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Interview Bob et Nico au Lions Metal Fest
Bonjour, je suis Philippe du webzine Aux Portes du Metal. Je vous le dis franchement : c’est votre set qui m’a donné envie de vous interviewer. Pour commencer, pouvez-vous me raconter la genèse du groupe et présenter les membres ?Nico : Merci beaucoup de ton intérêt ! Moi, c’est Nico. Pour ceux qui nous lisent, je suis Français mais je vis au Québec depuis treize ans, donc vous allez m’entendre parler avec quelques intonations québécoises. Et après, il y a Bob, notre chanteur, qui va te parler avec son gros accent québécois (rires). Alors, Déperir, ça a commencé en 2011 en France, avec mon ami Gareth. On a commencé à jammer à deux, guitare-batterie, dans une petite salle de répète. On a écrit quelques morceaux, puis deux ans plus tard, je suis parti vivre au Québec. Gareth m’a rejoint en 2013 — il faisait ses études pour devenir pilote d’avion, et aujourd’hui il vole pour Air Transat. Une fois réunis, on a monté des morceaux pour sortir un premier album en 2015, qui est finalement sorti en 2017 chez HSP Productions, un label québécois. On voulait sortir rapidement un deuxième album en 2019, mais la pandémie est arrivée… grosse galère. On enregistrait dans mon sous-sol avec Bob, en bravant un peu les interdictions. On a quand même réussi à prendre le temps de le faire, et comme la pandémie durait, on a pu inviter du monde : Fœtus d’Ultra Vomit, Julien de Benighted, des amis à moi pour des solos… L’album est sorti en 2022, et on a beaucoup tourné pour le défendre. Et là, en 2026, on sort un petit EP quatre titres, qui nous a permis de venir faire un tour en Europe avec nos amis de P.O.R.C . Et au niveau de la composition, comment travaillez-vous ? Qui fait quoi ?Nico : Je vais répondre, parce que c’est pas mal moi qui compose. Je suis guitariste, donc j’écris les riffs, les structures, et des parties de batterie simplifiées — je ne suis pas batteur, mais je donne des directions. En gros, je fais le squelette, et ensemble on met la chair, la peau, les poils et la puanteur autour. Pour les paroles, on se partage le travail avec Bob. Bob : Oui, pour les paroles, quand Nico arrive avec ses structures, j’improvise des airs. Ensuite, on choisit un thème en fonction de ce qui ressort, et on écrit les textes autour de ça. Le dernier EP tourne autour de la guerre. Sur Black Beast, mon premier album avec le groupe, c’était plus ouvert. Nico : C’est sûr qu’on frôle parfois des thèmes délicats, comme Offended Generation ou Scubus. Ce sont des sujets générationnels. Il y a du bon partout, mais on n’est plus dans les années 90. On est en 2026, et moi je n’ai pas peur de le dire : j’ai du mal avec tout ce qui est wokisme et bêtise de gauche. En pensant détenir la vérité, certains essaient de nous tancer parce qu’on parle de guerre, de Satan, de drogue, de meurtre, de femmes, etc. On devrait avoir le droit de parler de tout sans se faire canceller. Offended Generation, c’est vraiment un clin d’œil à cette nouvelle génération qui cancelle la culture. Bob : Ce que j’aime dans Deperir, quand j’ai embarqué, c’est que oui, c’est du black metal, mais avec une grosse influence death, un peu de thrash, et une attitude punk sur scène. C’est un mélange de tout. À part la musique, vous faites quoi au Québec ?Nico : Moi, je suis prof de boucherie dans une école hôtelière. Je suis boucher depuis mes 16 ans. Ça colle bien avec le côté métal extrême : on m’a souvent appelé « le blackeux boucher ». Je passe mon temps à apprendre à des jeunes à découper de la viande à la française… au Québec. Bob : Moi, j’ai été éboueur pendant treize ans derrière un