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Sous une chaleur étouffante, les portes du trait d'union s'ouvrent ; à l'intérieur, il n'y a pas encore beaucoup de monde, et c'est dans ce cadre que Sledgehammer entame cette deuxième journée. Sledgehammer Ce groupe local, formé il y a tout juste un an, nous propose une prestation énergique qui met un public de plus en plus nombreux en effervescence. Les cinq Lyonnais ne ralentissent pas leur rythme, Alice, la chanteuse, va et vient sur la scène, sa voix s'accordant parfaitement au style Thrash/Crossover voulu par les autres musiciens déchaînés.  
Sledgehammer est également là pour défendre leur premier album Destroy/Rebuild, dont les morceaux Morning Mother, Faceless Target, More Women In The Moshpit (qui a enflammé la fosse) ainsi que les deux titres finaux Howling Metal et Rino Hunter sont tous des brûlots conçus pour la scène. Les Gones offrent un set intense devant un public certes encore clairsemé, mais qui n’a pas cessé de headbanguer !  
Belle découverte, ils m'ont donné envie d’en apprendre davantage sur eux, c’est pourquoi après le concert nous avons improvisé une petite interview qui s’est révélée très intéressante, comme vous pourrez le constater. Setlist : Graveyard patrol Moaning mother Faceless target Radium girl More women Howling metal Rino hunter. P.O.R.C (Putrefaction of Rotting Corpses) C'est au tour de Putrefaction of Rotting Corpses, connu sous l'acronyme P.O.R.C. Ce groupe parisien m'était totalement inconnu, mais ils ont été aussi une agréable surprise avec leur Brutal Death/Grind. Les musiciens franciliens vont rapidement faire monter la température dans la salle.  
Le public se détend très vite : devant les barrières, les têtes bougent de haut en bas, tandis qu'à l'arrière, les pogos commencent, avec même quelques circle pits. Leur prestation est intense, sans pause, sans fioritures ni paroles inutiles. Malgré une affluence encore faible à cette heure, l'ambiance est déjà très chaude, le public est actif et en communion avec les musiciens. Les spectateurs repartent ravis, les fesses rougies par la deuxième raclée de la journée ! 
Setlist : Intro Paolo Schizophage Trizo 3rd Murder Attempt Stincking Bastard Zoolocaust Circus Massacre Limb Vudu Roto Sociopatia Querido Hermano LNN DBC Deperir Après l’interview, je me rends dans une salle déjà bien remplie, juste au moment où les Québécois de Deperir montent sur scène. Bien que nos cousins aient déjà tourné avec les membres de P.O.R.C, leur style se démarque nettement : un Black/Death Metal old school sans concession. Fraîchement sorti de leur EP War, publié quelques jours plus tôt, ils ouvrent leur set avec Bloodspill, un extrait de ce dernier. L’enchaînement Black Beast et Deathsaw, issus de l’album Black Beast (2022), est terrible : un véritable tsunami qui déferle sur le Trait d’Union, reléguant les deux premiers groupes — pourtant excellents — à de gentilles vaguelettes. Bob, au chant, est incroyable. Son charisme opère instantanément auprès du public. Ses interactions, portées par son accent québécois, le rendent irrésistible : à coups de « cousins » et de « tabarnak », il se met toute la salle dans la poche.  
Le morceau suivant, Cold War, également tiré du nouvel EP, reste dans la droite lignée de ses prédécesseurs. Les musiciens de Deperir semblent presque surpris de l’accueil des festivaliers ; une véritable complicité se crée entre eux et nous. Dans la fosse, ça bouge fort : leur répertoire est un appel permanent au headbang et aux circle pits. Après Succubus et Full Of Hate, Deperir nous envoie une reprise sur vitaminée de Symptom of the Universe, qui fait littéralement exploser la salle. Les cousins nous achèvent ensuite avec Offended Generation. Quelle découverte ! Merci pour cette très belle claque venue d’outre‑Atlantique, qui nous a sérieusement rougi les fesses.  
À la fin du concert, je me vais vers le merch, pris d’assaut par les nouveaux fans du groupe. J’y retrouve Bob pour caler une interview dans l’après‑midi. Victimes de leur succès, ils se font dévaliser — et c’est tant mieux, car ils le méritent largement.  
