Groupe:

Mercenary

Date:

09 Février 2024

Interviewer:

Blaster + Evanessa

Interview René Pedersen + Jakob Mølbjerg

Enfin, Mercenary est de retour ! Je suis sûr qu'on vous a souvent posé cette question ces derniers temps... mais pourquoi vous a-t-il fallu autant de temps ? Pourquoi dix ans se sont-ils écoulés entre "Through Our Darkest Days" et "Soundtrack For The End Times" ?

Jakob : Pour de nombreuses raisons. Je n'étais pas très motivé lorsque je suis parti en tournée pour promouvoir l'album précédent et je voulais faire une pause et passer du temps avec ma famille. J'ai eu deux enfants, le premier en 2014 et le second en 2017. Et après avoir arrêté les tournées, nous avons pris le temps de nous occuper d'autres projets que nous avions négligés... Je sais que tu as fait beaucoup de choses (en regardant René)...

René : Ouais... j'ai repris mes études. Tu sais, quand tu fais partie d'un groupe, il y a des choses que tu mets de côté, donc nous avions beaucoup de choses à faire, avec nos familles évidemment - j'ai eu un enfant en 2009 et un autre en 2019 - mais aussi d'autres choses qui concernent nos activités professionnelles, nos projets qui n'ont rien à voir avec la musique. Et il y a eu un changement de line-up, tu sais, pour notre batteur. Nous avons continué à composer des morceaux, mais cela a pris du temps parce que nous devions nous occuper de beaucoup d'autres choses.

La paternité transforme un homme, vous le savez et tous autres membres du groupe aussi, il me semble... Est-ce que vous percevez des changements dans votre façon de composer de la musique ou d’écrire des textes en rapport avec cela ?

Jakob : Certaines personnes ont tendance à s'adoucir ou à devenir sentimentales, sur le plan musical, lorsqu'elles ont des enfants... Mais pour moi, c'était le contraire. Lorsque je me suis éloigné de ma famille pour composer des morceaux, je me suis concentré sur la musique. Nous avions fait pas mal d'expériences sur les albums précédents et cette fois, je voulais que notre musique soit plus lente, plus sombre, plus mélancolique... et je pense que c'est comme ça que la majorité des gens perçoivent le nouvel album.

René : Oui, c'est pareil pour moi. Je voulais vraiment explorer ce qui me passionne le plus dans les morceaux composés par Mercenary, aussi bien les morceaux qui datent d’avant mon arrivée au sein du groupe que ceux qui ont été composés à ce moment-là. Il y a des choses que je voulais essayer en ce qui concerne le chant, les nuances, les growls profonds, les chants démoniaques, les parties mélodiques claires... Le fait d'être séparés aussi longtemps et de ne pas partir en tournée nous a permis de trouver la véritable essence de ce que nous voulions faire, de ce qui nous motivait. Tu vois, la chanson "Where Darkened Souls Belong", j'adore ce morceau, on alterne entre des parties sombres et des parties magnifiques, c'est très diversifié et c'est très intéressant à jouer et à chanter. Hier, j'étais fatigué au moment de monter sur scène, mais lorsque nous avons commencé à jouer nos morceaux, je me suis senti transporté parce que j’adore tout ce que nous avons composé. Je pense que nous avons vraiment réussi à associer le meilleur de ce que chacun d'entre nous peut apporter. Mais il a fallu du temps pour y arriver, compte tenu de nos vies personnelles et de tout le reste. Mais cela a fonctionné, nos familles nous soutiennent. J'ai une petite amie formidable qui me facilite la vie, je lui suis très reconnaissant et je suis extrêmement reconnaissant de l'accueil que cet album a reçu depuis sa sortie. Cette expérience a été formidable, vraiment.

En ce moment, vous êtes également en tournée avec Hatesphere... Comment se passe-t-elle jusqu'à présent ?

Jakob : C'est génial ! Nous étions un peu anxieux parce que les préventes étaient très basses, mais tous les professionnels du secteur nous ont dit que les préventes étaient basses pour tous les évènements en ce moment. Peut-être qu'après la période de confinement, les gens n'ont plus tellement envie d'acheter des places... De plus, il y a beaucoup de tournées, donc beaucoup de concurrence. Nous sommes de retour dans un nouveau contexte. Mais les résultats ont été bien meilleurs que ce que nous espérions. Le public a répondu présent, nous avons retrouvé des fans de longue date que nous n'avions pas vus depuis longtemps, au moins dix ou quinze ans, nous avons vendu du merch lors de nos différentes dates et tous les concerts ont été formidables jusqu'à présent.

