Nous l'avions plus que bien compris à l'époque, c'était pour notre bien, mais
également parce que nous l'avions capté à force de lourde marteau-thérapie
incessante. La belle vie ne peut collaborer avec certains éléments. Eh oui, vous devriez
bannir de votre liste des éléments essentiels, le suiffeux, le lipide, le gras
quoi! Certes, il n'est pas suffisant de proscrire un pauvre ennemi isolé, alors on va
appliquer cette stratégie à un ensemble de plus en plus large. C'est ainsi que sont
nées dans la foulée les campagnes de dénigrements pour d'autres
éléments essentiels. On reprend lentement pour que vous suiviez bien : 1re double
décennie jusqu'en 1980 le gras, 2e double décennie suivante le sel, puis la
dernière qui balance ton sucre ... à laquelle viennent s'ajouter maintenant à une
vitesse exponentielle , les sans huile de palme, les sans gluten, les sans sulfates…
Insidieusement l'on commence à se poser une question proche de celles
évidemment plus existentielles : “Comment a-t-on réussi à nous vendre de
l'absence, du vide, du rien ?”. Outre le fait que cette problématique découle
absolument d'un seul problème de riches, ce tour de passepasse tout de même génial
et novateur interroge. On pourrait presque en arriver à soutenir que la question éthique
est soluble dans le capitalisme. L'économie par le truchement d'un marketing grossier introduit
cette notion du “Sans” pour finalement nous vendre des produits “beaucoup plus
chers”, sans pour autant garantir d'apporter d'autres qualités réelles et
positives.
L'économie par le biais de son marketing récupère tout donc,
y compris le "Rien". Trop fort, notre monde moderne. Méfiants maintenant, car salement
échaudés, on anticipe les prochains trucs et machins, à l'excès, on tremble
donc pour les prochaines attaques ... on redoute toutes les pertes du "Vivre Sans", le "Sans amour", le
"Sans Empathie", le "Sans Vibration" ... la fin du monde en somme.
Et alors, en ce qui
concerne notre musique Metal, devons-nous trembler ?... ben oui saperlipopette, en effet, amies
lectrices et amis lecteurs, vous en avez déjà perçu les premiers signes ... les
pseudo Super Groupes "Sans âmes", les supers Têtes d'Affiche "Sans Charisme", les Supers
Cachetés "Sans Show" ... je ne vous inquièterai pas plus en remuant à
l'excès quelques vilaines traces glanées lors de certains festivals ...
Alors
la rédaction maléfique de vos Portes du Metal préférées (mouais..),
vous propose de faire machine arrière toute, en direction d'un voyage initiatique nous ramenant
vers les temps passés. À la croisée de tous ces chemins sans fin, nous vous
proposons de rencontrer et/ou de découvrir, un exemple vrai, une belle respiration, une force
bienfaitrice, une énergie authentique privilégiant le "Avec" en lieu et place du bien
moche "Sans".
Encore époustouflés par le premier véritable spectacle vivant
s'étant déroulé sur la Temple, jour 3 du Hellfest, alors que courant ventre
à terre (ou presque), alors que pluie battante apparaissait en ce début de jour morne,
alors que fatigue s'installait inexorablement ... nous (Le Ced et le Diable Bleu) avions donné
rendez-vous aux deux membres du groupe qui forment Eihwar après avoir
assisté à un concert époustouflant dont la rare intensité était
partagée par les deux artistes. Comprenez bien qu'Eihwar n'a pas encore sorti
d'album, nous en reparlerons par ailleurs ... Comprenez bien que leur naissance musicale (avec
Eihwar) connait une ascension fulgurante, comme très peu de groupes en
connaissent en France. Et oui cette précision demeure importante, car ils arrivent de
Toulouse.
Asrunn et Mark sont devant nous, habillés
de leurs tenues de scène et pourtant vraiment plus à nu que lors du spectacle. Nous sommes
un peu intimidés, car nous les suivons depuis une petite année, et aussi parce que nous
les sentons encore sous l'emprise des énergies vécues sous la
Temple.