Setlist : Blood spill Black beast Deathsaw Cold War Succubus Full Of Hate Symptom Of The Universe Offended Generation Après avoir fait un tour au stand de merchandising de Deperir, je me rends à l’extérieur, où se trouve le stand Savarez proposant une démonstration avec deux guitaristes et un bassiste. Le trio est présent pour mettre en valeur le matériel de la marque, ce que les trois musiciens accomplissent très bien. Cependant, la chaleur extérieure me fait rapidement abandonner, et je décide de me réfugier à l’intérieur dans notre coin média presse. Malepeste De retour dans la salle pour découvrir Malepeste, un groupe de black metal originaire de Lyon fondé en 2010, qui après avoir publié son premier album en 2015, a attendu dix ans avant de rompre ce silence en 2025 avec la sortie de Ex Nihilo chez Les Acteurs de l’Ombre, marquant également son grand retour sur scène. Plus ambiant et théâtral que le black de Deperir, les musiciens de Malepeste ont commencé avec Disciples Of The Sun, seul morceau du premier album qu’ils ont joué. Je ne sais pas si c’est la chaleur ou la claque que j’ai prise avec Deperir, mais j’ai eu du mal à entrer dans l’univers des Lyonnais. Ainsi, après le troisième morceau, je me suis éclipsé pour préparer l’entretien avec les cousins de Deperir. J’ai néanmoins pris la température du concert auprès du public et de mes collègues ; apparemment, Malepeste a réussi son retour sur scène, et j’ai aussi appris que Quentin, le chanteur de Hrothgar (groupe suivant), avait un featuring avec le groupe. Setlist : Disciples of the sun Imperium Stupor Acceptio Atropos Relapsus Hrothgar J’ai profité du temps libre que je m’étais octroyé pour m’entretenir avec Bob et Nico, membres de Deperir. Une fois l’interview terminée, je retourne dans la salle retrouver mes collègues photographes et attendre le set de Hrothgar. Porté par une énergie guerrière et des atmosphères épiques, Hrothgar, originaire de la Drôme, déploie un metal sombre et puissant aux accents vikings, mêlant riffs acérés, rythmiques martiales et chants habités. Quentin, le chanteur, qui avait déjà fait une apparition remarquée lors du set de Malepeste, se révèle encore plus impressionnant une fois pleinement aux commandes. 
Les Vikings de Montélimar envahissent le Trait d’Union avec Ulfhednar, morceau massif qui figurera sur leur prochain album. Sa rythmique guerrière et son refrain fédérateur font mouche : le public se rallie immédiatement à leur bannière. Le groupe enchaîne avec Rise of Ragnarök et Warriors of the Sea, deux brûlots qui mettent la fosse à leurs pieds.  
Les premiers coups de boutoir annoncent Giant of Ice, extrait de First Blood, leur premier EP. Ce vieux titre fédérateur reste une véritable machine à headbang. Avec la chaleur qui monte dans la salle, je doute qu’un géant de glace puisse tenir longtemps… contrairement à Quentin, drapé dans une redingote épaisse ornée de fourrure, qui nous présente avec détermination Jormundgandr, leur nouveau single. Dans la lignée d’Ulfhednar, ces deux nouveaux titres laissent entrevoir l’excellente qualité du futur opus. Hrothgar poursuit son assaut avec Son of Odin, puis nous achève définitivement avec Dawn of Midgar. Quel set de la part du quintet ! 
Hrothgar, avec ses refrains fédérateurs et son imagerie guerrière, nous a rapidement ralliés à sa cause. Poings levés, têtes oscillant en cadence, nous avons combattu d’un seul homme avec eux. Les morceaux, efficaces et parfaitement exécutés, se sont enchaînés sans temps mort. Les cinq musiciens nous ont livré une prestation solide, immersive et conquérante, qui confirme qu’Hrothgar est prêt à étendre son territoire bien au-delà de la Drôme.   Setlist : Ulfhednar Rise of Ragnarök Warriorrs Of The Sea Giant Of Ice Jormundgandr Son Of Odin Dawn Of Midgar Himinbjorg Après une énième pause fraîcheur, je retourne dans la fournaise pour assister au concert de Himinbjorg, une tribu savoyarde aux influences pagan, folk et black metal, active depuis 1996. Malgré des atmosphères variées, le groupe reste fidèle à un style guerrier proche de Hrothgar. Tonnerre et foudre en intro : Himinbjorg ouvre son set avec Brothers Sequane, puis enchaîne avec The Sword of Dignity, un brûlot pagan incandescent porté par un tempo de batterie impressionnant. Dans ce titre, leurs chevauchées guitaristiques laissent transparaître une forte influence de « la Dame de fer ». Avec cette pièce épique issue de Wyrd (2015), les Savoyards nous retournent complètement. Sans nous laisser le moindre répit, ils poursuivent avec Architecture of Annihilation, extrait de leur dernier album Fall of Valhalla (2024). Comme Brothers Sequane, c’est une véritable machine à headbangs. Suit Destin de Sang, aux accents celtiques, tiré de Chants d’Hier, Chants de Guerre, Chants de la Terre (2009), album chanté presque entièrement