René : Je me suis senti ému à plusieurs reprises sur scène parce que les gens chantent vraiment avec moi, ils participent vraiment… ils chantent même les nouvelles chansons qui ont été composées récemment, ils connaissent déjà les paroles... On voit vraiment qu'ils s'amusent. Certains fans nous ont raconté comment notre musique les avait aidés à traverser des périodes difficiles. Et je suis heureux que nous ayons pu les aider, tu sais... c'est bouleversant quand les gens viennent nous voir pour nous dire à quel point notre musique compte pour eux. Je suis vraiment très heureux que nous ayons pu partir en tournée après tout ce temps, que le public ait répondu présent et que nous ayons pu partager tout cela... C'est ce qui compte le plus !

Qu'est-ce que cela fait de repartir en tournée après une si longue période d'inactivité ? Je pense que vous n'aviez jamais passé autant de temps sans vous produire sur scène au cours de votre carrière... Avez-vous éprouvé une certaine appréhension ?

Jakob : D'une certaine manière, les choses se sont faites naturellement parce que nous n'avons pas totalement interrompu nos activités pendant dix ans... En 2015, nous sommes allés au Japon et nous y avons donné quelques concerts. Nous avons également fait d'autres choses, nous avons participé à quelques festivals ici et là. Juste avant le confinement, nous avions enfin trouvé un nouveau batteur génial, Martin, qui habitait dans la même ville que nous. Cela nous a vraiment motivés, nous avons donné des concerts mémorables, nous avons enregistré un clip pour le premier single "From The Ashes of the Fallen"... une semaine avant le confinement ! Nous avions hâte de repartir... mais nous ne savions pas vraiment comment cette tournée allait se dérouler...

René : Oui, c’était compliqué pour moi en tant que chanteur, le manque de sommeil, le manque de temps libre, les trajets... Nous effectuons la plupart des tâches nous-mêmes pour éviter de nous déplacer avec une grande équipe, cela nous permet de réduire les dépenses. À ce stade, cela nous paraît logique de faire beaucoup de choses nous-mêmes et cela fonctionne très bien, mais cela nous empêche de nous détendre, nous poser tranquillement, boire une tasse de thé et prendre soin de nous. Ma voix est très sollicitée lorsqu’on donne beaucoup de concerts, lorsque je chante tous les soirs, lorsque j’utilise une voix saturée, des screams, une voix aigue, une voix grave, puis lorsqu’on quitte la scène pour aller discuter avec les fans… tout cela affecte mes capacités vocales. J'évite donc de consommer de l'alcool, par exemple. Je sais que si je veux faire les choses correctement, je dois vraiment prendre soin de moi. Nous devons donner le meilleur de nous-mêmes à tous nos fans. Nous ne pouvons pas nous permettre d’être mauvais ici ce soir et de donner un super concert à Hambourg par la suite !

Jakob : Oui, nous faisons pratiquement tout nous-mêmes pendant cette tournée, mais c'est très gratifiant. Nous vendons notre propre merch, nous nous occupons de tout nous-mêmes, mais cela nous permet de faire des économies et donc de pouvoir réellement partir en tournée...

René : Pour moi, la véritable récompense c'est de pouvoir rencontrer des gens et de parler aux fans. En fait, il y a 50% d'envie de donner des concerts et 50% d'envie de rencontrer des gens qui s'intéressent vraiment à la musique. C'est formidable de pouvoir établir un lien avec quelqu'un que nous ne connaissons pas vraiment, mais qui est passionné par la musique, tout comme nous le sommes... Ce n'est pas la même chose quand on est à la maison et qu'on regarde sur notre ordinateur pour voir le nombre de streams enregistrés et qu'on se dit " Oh, cool, ce morceau a du succès "... tu vois, ça n'apporte rien et ça ne donne pas envie de composer d’autres morceaux, mais quand on rencontre des gens, on ressent quelque chose de formidable, c’est indescriptible !

Quelques mots au sujet de "Soundtrack For The End Times" : à votre avis, quelles sont les différences entre cet album et ceux qui l'ont précédé ?

