Crest et on leur a dit qu’on en avait assez de démonter des machines de plusieurs centaines de kilos pour pouvoir faire jouer des groupes comme Shaarghot et accueillir plus de 200 personnes. Ils ont tout de suite dit oui (eux aussi sont un peu malades…) et nous ont prêté la grande salle de la commune à l’espace Soubeyran.

Quelles sont vos principales sources de soutien financier pour l’événement ?

Nos sources de financements sont en grande parties liées à notre base de soutien de mécènes. Il y a plein de passionnés qui nous suivent, des entreprises dirigées par des fans de Metal et d’autres qui aiment ce que l’on fait par principe et nous suivent, c’est assez incroyable de voir la générosité des gens. Et puis, il y a la mairie, qui en plus de la salle nous facilite la vie avec des prêts et des installations. Sans tout ça, ça ne pourrait pas se faire. Le reste vient de la vente de la billetterie. On arrive à trouver l’équilibre grâce à ça depuis le début.

Selon quels critères avez-vous sélectionné les groupes et artistes de l’affiche ?

Absolument aucun. JC et moi, on discute toute l’année de ce qu’on aime, on parle avec les membres de l’équipe et comme on est des passionnés de Metal, on va voir des concerts un peu partout, on écoute les trucs qui sortent. Après on sélectionne tous les deux. Et comme on n'a pas du tout les mêmes goûts, ça fait un mélange intéressant qui fonctionne jusque-là !

Qui s’occupe de la technique, son et lumière ?

C’est l’équipe SEB de Eurre, près de Crest avec Tanguy à leur tête. Pour nous, son et lumière c’est le plus important dans un festival, c’est pour cela qu’on a pris les meilleurs ! Ils font vraiment un boulot incroyable et chaque année, ça s’améliore avec des propositions de leur part et d’autres de la nôtre. On a aussi « Chez Bulb » des bricoleurs fous qui nous font des lumières de déco pour aider à l’ambiance de la salle avec des supers retours du public.

Combien faut-il de personne avant et pendant pour monter un tel événement ?

Alors pour monter un tel festival, sachant qu’on part d’une salle vide à chaque fois, il faut environ 3 jours de montages à une quinzaine de personnes et environ 2 jours à une trentaine pour démonter. C’est assez lourd mais avec une base de bénévoles dont de nombreux artisans, c’est quasi une organisation professionnelle. Quand il manque un truc, tu as toujours quelqu’un qui va trouver une solution ou fabriquer en direct ce qui manque.

Quels retours avez-vous eu du public et des médias après la dernière édition ?

La 4ème édition a été incroyable, on a gagné plus de 30% de public en une seule année. On n’a pas compris pourquoi, mais là où les autres festivals de la région ont eu des difficultés, nous, on n’a jamais aussi bien progressé ! C’est pour cela qu’on propose une affiche aussi importante pour nous que cette année ! Septicflesh à Crest ou Stoned Jesus et Tagada Jones, on est vraiment heureux, une vraie belle 5ème édition ! Chaque année, le retour du public est génial, on essaie de faire un festival comme on aimerait qu’il soit lorsqu’on va quelque part ailleurs, on tient compte des remarques et on essaie de faire mieux l’année suivante. Les médias nous suivent assez peu mais les professionnels qui viennent nous voir nous disent la même chose que le public. On essaie de faire le mieux qu’on peut en restant proche des envies des gens, la formule a l’air de prendre !

Es-tu satisfait de la fréquentation et avez-vous équilibré le budget ?

Oui c’est ce que je disais, la fréquentation progresse chaque édition. On a plus que doublé le public entre la première et la 4ème édition et on espère que ça va continuer. Oui, le budget est à l’équilibre et l’argent qu’on a gagné à la 4ème édition a été remis pour augmenter l’affiche de cette année. On est plusieurs à avoir organisé des festivals avant et cette expérience nous a bien servi. On ne dépense que l’argent qu’on a en prenant toujours les chiffres a minima de ce qu’on pense et jusque-là, on est toujours tombé juste, donc, on ne doit pas être si mauvais en calcul !

Craignez vous une saturation des festivals face au contexte économique actuel ?

Alors là aucune idée, on voit que le Metal progresse sur notre territoire (en partant de zéro c’était assez facile…) et que le public qu’on a est fidèle. On propose des tarifs le plus bas possibles pour ne pas perdre d’argent et tous les bénéfices sont réinvestis dans les groupes de l’année suivante et dans le décor et l’accueil. La formule marche et on espère qu’elle va continuer à marcher ! Si ça doit s’arrêter, au moins, on aura essayé de faire du mieux qu’on pouvait.

De quels festival Metal vous sentez vous le plus proche et pour quelle raison ?

Alors je pense tout de suite au Plan’R Fest. On n’est pas à la même échelle car eux sont devenus un gros festival. Mais d’entrée, ils nous ont ouvert leurs portes et réciproquement, en nous accueillant chez eux et eux chez nous, c’est notre « famille » festival, des gens vraiment généreux et recommandables.

Quelles perspectives vois-tu pour l’évolution du Bridge To Hell, notamment un passage en plein air ?

Oui, on m’en parle. Je suis un prudent et j’angoisse pour tout, j’essaie de tout maitriser et l’idée de dépendre du temps qu’il va faire… Mais c’est clair que si on grossissait encore, il faudra sérieusement y penser. D’ailleurs, comme disait Auguste Comte, « Prévoir c’est pouvoir » et pour tout t’avouer, on avait déjà prévu d’entrée des lieux pour « grandir » avec espaces dédiés et tout, donc, si un jour…

As-tu de nouveaux projets ou ambitions à annoncer ?

Alors, en mars, on fera la 2ème édition de « La Nuit de Metal » à Valence. Comme pour les concerts à l’atelier, c’est parti d’une discussion dans un bar (là où tout se décide) où les gens du Théâtre de la ville de Valence nous ont proposé de faire un concert de Metal dans un théâtre ancien à l’italienne et l’idée était tellement étrange qu’on a tout de suite dit oui ! Et Ça a tellement bien marché qu’on en fera une deuxième… Le style de Metal proposé est vraiment différent, « adapté » à son lieu.

Merci pour ton temps ; quels seraient tes mots de la fin ?

Monter un festival, voire plusieurs, est un vrai challenge mais c’est vraiment ce qui nous éclate. Venez nous voir et en discuter avec JC ou moi le 12 et 13 septembre à Crest pour le Bridge to Hell 5, on prend toujours le temps d’échanger avec les gens, c’est toujours un plaisir de parler et de boire un verre ensemble, c’est notre passion alors on est toujours content de la partager !

 

 

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