Groupe:

Iron Flesh

Date:

12 Décembre 2020

Interviewer:

JeanMichHell

Interview Julien

Bonjour Julien, merci de prendre le temps de nous répondre. Peux-tu présenter l’histoire d’Iron Flesh à nos lecteurs ?

Salut, Iron Flesh est né début 2017 suite à de nombreuses années de session en tant que batteur principalement, je voulais monter un projet sans prétentions dans lequel je me ferais plaisir. J’ai composé le premier EP « Worship the Necrogod » en quelques semaines mais je ne pensais pas quelques mois après avoir un line-up et jouer les morceaux en live. Après avoir maquetté les morceaux, je les ai fait écouter à mon entourage et certains m’ont conseillé de trouver un line-up et de tenter l’expérience en live car il y avait un réel potentiel . Quatre ans plus tard déjà deux EP et deux albums je ne regrette pas cette décision ! J’ai contacté Guilhem et Sylvestre qui ont rejoint le projet rapidement et Seb avait entendu parler du projet, ça n’a pas été long pour mettre en place les morceaux, roder le set et commencer à jouer en live.

Summoning The Putrid est sorti il y a quelques jours, quel accueil a-t-il reçu ?

« Summoning the Putrid » a reçu un excellent accueil depuis sa sortie autant de la part de la presse que des fans. Ce qui me fait le plus plaisir c’est d’avoir les retours de deux ans de boulot et que je bossais déjà sur cet album alors que la promo de « Forged faith bleeding » n’était pas terminée. Un rythme particulier et assez soutenu mais je ne suis pas du genre à sortir un album tous les 10 ans pour contenter les fans. Je me donne toujours à fond dans la composition et je suis ravi de voir que cet album est meilleur en tous points que le précèdent. Je souhaite tenir ce cap aussi longtemps que ce sera possible, les sorties s’étaleront si l’inspiration n’est pas là ou que nous sommes à nouveau victime d’une pandémie.

Comment s’est passé l’enregistrement ?

J’ai enregistré et produit l’intégralité de l’album au Secret place studio à Bordeaux avec David Thiers avec qui il est très facile de travailler. On a longuement discuté de la direction artistique que l’on souhaitait prendre sur cet album. Je suis hyper satisfait des prises et du mix global, on a choisi de faire un album un peu plus produit car les morceaux s’y prêtaient bien mais je pense que l’on a su garder un aspect bien organique et ne pas tomber dans le mauvais goût des prods en plastique complétement stériles. Les instruments sont vivants, les prises ne sont pas parfaites mais capturées sur le moment, au moins les gens ne seront pas déçus entre ce qu’ils entendent sur l’album et ce qu’on pourra leur offrir en live. Comme à chaque fois je commence par la batterie, puis les guitares et le chant. Seb enregistre désormais la basse depuis le premier album, et apporte son lot d’idées et d’arrangements.

Ce choix de style et cette manière de composer, qui rend hommage à la scène Old School Death, est une réelle volonté ou est-ce que simplement une façon naturelle de composer pour toi ?

Inconsciemment je rends hommage à la scène old school des années 90, mais depuis les débuts du groupe les critiques ont noté que j’apportais beaucoup d’éléments peu ou pas familier du genre. Une manière de casser les codes, c’est beaucoup plus naturel pour moi de composer comme cela. Je ne cherche pas à être un simple clone de ce qui a été fait déjà 1000 fois. Si tu t’enfermes dans un seul style tu tournes vite en rond et il est quasiment impossible de produire de bons albums sur le long terme. Ce que beaucoup de groupes de l’époque ont fait malheureusement. Cela a donné des albums légendaires et certains beaucoup moins bons. Je veux inclure le plus d’influences possible afin de pouvoir me renouveler continuellement et proposer de bons albums.

Est-ce que tu peux nous citer les plus fortes influences qui t'inspirent pour composer ?

J’ai longtemps été très influencé par toute la scène Suédoise, puis la scène US avec laquelle j’ai découvert la déferlante de technique. Récemment, j’écoute beaucoup plus la scène Doom et Thrash. Je pense qu’Iron Flesh représente une bonne fusion de toutes ces influences. Je suis aussi influencé par la musique de films ou les OST de jeux vidéo.

Depuis que tu as monté une formation pour le live, la scène est importante pour Iron Flesh. Comment est-ce que vous vivez cette période d’« abstinence » ?