René : Pour moi, cet album se caractérise surtout par ses nuances. Il met vraiment en valeur l’aspect sombre de notre musique grâce aux harmonies puissantes, aux lignes de chant très marquées... Cela ne veut pas dire que ces nuances n’étaient pas présentes sur l'album précédent mais j’ai l’impression que nous avons obtenu un meilleur résultat sur le nouvel album. De plus, nous nous sommes beaucoup inspirés des anciens opus de Mercenary, comme "Everblack", par exemple. J'adorais cet album avant de rejoindre le groupe. La voix death, les screams... J’ai été conquis par ces éléments en grande partie et ils ont fini par disparaître au fil du temps... Sur le plan vocal, je voulais retrouver ce qui m'avait fait aimer Mercenary en premier lieu. Et je savais que je pouvais proposer des choses plus intéressantes que celles que j’ai proposées pour les autres albums... Je voulais que mon chant soit plus varié et plus expressif. Et je pense que j’ai réussi à atteindre mon objectif sur ce nouvel album.

Jakob : René voulait explorer de nouvelles possibilités, mais je tenais à composer un album plus cohérent sur le plan musical. Auparavant, nous suivions parfois des directions différentes et cela donnait un album où les chansons se complétaient les unes les autres... c'est aussi un peu le cas sur le nouvel album, mais j'ai l'impression qu'il est un peu plus cohérent dans l'ensemble.

Vous avez demandé à Matt Heafy de Trivium de chanter sur un de vos nouveaux morceaux, "Heart of the Numb". Comment cette collaboration a-t-elle vu le jour ?

Jakob : C'est une histoire qui dure depuis presque vingt ans ! Nous avons rencontré Trivium dans les coulisses du Dynamo Open Air Festival en 2005. Nous voulions les saluer et Matt Heafy est venu nous dire " Hey Mercenary, j'ai écouté vos albums, ils sont géniaux... ", nous étions vraiment surpris ! Plus tard, quand nous avons effectué un grand changement de line-up, en 2011, j'ai lu dans la presse que Matt avait cité Mercenary parmi les groupes qu'il apprécie particulièrement. Je savais que certaines personnes étaient un peu sceptiques à propos de notre groupe avec les changements et tout le reste, alors je me suis dit qu’il serait intéressant de le contacter... J'ai vu que Matt avait un compte Twitter. Je lui ai envoyé un message et il m'a répondu en me disant qu'il aimerait bien écouter le nouvel album. Il l'a donc écouté et il a rédigé une chronique de l'album en quelque sorte, puis il l’a partagée sur les réseaux sociaux. Je pense qu'il nous a permis de rallier de nouveaux fans en faisant cela. C'était super cool. Nous sommes donc restés en contact. Pendant qu'on préparait notre dernier album, je lui ai demandé s'il serait intéressé par une collaboration en tant qu'invité sur une chanson... c'était en 2022, mais il n'a pas eu le temps de le faire parce que Trivium était sur le point d'assurer la première partie de la tournée d'Iron Maiden. Il a donc dit : " Je ne peux pas, je suis désolé, je suis trop occupé à préparer cette tournée et à faire toutes sortes de choses ". En fait, nous avons terminé notre album un peu trop tardivement, c'était la première fois que notre guitariste Martin produisait un de nos albums... il a fait un excellent travail mais cela a pris beaucoup de temps car c'est un perfectionniste. Si nous avions terminé plus tôt, nous aurions pu faire quelque chose avec Matt, cela nous a donné l'impression d'avoir raté une opportunité. Mais quelques mois plus tard, Matt nous a envoyé un email pour nous demander s'il était encore possible d'organiser quelque chose, il a dit "Ce lundi, j'ai un jour de congé et je fais du streaming sur Twitch, donc je peux enregistrer des parties chant". Nous avions pris beaucoup de retard et nous étions sur le point de mixer l'album deux semaines plus tard... voilà comment ça s'est passé.

René : J'avais déjà enregistré toutes les parties de chant du morceau parce que nous pensions que ça ne se ferait pas. Mais Matt est vraiment un type formidable... Nous lui avons envoyé la chanson, il n'avait pas vraiment eu le temps de l'écouter avant, il l’a donc écoutée pendant son stream sur Twitch, tout en essayant d’identifier les notes et d’imaginer le style de chant qu’il allait proposer... et il a enregistré ses parties en direct, devant son public !

Jakob : Je pense que vous pouvez encore trouver ce stream sur Twitch si vous le cherchez...

René : Oui, cela démontre à quel point il est professionnel. Il est capable de se lancer, de faire ce qu'il a à faire et de fournir une excellente prestation. Sa voix est différente de la mienne et elle apporte vraiment quelque chose de plus au morceau. Nous lui sommes très reconnaissants de sa collaboration, de son amitié et de son soutien. C'est vraiment un mec génial ! Je dois vous laisser, j'ai encore des choses à faire avant le concert, mais je te laisse entre de bonnes mains (rires). On se retrouve dans la salle !

