Groupe:

Karkara

Date:

6 Mai 2024

Interviewer:

didier

Interview Karkara

Bonjour à vous, pouvez-vous nous présenter d’abord les membres du groupe Karkara, ainsi que les origines de sa formation ?

Dans le groupe il y a Karim à la guitare et au chant, Hugo à la basse et au Moog et Max à la batterie et au chant. Le projet a commencé fin 2018 avec Hugo et Karim et Max est venu compléter le groupe en 2019. C'est là que le projet KARKARA a réellement commencé. On a toujours été passionnés par la musique et le pari au démarrage du groupe était d'y aller à 100 % en lâchant nos boulots pour tenter une nouvelle aventure.

Pourquoi ce choix de nom ?

C'est toujours difficile de trouver un nom de groupe, on était tombé sur le mot KARKARA, qui voulait dire Punks / Trainards / Outsiders en Tunisien. On trouvait le nom original. Ça faisait un clin d'œil aux origines Tunisiennes de Karim qui avait grandi là-bas et Max avait, durant un roadtrip de plusieurs mois, visité une vallée au Kirghizstan qui s'appelle aussi KARKARA. Le nom était trouvé !

Est-ce que ce projet est le premier projet sérieux de ses membres où ils ont participé à d’autres ?

On a tous eu d'autres projets musicaux avant KARKARA, du funk / blues pour Karim et Hugo et du Prog / Jazz du côté de Max mais KARKARA a été le premier dans lequel on s'est investi corps et âme et qu'on a voulu pousser sans limites.

Quelles sont les influences majeures du groupe ?

On n'a pas vraiment de limites niveau influences, ça reste majoritairement du rock bien sûr mais on incorpore beaucoup d'éléments qui viennent d'autres styles et d'autres continents. Il y a des influences de rock Progressif, de musique Arabe, des gammes indiennes, japonaises et même un Didgeridoo sur les deux premiers albums. On est majoritairement centré sur du rock psychédélique / Garage / Fuzz mais les frontières sont larges et le terrain de jeu infini donc on ne se prive pas.

Je me disais que c'était étonnant de voir des groupes comme le votre, jouer une musique qui aurait eu sa place au festival Woodstock en 1969. Vos parents n'étaient peut-être même pas encore nés. Vous en pensez quoi vous de ce retour au vintage ?

Ce type de son ne s'est jamais vraiment perdu pour nous, le mouvement du rock psychédélique à continuer de faire son petit bonhomme de chemin et a évolué au fil des générations. Il est juste allé hors du cadre de la musique mainstream / grand public à partir de la fin des années 70 on va dire. L'émergence des musiques électroniques / du rap et du métal a quelque peu poussé un peu le rock psych plus dans l'ombre pendant un petit moment et c'est peut-être ça qui lui a donné un peu toute sa force aujourd'hui. Après plusieurs décennies de musiques de plus en plus précises et parfois froides dans leurs textures, les gens ont eu goût à revenir à quelque chose de plus authentique, analogique, une musique qui s'écoute presque comme un live. Peut-être simplement par nostalgie d'une époque qu'ils n'ont jamais connue aussi.

All is Dust est votre troisième album après Crystal Gazer (2019) et Nowhere Land (2020), avez-vous travaillé différemment pour la composition de ce nouvel album ?

All is Dust a été pensé comme un album global dès le début, on voulait proposer une expérience immersive aux auditeurs. Raconter une histoire avec une trame cohérente et continue. Les musiques devaient s'enchainer sans pause comme on regarderait un film. All is dust est un peu comme une OST où le film serait joué dans l'imaginaire des personnes qui l'écoute. On a donc composé les titres avec cette idée en tête et on a fait appel a quelqu'un qui a travaillé dans le cinéma pour pouvoir mettre en avant cet aspect cinématographique de l'album : Olivier Cussac.

Peut-on parler d’un album post COVID après les deux premiers en plein confinement ?

Complètement, on pense même que le covid et toute cette période horrible pour toutes les personnes du spectacle n'y est pas pour rien dans le nom de cet album : "tout n'est que poussière" et tout peut s'écrouler à n'importe quel moment. C'est ce que nous a rappelé cette pandémie.

Pourquoi ce titre All is Dust, peut-on parler d’un album concept ?

Il y a eu plusieurs facteurs qui ont joué sur le désir de faire un album aussi sombre dans son histoire et l'appeler comme ça. Il y a eu le covid bien sûr, mais aussi que le fait qu'essayer de vivre de sa musique est un challenge extrêmement difficile : on fait face à énormément d'embûches, on travaille énormément en gagnant une misère. Il y a l'état du monde dans lequel on vit, l'enchaînement des crises à répétition : climatiques, politiques, sanitaires... tout est là pour créer un sentiment d'anxiété globale, que tout va s'effondrer, "All is dust", tout est poussière, notre monde ne tient à rien. On a alors exprimé cette anxiété en racontant une histoire post-apocalyptique qui se passerait dans un avenir plus ou moins proche.

Est-ce que c'est Karim (chant) qui se charge des textes ? Quels sont les thèmes abordés par vos morceaux ?

Karim et Maxime écrivent les textes du groupe où chacun écrit les textes de sa partie vocale. On met tout en commun et on regarde la cohérence en fonction du thème qu'on a voulu aborder dans le titre en question. Pour All Is Dust, les textes racontent l'histoire du personnage pendant son voyage vers la ville d'Anthropia. Ça parle d'affrontement, de fuite, de rêve et aussi de désespoir.

La production globale de l’album est excellente, qui s’en est chargé ?

L'album a été enregistré, mixé et masterisé par Olivier Cussac.

Comment est venue l'idée géniale et très originale d'introduire du saxo dans The Chase et de la trompette dans All is Dust ?

Ça a été assez naturel et évident pour nous lors de la composition. On voulait exprimer la folie, le délire, le sentiment d'urgence et ces deux instruments se sont imposés d'eux-mêmes pour exprimer ces sentiments. On a cherché autour de nous qui serait le plus à même de retranscrire ça et on a trouvé Simon Barriere pour la trompette et Jérome Bievelot pour le saxophone, deux Toulousains.

Pouvez-vous nous parler de l'artwork de l'album, que je trouve très réussi ?

L'auteur est Ilham, un graphiste indonésien qu'on a trouvé complètement par hasard sur internet, on a flashé sur son travail et on l'a contacté pour faire cette pochette. On lui a raconté l'histoire de l'album, laissé champ libre pour le reste et ça a été banco. En one shot quasiment. L'artwork reprend des éléments symboliques de l'album et est rempli de détails à scruter et découvrir, une vraie œuvre d'art.

J’imagine que vous êtes chauds bouillants pour aller défendre cet album sur scène ? Une tournée prévue ? Des festivals cet été ?

Plusieurs tournées prévues oui, dont une déjà annoncée. En tout, sur l'année 2024-2025, on fera une grosse partie de l'Europe occidentale avec presque une cinquantaine de dates. Pour les festivals nous avons le Desert Fest à Anvers, le Krach Am bach, La Volcom Garden Expérience, Le Rabastock, le Vigo fest en Espagne, que des super fests un peu partout en Europe.

Quels sont vos plans pour les mois à venir ?

Partir en tournée, en Angleterre d'abord au mois de mai, ensuite Espagne, Portugal , Allemagne, Autriche, Suisse etc etc. Tourner la plus grande partie de l'année au final.

Je vous remercie et vous laisse le mot de la fin pour nos lecteurs…

N'oubliez pas de manger des fruits, de boire de l'eau et de jeter votre télé.

 

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