Groupe:

Dislimn

Date:

10 Juin 2024

Interviewer:

KABET

Interview Basile, Florent et Alix (par mail)

Bonjour Dislimn, comment ça va ? Tout d’abord, pouvez-vous présenter le groupe ?

Basile : Hello, tout va bien merci ! Nous sommes donc DISLIMN, un trio avec Alix au chant, Florent à la guitare et moi-même à la batterie.

Florent : C’est un projet qui est à la croisée de trois univers bien distincts : Le stoner, grâce à des riffs très fuzzy et des tempos plutôt lents. La musique ambiante, avec des moments planants, cleans et réverbérés. Les chants traditionnels nordiques, grâce aux lignes de voix pures et claires d’Alix.

Pouvez-vous nous parler de votre univers et du projet Dislimn ? Et d’où vient le nom du groupe ?

Florent : Comme dit dans la question précédente, DISLIMN est vraiment la rencontre de trois styles de musiques assez opposés, amenés chacun grâce à la collaboration de trois musiciens qui n’évoluaient, à la base, pas du tout dans les mêmes esthétiques musicales. Ce qui a créé notre univers, et notre identité sonore, c’est vraiment une collaboration de nous trois au sens large du terme. Nous mettons un point d’honneur à développer notre univers en s’inspirant de ce qu’on aime, tout en ne copiant pas nos inspirations. Nous ne souhaitons en aucun cas faire du mimétisme, car cela ne serait tout d’abord pas intéressant, mais surtout cela serait totalement à côté car ce ne sont que des inspirations. Nous n'avons en aucun cas assez de connaissances pour aspirer à faire réellement de la musique traditionnelle nordique, car nous ne sommes pas issus de cette culture…

Basile : Concernant le nom de groupe, nous avons passé beaucoup de temps à chercher, nous voulions un nom qui représentait le fait de camoufler ses émotions et de porter un masque afin d’affronter la vie de tous les jours. Après plusieurs essais, c’est l’un de nos proches qui, en écoutant notre histoire, a pensé spontanément à ce mot : DISLIMN. Outre le fait que cela signifie littéralement de disparaître, de s’assombrir ou de se dissiper dans une brume, ses antonymes sont justement d’émerger, de s’éclaircir. On ne voulait pas d’un nom simplement sombre, nous voulions aussi une forte signification qui représente le message que DISLIMN veut transmettre, car nous sommes tous sortis plus forts des phases les plus sombres et difficiles de notre existence.

Esmee est votre premier EP et le moins qu’on puisse dire c’est que le catégoriser est complexe. C’est du rock, prog, doom, j’ai même entendu doomgaze par moment ? Comment le qualifierez-vous et surtout est-ce volontaire de partir vers plusieurs chemins ?

Alix : Oui effectivement, ce n’est pas facile de nous catégoriser ! Nous avons chacun des univers différents (Metal, Stoner, musiques Scandinaves) et nous voulions réunir tous ces styles pour créer un projet à notre image.

Florent : Cela a été volontaire de s’inspirer de pleins d’horizons différents qui plaisent à chacun. Maintenant, dire que cela a été volontaire, que chaque influence se ressente autant… Je n’irai pas jusque-là. En revanche, j’ai envie de dire TANT MIEUX, comme ça notre musique peut parler à un public large, et cela veut dire, sans prétention, que nous sommes en train de créer une véritable identité sonore, un univers qui nous appartient, et si on arrive à faire cela dès le premier EP, alors on peut considérer que le pari est relevé !

Basile : Pour nous les styles de musique ne sont que des termes, on ne s’identifie pas à une catégorie précise de musique. Notre méthode de composition est basée sur l’improvisation, et nous avons tous des influences très variées : Florent est inspiré par le stoner et le rock de AC/DC, Alix par les chants de Heilung ou Kalandra, alors que je viens principalement du Prog et des styles de métal plus élaborés. Finalement, nous composons en puisant dans nos influences. Nous ne suivons aucune règle, et nous ressentons une grande liberté de composition. Notre style n’est donc pas choisi à l’avance, c’est simplement le résultat d’improvisations, de discussions et de compromis. Qui sait ? Nos prochaines compositions pencheront peut être davantage vers le doom ou le prog !

Par moment j’ai trouvé des teintes scandinaves, voire celtiques avec la voix d’Alix. C’est quelque chose qu’on te dit ?

Alix : Cela fait maintenant quelques années que je suis bercée par les musiques scandinaves et j’ai voulu m’inspirer de groupes comme Kalandra, Gåte ou Eivør pour mes lignes de voix. Après nos concerts j’ai souvent quelques personnes qui viennent me voir en me disant que ça leur fait penser à des chants nordiques et celtiques effectivement ! Je suis heureuse de pouvoir transmettre des émotions à travers ces types de voix.

Basile : C’est quelque chose qui nous séduit dans la voix d’Alix. Elle a ce timbre unique qui donne une certaine saveur à nos musiques, et qui hypnotise le public. Ça balance très bien avec la masse instrumentale qui opère en arrière-plan.

Quels sont les thèmes abordés et vos sources d’inspiration ? Comment s’organise le travail au sein du groupe ?

Alix : Pour ce premier EP nous abordons le thème de l’anxiété à travers le personnage (fictif) d’Esmee. Il a été enregistré comme un livre, chaque morceau représente une étape dans la vie d’Esmee, sa bataille contre ce démon qui la ronge. La source d’inspiration pour écrire ces paroles n’a pas été compliquée à trouver puisque je me suis inspirée de ma propre « expérience ». Je me suis battue contre de l’anxiété chronique et cet EP est comme une délivrance.