La pochette de votre album me paraît très originale, voire même insolite... Peux-tu nous en dire plus à ce sujet ?

Jakob : Eh bien, nous n'avons pas d’idée vraiment définie à ce sujet lorsque nous préparons un album. Nous présentons quelques titres de chansons aux artistes et nous leur proposons des concepts qui restent assez vagues puis nous attendons qu'ils nous fassent part de leurs idées. Nous avons toujours procédé de manière assez intuitive. Je pense que c'est peut-être dû au fait que notre musique, de mon point de vue, ne véhicule pas vraiment de messages ou d'histoires spécifiques... Elle évoque plutôt des paysages, des associations d’idées, des atmosphères ... quelque chose dans lequel on peut se projeter. De plus, nous ne sommes pas très doués pour les concepts visuels ou esthétiques, alors nous laissons d'autres personnes se charger du travail conceptuel, ha ha ! Cette fois, c'est Niklas Sundin qui a réalisé les illustrations. Il a également conçu les pochettes de "11 Dreams" et "Architect of Lies". Nous lui avons indiqué le titre de l'album et nous lui avons demandé de nous proposer des illustrations... Il nous a envoyé cinq esquisses différentes, je crois. Ce visage figurait sur l'un des croquis. Nous avons trouvé que cette illustration était vraiment belle et même onirique en quelque sorte... Nous avons donc passé beaucoup de temps à échanger avec lui pour élaborer la pochette. Nous lui avons demandé de faire pivoter le dessin, nous avons fait quelques ajustements, nous avons ajouté des éléments, des perspectives, nous avons modifié l'arrière-plan, les couleurs et ainsi de suite... Pour finir, nous avons trouvé ce fond rouge et nous nous sommes dit : " Ça y est ! Nous avons atteint l’équilibre parfait. " D'une certaine manière, je pense que ce visage peut représenter la personne qui écoute la bande son de la fin des temps. Mais il peut également représenter les personnes qui apprécient la musique, qu'il s'agisse de notre musique ou de n'importe quelle autre musique, les personnes qui établissent un lien grâce à la musique, un lien avec l'humanité à une époque où le monde évolue rapidement, de manière imprévisible... et pas nécessairement de manière positive. Le titre de l'album ne fait donc pas référence au Jugement dernier, à l'Apocalypse ou à la fin du monde au sens littéral.

Votre musique dégage toujours beaucoup de puissance, de noirceur, de lourdeur... mais les mélodies sont plus accrocheuses que jamais. Et le clavier occupe toujours une place importante... Avez-vous envisagé de recruter un claviériste à l'avenir ?

Jakob : Non, pas vraiment. En fait, cette fois-ci, nous étions ravis d’enregistrer les parties clavier nous-mêmes. Auparavant, nous avons eu des différends avec notre claviériste, puis nous avons fait appel à un claviériste invité sur deux albums. Cela a fonctionné dans une certaine mesure, mais j’ai ressenti une certaine frustration parce nous avons parfois eu l'impression de ne pas être totalement nous-mêmes, même si cette solution nous a permis d’explorer des pistes intéressantes. ... Nous avons donc décidé que Martin et moi allions nous occuper des parties clavier pour notre nouvel album. Martin avait déjà joué du clavier auparavant et il a une bonne technique. En ce qui me concerne, je n’avais jamais joué de cet instrument et je procède de manière plus intuitive. ... Cela a donc nécessité plus de temps cette fois-ci, mais j'ai vraiment apprécié cette expérience, c'était très gratifiant de nous occuper de ces parties nous-mêmes.

Je sais que tu étais un grand fan de Nevermore et je me souviens vous avoir vu avec eux deux fois avant que le groupe ne se sépare. Je me demandais si le décès de Warrel Dane t'avait beaucoup affecté à l’époque et si oui, de quelle manière ?

