Grosse découverte du Xtreme Fest 2026 pour moi avec les rouennais de Split. Les normands ont retourné la X-Cage dans un show démentiel. Je vais vous parler de leur premier EP Violence Breeds Violence mais le principal message de cette missive c’est « allez les voir en live ». D’une énergie folle, le hardcore / crust de Split ne peut que marquer les esprits. Les corps aussi vu la fureur générée dans le pit. J’en ai vu avec leur protège-dents pour affronter cette séance de catharsis collective. C’est bien de défoncer tout le monde en live mais il convient de donner des gages en studio même en hardcore.
Ce premier EP répond à ce besoin et, en sept titres, Split nous offre un parfait condensé de ce que le groupe propose en live. Le son est très puissant avec ce côté crust marqué, presque industriel dans le traitement de certaines sonorités, les guitares notamment. La basse n’est pas en reste, réussissant à se faire sa place entre des guitares bien grasses comme sur For Fuck’s Safe où ça slappe bien comme il faut. Les Coward, Good Cop présentent des rythmiques lourdes, épaisses. Split c’est dense et il y a cette capacité hardcore à placer des accélérations foudroyantes. Split en a sous le pied, c’est percutant avec toujours cette densité. Il y a un petit côté sale, légèrement malaisant, c’est assumé et l’angoisse (nihiliste) n’est jamais très loin.
Mention spéciale à World Sucks. 24 secondes (pas une de plus) de pure fureur bruitiste, noise jusqu’au bout des ongles. Un défouloir pur, un cri de rage cathartique en forme d’expiation. 24 secondes ! Ça reste encore large par rapport aux 1.316 seconde (souvent arrondies à 1 ou 2 secondes) du You Suffer de Napalm Deathmais 24 secondes ça détonne.
Le triptyque Something On My Own – Stained Soul – I Feel Nothing More est rondement mené, le chant de Marvin est d’une rare intensité entre colère et authenticité brutale. La référence est à prendre avec des pincettes mais j’ai pensé au premier disqueNirvanaBleach, avant la déferlante Nevermind. Authentique, brute, sans concession. Profondément underground dans la démarche, parfois un peu âpre mais d’une sincérité absolue. Nouveau venu, Split a tout pour plaire aux coreux. Et j’y reviens, il faut aller les voir en live.