Basile : Pour ce premier EP nous nous sommes inspirés de nos vies. Il faut bien se dire que c’est la première fois que nous ressentons autant de liberté dans notre propre projet, ce qui n’était pas le cas dans les nombreux autres dont nous avons fait partie. Nous nous sentons donc suffisamment à l’aise pour parler de nos expériences passées, de nos traumatismes.

Florent : Comment s’organise le travail au sein du groupe ? C’est assez simple, on va prendre le cas de figure qui arrive 90% du temps : J’arrive au studio soit avec une idée de riff de guitare ou de progression d’accords, soit avec une structure de morceau. Je la soumets au reste du groupe. Si ça les inspire, on se lance dans de grosses sessions de jams, qu’on enregistre en multipiste. On se retrouve souvent avec 40 minutes de son autour de l’idée principale que j’ai proposée, puis on trie ce qui est utilisable et ce qui nous plaît. De là on restructure et on réalise les arrangements tous ensemble pour que ça nous donne le squelette du morceau. Là-dessus on vient poser les paroles et les lignes de voix, puis je produis le morceau avec des idées de guitares additionnelles et de sound design pour donner la maquette définitive. C’est un mode de composition assez naturel pour nous, et cela nous permet d’enregistrer sans click. Pas de click pour les versions finales également car on re-record sur les maquettes, pour pouvoir garder les intentions de tempo de manière très fluides et naturelles.

Basile : Nous enregistrons et mixons dans le studio de Florent, équipé professionnellement. C’est aussi le studio dans lequel on répète, ce qui est très pratique car, comme l’a dit Florent, nous improvisons beaucoup autour de ses idées ! Par conséquent on n’a qu’à brancher quelques micros, et on ne perd pas une miette de nos jams. Pour ce qui est de nos réseaux, et la grande partie de l’administratif, Alix est aux commandes étant donné qu’elle est formée dans ces domaines ! Me concernant, je les appuie dans leurs domaines respectifs, je suis aussi technicien du son et je maitrise la gestion des réseaux sociaux. Je m’occupe également du booking, et des interviews.

Par moment on trouve des titres assez différents, je pense à l’instrumental Gullfoss ? Pourquoi ce choix de chansons sans lyrics ?

Alix : Nous avons voulu marquer un tournant dans l’histoire d’Esmee en incluant un morceau instrumental. Ce morceau représente la prise de conscience de son état et le début de sa« guérison ». Gullfoss est une cascade en Islande. Elle est très profonde et sombre mais laisse apparaitre un arc-en-ciel au-dessus d’elle. Nous trouvions qu’il y avait une belle symbolique entre la chute d’Esmee (« Anxiety » et « Esmee’s Story ») et sa libération (« In my Mind » et « Release Me »).

Florent : Dans le stoner, qui est une des influences principales du projet, on retrouve souvent des solos de guitare. Or dans Esmee, sur les titres chantés, il n’y en a pas vraiment… Je voulais donc « combler ce manque » par un morceau dédié à ça. D’ailleurs, mention spéciale à notre ami Valentin Gevraise qui est venu poser le solo de guitare qu’on entend sur le titre !!! Dans l’histoire qu’on raconte dans l’EP ça tombait super bien, car « Gullfoss » est vraiment la renaissance du personnage et on l’a caractérisé par un morceau très puissant et énervé par rapport au reste du projet. C’est vrai que « Gullfoss » sort un petit peu du lot au niveau de la direction artistique, et c’était voulu ! Maintenant avec le recul (ça fait quasiment un an que tout l’EP a été composé), c’est vrai qu’il ressort même un peu trop… Mais je trouve quand même qu’il a sa place et il n’y a aucun regret. Si aujourd’hui on devait recommencer la production de ce morceau il n’aurait pas les mêmes contours, mais la base resterait identique !

Après cet EP, on va parler un peu de live, vous avez prévu une tournée pour défendre Esmee ? Si oui on peut avoir des infos ?

Florent : On peut déjà annoncer qu’on sera à Meaux (77) dans le cadre du festival Meaux en plein cœur le 15 juin prochain.

Alix : Nous sommes actuellement en train d’organiser une tournée… Nous allons annoncer prochainement quelques dates… Nous pouvons donner une exclu ! Nous serons le 18 octobre à la Péniche Antipode à Paris en première partie du groupe Horama (post prog progressif).

Quels sont les projets futurs de Dislimn ?

Florent : DISLIMN est pour nous un projet de live plus que de studio… On peut donc souhaiter au projet d’aller vadrouiller sur toutes les routes possibles pour se faire entendre du plus grand nombre !

Alix : La sortie d’un deuxième EP est peut-être déjà en route qui sait ? Un projet qui fera voyager le public à travers les contes et histoires imaginaires… On garde un peu de suspens.

Je vous remercie encore de votre disponibilité et je vous laisse le mot de la fin pour les lecteurs d’Auxportesdumetal.com…

Florent : Tout d’abord, merci à toi Kévin, car c’est grâce à des journalistes comme toi et à des médias comme « Aux portes du métal », que des projets comme le nôtre peuvent se faire entendre et vivre ! Pour le mot de la fin, on espère qu’on rencontrera beaucoup de monde avec des horizons différents grâce à DISLIMN et on compte bien faire vivre le projet longtemps ! Tout ceci n’est que le début, donc à bientôt …

Alix : Merci à toi !!

Basile : Merci pour cette opportunité d’interview, ce fut un vrai plaisir de répondre à tes questions

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