Jakob : C'était vraiment très triste. Évidemment, ce n'est pas comme si j'avais noué une véritable amitié avec Warrel. Il était très réservé et il s'isolait fréquemment lors des deux tournées que nous avons effectuées ensemble. Mais je me souviens d'un Noël où il m'a contacté sur Facebook pour me souhaiter, ainsi qu'à ma famille, de joyeuses fêtes. C'était très gentil de sa part, il n’était pas obligé de le faire, nous ne nous étions pas parlé depuis un certain temps... Et pourtant, il ne nous a pas oubliés. C'était très sympa. Alors, bien sûr, j'ai été bouleversé par son décès, mais je n'ai pas été très surpris. Il était diabétique et il avait des problèmes avec l'alcool qu'il ne parvenait pas à régler... cette situation laissait penser que tout cela allait mal se terminer. Je me souviens qu’il y avait beaucoup de tensions lors de la dernière tournée que nous avons effectuée ensemble et j'ai assisté au dernier concert de cette tournée aux Pays-Bas en me disant que c'était probablement le dernier concert de Nevermore. C'était vraiment triste. Et bien sûr, c'est une immense perte, c'était un artiste vraiment formidable. Il était unique en son genre.

Quels sont vos projets pour les mois à venir ?

Jakob : Nous voulons essayer de voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas... Nous pensions naïvement que si nous prenions notre temps pour réaliser un excellent album, nous pourrions peut-être participer aux grands festivals de l'été... mais la triste vérité, c'est que les festivals ont beaucoup changé. Nous ne vendons pas beaucoup d'albums, donc nous recevons très peu de propositions pour les festivals. Certaines choses progressent, d'autres régressent, et il n'est pas toujours possible de prévoir ces changements ou de faire des projets en conséquence... Surtout quand on n'est pas un groupe professionnel, c'est-à-dire qu'on ne vit pas de notre musique, et nous n'avons jamais vécu de notre musique. Nous avons toujours investi l'argent gagné dans le groupe... Donc, en ce moment, nous effectuons cette tournée et nous ne savons pas du tout si elle aura du succès ou non. Nous n'avons donc pas prévu grand-chose pour la suite, nous devons attendre de voir comment cela va se passer. De plus, nous avons des engagements en rapport avec nos activités professionnelles, donc nous ne pouvons pas nous permettre de donner 40 ou 50 concerts par an. Et je ne suis pas sûr que nous le ferions même si nous le pouvions, parce que nous avons tous des enfants et des familles. Nous n'avons pas vraiment commencé à composer de nouveaux morceaux, nous avons quelques démos et d'autres choses, mais nous allons devoir réfléchir à la façon dont nous allons procéder, à ce que nous ressentons, à ce que nous voulons. Nous allons procéder étape par étape.

Si Mercenary devait enregistrer un album de reprises, quels seraient les morceaux ou groupes qui y figureraient ?

Jakob : Je ne sais pas, je ne suis pas sûr (rires)... Ce n'est pas facile de reprendre des morceaux, n'est-ce pas ? Si la reprise est identique à la chanson originale, ce n'est pas très intéressant, et si on propose quelque chose de très différent, cela risque de ne pas plaire à tous les membres du groupe. Mais en fait, à un moment donné, nous avons envisagé de reprendre un morceau de Nevermore. La voix de René est très différente de celle de Warrel, l'ambiance serait vraiment différente, nous ajouterions plus de claviers... Cela pourrait être intéressant. Nous avons inclus une reprise sur l'album "11 Dreams", d'un groupe suédois appelé Kent, la chanson s'intitulait "Music Non Stop". J'ai proposé cette chanson à l'époque parce que je trouvais que le riff utilisé était assez similaire aux nôtres... mais en version pop-rock. J'ai fait écouter ce riff à mon frère et je lui ai demandé ce qu’il en pensait, si ça lui rappelait un groupe en particulier, et il m'a répondu : " Peut-être In Flames ? "... alors nous avons décidé de faire un essai. Je ne suis pas sûr que ce soit une réussite, certains aspects me plaisent et d'autres moins... mais je pense que c'est ainsi qu'il faut procéder quand on reprend un morceau, en l'interprétant différemment de l'original, mais ça ne marche pas à tous les coups...

Nous arrivons à la conclusion de cette interview, c'est le moment d'ajouter ce que tu veux, de parler de quelque chose que je n'ai pas pensé à te demander par exemple... 

Jakob : Je voudrais juste vous remercier de continuer à vous intéresser à notre groupe après toutes ces années. Les préventes sont vraiment bonnes pour ce soir, je trouve ça incroyable car nous n'avons pas joué en France depuis plus de dix ans il me semble, donc nous apprécions vraiment le soutien du public. Merci à nos fans, continuez à consulter notre site web ou nos pages sur les réseaux sociaux pour vous tenir informés de nos actualités et écoutez notre nouvel opus si vous ne l'avez pas encore fait. Si vous aimez notre groupe ou ce style de musique, vous devez absolument découvrir cet album, nous sommes vraiment satisfaits du résultat.

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