en français. Himinbjorg conclut avec deux brûlots issus de In the Ravens Shadows (2000), qui nous ramènent aux sources du groupe. Même si je connaissais un peu leur discographie, je ne m’attendais pas à un tel rendu sur scène : ce fut une très belle découverte. En conclusion Himinbjorg a livré un set intense, habité, et d’une cohérence remarquable, rappelant à quel point leur identité musicale reste unique dans le paysage pagan français. Entre puissance, ferveur et maîtrise, le groupe a prouvé qu’il demeure une valeur sûre capable de transcender ses albums pour offrir une expérience scénique mémorable. Une prestation qui donne envie de replonger dans leur discographie… et de les revoir au plus vite. Setlist : Brothers Sequane The Sword Of Dignity Architecture Of Annihilation Destin De Sang The Inverted Dimension Rising Cutterred Flesh Cutterred Flesh est un groupe tchèque qui pratique un death metal d’une intensité folle depuis presque vingt ans. Dès les premières secondes, le quintet nous assaille avec une performance à la fois technique et organique : des riffs acérés comme des lames de rasoir, des tempos affolants — le batteur déborde littéralement d’énergie — et Jirka au chant, dont la présence imposante capte immédiatement l’attention. Il n’en faut pas plus pour que l’on suffoque : le Trait d’Union est, une fois encore, en fusion. C’est la première fois que je les vois sur scène, et quelle sacrée bonne surprise ! Quelle débauche d’énergie ! Dans la fosse comme sur la scène, tout le monde headbangue jusqu’à se démettre les cervicales. Ça pogote en chœur, ça slamme, on se prend des coups dans la joie, la bonne humeur et une vraie bienveillance. Du premier titre Amused By Tenacity au dernier Where Only Old Flesh Stink, Cutterred Flesh ne nous a laissé aucun répit. Auteur d’un set d’une intensité rare, le groupe nous a littéralement laissés sur les genoux. Cutterred Flesh a livré un concert qui dépasse la simple performance : une démonstration de force, de passion et de cohésion, capable de transformer une salle entière en champ de bataille euphorique. S’ils repassent en France, il serait criminel de les manquer. Encore une excellente pioche pour Mike et son équipe. Quelle programmation. Setlist : Intro Amused By Tenacity Good Boy The King In Yellow Le Horla Human Protein Concentrate Code Of Zuurith Mimi-Nashi-Hoichi Berenice Symptoms Of Parasite Vibrio Vulnificus Where Only Old Flesh Stink Seth Après l’explosion de violence que nous a asséné Cutterred Flesh, Seth impose un changement d’ambiance radical. La scène s’assombrit, les lumières se font plus discrètes, et une atmosphère lourde, presque cérémonielle, s’installe... Le Trait d’Union se charge d’une tension sacrée : Seth entame sa messe noire avec Paris Des Malifices. En maîtres du black metal français, les Bordelais enchaînent avec Metal Noir, puis déroulent une setlist classique mais implacable : Insurrection, La Morsure du Christ, Et Que Vive Le Diable, Hymne au Vampire (Acte III)… Autant de titres qui plongent le public dans un univers où la brutalité se mêle à la beauté, où le rituel devient art. Fidèle à sa réputation, Seth livre une performance magistrale. Entre têtes tranchées, cérémonies sanglantes, dagues brandies et performeuse jouant avec le feu, le groupe transforme la scène en autel du chaos. Mais derrière cette imagerie macabre, la musique ne perd rien de sa puissance ni de sa finesse. Les riffs acérés s’entrelacent aux nappes de synthétiseurs, apportant une dimension presque symphonique à cette noirceur sonore. L’alchimie est rare, techniquement irréprochable, émotionnellement captivante. Le public, littéralement envoûté, communie avec le groupe jusqu’au final, lorsque Seth clame Le Triomphe de Lucifer. Seth a officié, Seth a triomphé. Leur messe noire a transcendé la foule. Et si cette immersion totale a pu prendre une telle ampleur, c’est aussi grâce au travail précis et dévoué de leurs deux techniciens, architectes de l’ombre qui ont façonné le son et la lumière pour que cette prestation devienne inoubliable. Ce soir, Seth n’a pas seulement joué : ils ont invoqué. Ils n’ont pas seulement performé : ils ont marqué. Quand les dernières braises de leur rituel se sont éteintes, une certitude demeurait dans l’air saturé de fumée et de sang : certains concerts se vivent, d’autres se gravent. Celui-ci restera inscrit dans la chair du festival. Setlist : Paris Des Malifices Metal Noir Insurrection La Morsure Du Christ Et Que Vive Le Diable Hymne Au Vampire (Acte III) Le Triomphe De Lucifer Darkane Même si le groupe suédois Darkane jouit d’une solide réputation, c’était pour moi la première occasion de les voir sur scène. Leur mélange de thrash metal technique et de death mélodique est exécuté avec une maîtrise évidente, et le set proposé ce soir ne manque pas de niveau.  