J’adore enregistrer des albums, c’est un exercice auquel je me prête facilement pour avoir fait beaucoup de sessions en studio. Mais il n’y a qu’ en live que je retrouve cette excitation, ce stress qui me donne envie de donner à fond à chaque fois quelles que soient les conditions . On a eu pas mal de concerts annulés à cause du Covid mais franchement j’en ai profité pour upgrader durant toute l’année le matériel qu’on utilise en live ou en studio, développer l’aspect décorum et toute la logistique à mettre en place pour les lives. 2020 a clairement été une année super productive pour l’armement et la logistique des concerts en live. J’espère que 2021 sera plus propice aux concerts ! On a plein de nouveautés à proposer en live ainsi qu’une setlist toute fraîche !

Vous êtes Bordelais, comment vois-tu la scène Metal de Bordeaux aujourd’hui ? Très active avec le Jimmy jusqu’à la fin des années 90, elle a beaucoup perdu en visibilité en 20 ans, est ce que tu partages ce constat ?

Une époque que je n’ai pas connu que celle du « Jimmy » car trop jeune mais relatée par mes collègues. La différence par rapport à aujourd’hui c’est qu’à l’époque il n’y avait que là-bas ou jouaient les groupes connus (Cannibal Corpse, Immortal…) et avec une notoriété moins importante que celle qu’on leur connait maintenant. Désormais il y a beaucoup de petites salles où se produisent les petit groupes. Les grosses tournées et les plateaux restent coûteux donc peu d’orga ont les reins assez solides pour prendre le risque de faire venir des grosses affiches. Je dirais qu’avec l’émergence de gros festivals de plus en plus de gens se sont détournés des petites salles. Ils préfèrent l’ambiance et les affiches attrayantes des festivals. Le Covid a fait table rase sur cette tendance. Je ne peux pas prédire l’avenir mais je pense que la scène underground de Bordeaux est et restera toujours active. Les locaux brillent moins qu’à l’époque mais il faut continuer à se battre pour faire vivre la scène.

Alex d’Agressor est venu poser un solo sur le titre Thy Power Infinite, comment est née cette collaboration ?

Il y a quelques années Alex m’a contacté pour remplacer leur batteur de l’époque sur une date. C’était assez fou pour moi à l’époque, j’allais jouer avec un groupe dont j’étais fan depuis des années. Suite à cette date, j’ai fait d’autres sessions pour Agressor jusqu’en Roumanie. J’ai toujours eu un bon feeling Alex étant moi aussi guitariste et gaucher, c’est assez fou de savoir que j’ai pu jouer sur ses guitares et partager des moments uniques à ses côtés ! Il savait que j’avais lancé Iron Flesh et après la sortie du premier album on avait parlé d’une collaboration ensemble. Je l’ai recontacté en temps voulu et il a accepté de me faire un solo, le résultat parle de lui-même, Alex est un excellent guitariste, virtuose de la compo je dirais même. Je suis hyper satisfait de l’avoir eu sur l’album et j’espère que l’on pourra collaborer encore ensemble ultérieurement.

Qu'est-ce que l'on peut te souhaiter pour les semaines à venir, les mois à venir et les années à venir ?

Iron Flesh c’est un projet où l’on ne se prend pas la tête, des copains qui jouent ensemble, une entité qui avance doucement mais sûrement. J’espère que l’album continuera à bien se vendre dans les prochaines semaines et que les chroniques seront toujours bonnes. C’est encore un peu flou mais j’espère que l’on pourra à nouveau jouer en 2021. Et pour les années à venir j’espère que nous aurons l’occasion de jouer au Hellfest, nous l’avons tous fait dans le groupe sauf Guilhem le batteur, c’est une « promesse » que je lui ai faite. On se défonce pour montrer qu’on mérite notre place là-bas nous aussi, ce serait un accomplissement pour le groupe. Chaque chose en son temps on prend les choses comme elles viennent. L’avenir nous dira si on avait raison de se battre pour ça !

Un message à faire passer à nos lecteurs pour conclure ?

Merci pour cette interview, continuez de soutenir les groupes en achetant du merch, retournez voir les concerts dès que ce sera possible. Arrêtez de snober votre scène locale sous prétexte que les festivals sont plus cool. Avec le Covid ce seront les derniers à reprendre (et j’en suis désolé), j’en connais plus d’un désormais qui tueraient pour revoir des groupes sur scène et revivre l’ambiance d’un concert. Que tout ça nous serve de leçon !

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