camion. J’ai fait des jobs très physiques. À –40 °C l’hiver, c’est dur, et les canicules aussi. Maintenant, je travaille dans un hôpital, dans l’entretien ménager. Je suis chef d’équipe en hygiène et salubrité. C’est encore un travail difficile, mais comparé à ce que je faisais avant, c’est plus facile. Vous venez de sortir un EP. Les thèmes sont proches de ceux du deuxième album ?Nico : Sur le deuxième album, on allait un peu partout : diable, générationnel, drogue, femmes… L’EP, lui, est entièrement basé sur la guerre. On a un morceau qui s’appelle CCCP, sur l’URSS ; Cold War, sur la guerre froide ; Blood Spill, plus centré sur les deux guerres mondiales. On a sorti un clip sur YouTube — allez le voir ! Il est censuré aux moins de 18 ans parce qu’on a utilisé des images assez poisseuses. Il faut être inscrit pour le regarder, donc on a moins de vues. Inscrivez-vous pour le voir ! Cet EP, c’est un peu notre Panzer Division, si on se réfère à Marduk. Sur scène, vous avez tout démonté. Quelle est votre impression par rapport au public ?Bob : J’ai 52 ans et c’est la première fois de ma vie que je viens en Europe. Je suis le heavy metal depuis mes 10 ans, grâce à Enfer Magazine. Je suis old school. J’ai toujours su que l’Europe était plus chaleureuse que le Canada. Vous vous attendiez à un retour aussi fort aujourd’hui ?Nico : Non, pas du tout. On hallucine. C’était incroyable. C’est notre quatrième date : on a joué devant 50 à 100 personnes en Belgique, à Lille, à Paris… que des moments super cool. Mais aujourd’hui, on arrive dans une salle de 600 personnes, quasiment pleine. On a senti une vraie cohésion avec le public, un vrai engouement. Et au merch, on s’est fait défoncer. Bob était tout rouge, le bassiste devait venir signer, on se courait après… On est très, très contents. Bob : C’est un sentiment incroyable. Pour moi, c’est une réussite. On a réussi notre pari : venir en Europe, faire quatre bonnes dates. Je pense qu’on a mis une bonne fessée au public du Lyon Metal Festival. Je n’ai jamais été déçu par les groupes canadiens francophones. Il y a vraiment une connivence entre vous et nous, le public.Bob : Oui, il y a une vraie alliance franco-québécoise. C’est ce que tu dis : dès qu’un groupe québécois joue en France, ou l’inverse, c’est la cousinade. Le cousin qui accueille son cousin. Aujourd’hui, c’était exactement ça. On a crié « tabarnak » plusieurs fois, et en retour 300 ou 400 personnes hurlaient « tabarnak ». C’était génial. Vous allez faire une tournée au Québec ?Nico : Oui. Destinity (Lyon) vient faire une tournée avec Eternam (Montréal) en septembre 2026. On participera aux deux dernières dates : Québec le samedi, et le dimanche au Skogenfest, au Saguenay. Ensuite, on va écrire de nouveaux morceaux pour sortir un nouvel album. Et comment s’est faite votre venue au Lyon Metal Festival ?Nico : C’est un échange de bons procédés avec Mick de Destinity, qui organise le festival. Je lui ai dit que je voulais venir en France, il m’a dit qu’il voulait venir au Québec. Je lui ai monté une tournée, et lui nous a mis sur son festival. On a tricoté une petite tournée : Paris, Lille grâce à Christian d’Adipocère, et une date en Belgique via un bon contact. Et voilà. Je vous laisse les mot de la finNico : Je laisse le mot de la fin au Québécois, parce que j’ai trop parlé. Bob : Merci beaucoup pour votre accueil, l’Europe, la France. C’était un rêve d’enfance de venir ici. J’étais vraiment content de partager ça. J’espère revenir casser la baraque, tabarnak ! Non, sérieux, c’était incroyable. Et je vais faire le mot de la fin : « Vive la France ! » Merci !
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