Le chanteur, charismatique et très présent, capte rapidement l’attention du public qui adhère sans difficulté à son énergie. Pour ma part, c’est surtout Peter Wildoer qui m’impressionne : derrière ses fûts, il fonctionne comme une véritable machine de précision, implacable et fascinante à regarder.  
Pourtant, malgré la qualité indéniable de la prestation, je reste un peu sur ma faim. J’ai probablement encore la tête plongée dans les ténèbres du set de Seth, et je n’arrive pas totalement à entrer dans l’univers de Darkane. Là où beaucoup ont pris une claque monumentale, pour moi ce concert restera plutôt comme une tape légère sur la joue. Je me pencherai néanmoins sur leur discographie : ce serait dommage de rester sur une impression mitigée, et encore plus de mourir idiot.  Setlist : Inhuman Spirits Innocence GoneThird The Sinister Supremacy Awakening A Selfmade Sod Ostracized Secondary Effects Mansion Of Torture Chaos vs Order Convicted Primordial Depuis ce concert de 2011 où j’ai vu Primordial pour la première fois, je suis devenu un fan absolu. Depuis, j’ai dû les voir une bonne dizaine de fois, dont la dernière au Hellfest en 2022. Alors quand j’ai découvert la programmation du Lions Metal Festival cette année, mon sang n’a fait qu’un tour : il fallait que je couvre cette édition.  
Depuis plusieurs années, les Irlandais ouvraient leurs sets avec Where Greater Men Have Fallen pour chauffer leurs troupes. Ce brûlot, absent de la setlist, est cette fois remplacé par un autre hymne guerrier : As Rome Burns. Dès les premières mesures, Primordial met le public à ses pieds. Ils enchaînent avec No Grave Deep Enough : c’est le feu dans la salle. Alan Averill, leader charismatique, arpente la scène, et avec son pouce posé sous la gorge, mime un geste d’égorgement à chaque refrain. Le public en redemande.  
Malgré quelques soucis avec son pied de micro, Alan ne s’affole pas et annonce le sublime To Hell or the Hangman. Musicalement, ses compères assurent un set carré, puissant, sans bavure. Je reste fasciné par le jeu martial de Simon O’Laoghaire derrière les fûts : ce titre, devenu un classique, fait mouche une fois de plus.  
La suite est un enchaînement d’hymnes : Gods to the Godless, Wield Lightning to Split the Sun, Victory Has 1000 Fathers (Defeat Is an Orphan). Trois charges successives qui mettent l’auditoire en ébullition. Alan et sa horde n’en ont pas fini : Coffin Ships nous frappe en pleine face, avant que les Irlandais ne nous achèvent avec Empire Falls, toujours aussi implacable.  
Le fighting spirit de Primordial triomphe encore. Les Irlandais ont régné en maîtres sur le Lions Metal Festival. Il faut dire que le format du concert, composé uniquement de brûlots capables de faire exploser le public dès leurs premières notes, leur a facilité la tâche. Oui, Primordial nous a encore concocté une setlist remplie de titres souvent entendus en live… mais qu’importe : ils font, et feront toujours, le job.  
Une fois de plus, je sors comblé par la prestation de Primordial. Peu de groupes parviennent à maintenir une telle intensité, une telle sincérité, une telle force rituelle après tant d’années. Primordial ne se contente pas de jouer : ils incarnent, ils fédèrent, ils transcendent. Sur scène, ils ne livrent pas un concert, ils livrent une bataille — et chaque fois, ils la gagnent.  
Setlist : As Rome Burns No Grave Deep Enough To Hell Or The Hangman Gods To The Godless Wield Lightning To Split The Sun Victory Has 1000 Fathers, Defeat Is An Orphan The Coffin Ships Empire Falls.Le Lions Metal Fest 2026 se termine en beauté. Aujourd’hui encore, la programmation a tenu toutes ses promesses : aux côtés des patrons Seth et Primordial, on a savouré de superbes prestations, celles des vikings de Montélimar Hrothgar, des Savoyards Himinbjorg, sans oublier Cutterred Flesh qui nous a mis une sacrée mandale. Deux belles découvertes également : les cousins québécois Deperir et la jeunesse explosive de Sledgehammer. En conclusion, ces deux jours ont été intenses, chargés d’émotions positives. On repart heureux, avec l’envie pressante de revenir l’an prochain. Un immense merci à Mick Cesare et à toute son équipe de bénévoles pour l’accueil et la qualité de la programmation. Et n’oubliez pas : pour que ces événements continuent d’exister, pensez aux préventes, venez et consommez sur place.
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