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Une formation sur Paris pendant deux jours quand on vit en rase campagne sans grand accès à la culture? Quelle aubaine! Pour l'occasion, j'ai jeté mon dévolu sur une soirée post punk - cold wave promue au Supersonic Club, histoire de découvrir la faune parisienne et ses atours. CONTRE SOIRÉE 20h05 sonne et c'est Contre Soirée qui lance la marche musicale. Sur scène, ils ne sont que deux. Le chanteur, cheveux en bataille et ongles vernis, capte l’attention. Inspirés par la scène post punk des années 80, Contre Soirée y ajoute des sons électro apportant une certaine modernité. Lumières bleutées, le set s’ouvre sur une intro en amont que la dyade parisienne nous présente en avant première le morceau Comme Un Bombardier de l’album à sortir le 16 mai. Avec I'm a Monster, on retrouve des passages plus synthwave qui injectent du relief et font monter la température dans la salle comble. Quelque part entre Sisters of Mercy, Killing Joke et Lords of the New Church, le duo nous sert un son sec, enivrant dès les premiers morceaux. Je me surprends à entonner en chœur les paroles facilement assimilables du titre Quand ta jupe tourne. Le set monte en intensité jusqu’à Métal noir, très 80’s, où le cri du vocaliste fait basculer la salle. Assez statique sur les planches, les ondes de Contre Soirée suffisent à embarquer le public. Le chant, majoritairement en anglais, laisse parfois place au français, renforçant l’impact de certains passages. Entamant la fin de set notamment avec War, le rythme s’accélère, avec des gros riffs de guitares, le tempo devient plus urgent. Sur Back From Hell, le frontman multi-instrumentiste casse alors la distance en montant sur la pseudo barrière au contact direct du public. Clap de fin à 20h50 après pas moins de 13 morceaux. Belle entrée en matière pour cette soirée parisienne. Setlist : 1. Intro 2. Comme un bombardier (à venir sur l’album à sortir le 16 mai) 3. Inner fire 4. Leaving away 5. I’m a monster 6. King of the world 7. Gouge away (Pixies cover) 8. Quand ta jupe tourne 9. Métal noir 10. Dont wake me up 11. War (Burzum cover) 12. Back from hell 13. Outro noise SURE 21h08. Changement d’ambiance avec Sure qui transforme la salle en véritable dark floor vibrant. Aux commandes, on retrouve Nicolas Di Vincenzo à la guitare, Gregory Hoepffner au chant, pad et tambourin, et Michael Szpiner à la basse : trio immédiatement efficace. Dès Choose Innocence, le ton est donné. Le son est propre, la voix claire de Gregory Hoepffner est puissante et enivrante. Ça démarre fort! Avec Another Girl, les rythmes deviennent plus entraînants, c'est presque irrésistible. Le chanteur, tambourin en main, impulse une dynamique qui donne clairement envie de se trémousser. La salle commence à répondre présent. Après une courte respiration, le groupe enchaîne avec House On Fire, présenté comme un inédit jamais joué auparavant. Habillé d'une parka longue aux accents militaires, Gregory Hoepffner habite littéralement la scène, transportant le public avec lui, tandis que ses deux compères aux cordes sont casquette vissée sur la tête. Sur Belong To The Past, les samples sont accrocheurs, l'instrumentalisation résonnant comme les metalliques compositions du groupe Health, l'attention ne peut être que maintenue. Puis Deeper ralentit le tempo : une parenthèse plus langoureuse, presque sensuelle avec toujours ces vocalisations claires et émotionnellement impactantes. Precious Words repart plus lourd, plus rythmé. Le chanteur invite le public à taper dans les mains, et la réponse est immédiate. La salle chauffe, la sueur commence à perler et pas que chez les artistes! Avec Paper Planes puis Keep On Living, l’énergie reste constante, difficile de rester en place tant les morceaux appellent le mouvement. Morrows vient conclure ce set court mais dense, avec une dernière invitation à participer en frappant dans nos mains en cadence. Fin sans détour à 21h43. Sure nous invite à les rejoindre au stand de merch, prolongeant cette proximité ressentie sur scène. L'occasion pour moi d'échanger quelques mots et de repartir cd sous le bras aimablement offert par le trio ( chronique du dernier album ici). Setlist: 1. Choose Innocence 2. Another Girl 3. House On Fire 4. Belong To The Past 5. Deeper 6. Precious Words 7. Paper Planes 8. Keep On Living 9. Morrows RASKOLNIKOV À 22h pile, on voit entrer en scène Raskolnikov, quatuor franco-espagnol-suisse tout droit venu de Genève. Proposant une musique mélancolique, le groupe nous sert un son entre coldwave, post punk et shoegaze. Sur les planches, on retrouve une batterie Tama avec un instrumentiste casque vissé sur les oreilles, un bassiste qui gère également le chant, et deux guitares venant parfaire l'orchestre. Dès Hunde Sind An Der Leine Zu Fürhen puis Montauk Point Lighthouse, l’énergie est bien présente, accompagnée de lumières bleues. Le public est attentif, on retrouve une intensité contenue qui s’installe progressivement. Masterfreak amorce un virage plus franc avec une guitare en distorsion pour lancer le morceau. La voix, posée sur ce fond wave, évoque par moments David Bowie. Tous vêtus de noir, avec une veste de costume pour le chanteur, l’esthétique reste fidèle au propos, à la fois élégante et ténébreuse. Avec Voznesenie, la voix devient presque mécanique en introduction, comme robotique. Les lumières restent bleues, la scène, un peu étroite, limite leurs déplacements, on devine pourtant un potentiel plus ample sur de plus grandes scènes. La ligne de basse à sa part belle sur ce morceau. Les teintes passent au turquoise sur Sold Dead Souls, avant que Stockholm IV ne s’impose comme moment phare du set avec sa ligne de basse en ouverture couplée à une batterie simple mais redoutablement efficace. C'est ainsi l'équilibre parfait entre tension et mélodie. Fit For No Futur fait basculer les lumières au rouge et assume pleinement un héritage new wave, dans la lignée de The Cure. Sur scène, les guitaristes échangent, complices, on sent un vrai partage, une cohésion. Avec Éteins ta clope, les petites croches de batterie impriment un groove immédiat. Cette fois, le public répond franchement et ça danse dans chaque recoin. Puis vient I Vow To Thee My Fury, extrait d’un album à paraître. Un titre plus mature, plus posé aussi, qui sonne juste du début à la fin. Les regards entre les membres sont toujours synonymes de complicité, on sent une unité. Concentration à son paroxysme sur Stockholm VIII pour les guitaristes, avant un dernier remerciement adressé au public. Le quatuor clôture avec le titre Faut pas faire chier Albert Roche. Dernière montée d’énergie, la salle se lâche une ultime fois. Puis, 22h45, baisser de rideau. Un set dense, maîtrisé pour Raskolnikov, qui joue davantage sur l’atmosphère et la cohésion que sur la démonstration. Setlist : 1. Hunde Sind An Der Leine Zu Fürhen 2. Montauk Point Lighthouse 3. Masterfreak 4. Voznesenie 5. Sold Dead Souls 6. Stockholm IV 7. Fit For No Futur 8. Éteins ta clope 9. I Vow To Thee My Fury 10. Stockholm VIII 11. Faut pas faire chier Albert Roche
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