Les 2 béotiens : Nous avons adoré votre prestation,
avez vous été surpris par l'accueil du public venu très nombreux (Temple pleine
à bloc). Asrunn : Oui nous sommes surpris de toucher un public si
particulier que celui du monde du Metal et nous avons vécu quelque chose de remarquable. Je pense
que vous avez ressenti cette énergie à la fin du concert. Les 2
béotiens (l2B) : En effet, vous avez réveillé le Temple par vos
présences et votre musique, de plus vous avez été les premiers artistes à
obtenir un son de qualité. Pouvez-vous nous expliquer comment vous avez créé
Eihwar ? Asrunn (Louve) : C'est vrai ? Alors c'est fantastique,
nous n'étions pas certains de parvenir à toucher ce public. Nous avons commencé
avec Eihwar, sur une petite scène, où l'on nous avait demandé de
monter pour réveiller l'auditoire. Mark (Market) : Ce lancement s'est fait
vraiment réalisé par hasard, rien n'avait été planifié. Je viens du
monde Electro et nous avons apporté à Eihwar, une forme Pagan et d'autres
éléments spirituels. J'avais proposé en février 2023 un exercice de
lâcher prise pour Asrunn, sa ligne de voix sur une composition hybride
mêlant électro et instruments traditionnels nordiques. Nous l'avons enregistré en
one shot, et donc The Forge a été créée en quelques minutes, je
l'ai déposé sur You Tube et tout a commencé à partir de ce moment. Nous
n'avions pas prévu en amont de The Forge de créer un groupe. Il découle du
succès de cette vidéo comme un commandement venu de "Plus Haut". Un commentaire sur
YouTube a attiré mon attention, il parlait de "Viking Carpenter Brut", c'est tout à fait
ça, il s'agissait d'un jaillissement. La "Transe" est également le procédé
de composition et d'improvisation à l'origine de la création du groupe. Elle renvoie
à toute une culture connectée aux pratiques magiques propres aux anciennes religions
nordiques "War". Depuis nous n'avons cessé de créer d'autres morceaux. Nous venons
d'achever notre premier album sur le Label Season Of Mist, il s'agit de Viking War Trance. Il
comprend 3 anciens morceaux remixés et retravaillés, car il nous semblait important de
faire plaisir à notre public des premiers jours. Nous lui avons ajouté six nouvelles
pistes. Il sortira à la rentrée (Ndlr : Nous en reparlerons très
bientôt).
L2B : Votre travail vocal à chacun est incroyable,
varié et original, le résultat est wouah, pouvez nous en expliquer les genèses
? Asrunn : Je travaille comme choriste et chanteuse depuis de nombreuses
années dans différentes formations, de plus j'ai également exercé comme
coach vocal. J'aime bien moduler ma voix et lui donner différentes tessitures. Mark
: Mon process est purement technique, je rentre ma voix en direct dans une machine et j'en
varie l'empreinte aux grés des passages sur la musique. Je m'évertue à rentrer en
symbiose avec celle d'Asrunn.
L2B : Arrêtons de
tourner autour de ce qui vous porte vraiment et expliquez-nous s'il vous plait l'univers chamanique qui
transcende votre musique ? Asrunn : J'ai connu toute petite de nombreuses
expériences qui me faisaient ressentir l'invisible. J'ai été attirée
très tôt par des runes que j'utilisais pour dessiner. Je m'en suis éloigné,
car je n'en maitrisais pas la toute-puissance. Suite à une initiation runique récente en
2020, j'ai vécu ma première transcendance et de nombreux phénomènes
intérieurement violents se sont produits. J'ai commencé à ressentir les
énergies, je voyais également une femme sur scène dont il sortait de la
lumière des mains pour inonder un immense public en transe.
Asrunn
semble embarrassée d'évoquer devant deux non initiés, les puissantes
énergies qui la transcendent, et nous comprenons tout à fait son besoin de protéger
l'être intime. La rencontre avec Eihwar sera paradoxalement très intime et
nous les quittons à regret.
Balayons d'un revers de main le monde des "Sans" menant
à celui du "Rien" où les faux semblants forment légions. Amies lectrices et amis
lecteurs, rejoignons le monde d'Eihwar, où le vrai se dispute à
l'authentique, où l'énergie bienfaitrice se lie à la puissance musicale, où
la rencontre initiatique dépasse le show rock and roll, où une simple respiration douce
suspend bruits et fureurs provenant des autres scènes. Pas de tour de passepasse par nos deux
protagonistes, on le sent, on le sait. Des camarades chroniqueurs d'autres médias se trompent, il
ne s'agit pas basiquement de chants guerriers et/ou vikings. Le monde ne devrait être vraiment vu
par le prisme simpliste que pour celui du "Rien".
Le monde des Eihwar, et ce
même pour des non initiés comme vos L2B, à la chose chamanique ... put..n qu'il est
bon de le rencontrer, un live bien Vivant, une Interview à la manière d'une rencontre, le
tout "Avec" de l'élévation spirituelle. Ouf ! Vos Deux Béotiens sont un peu plus
vivants. Merci 1000 fois, Louve et Mark. Arvi pas, et donc
à très bientôt ensemble pour les premières écoutes de Viking War
Trance.