Artiste/Groupe:

Solstafir

CD:

Berdreyminn

Date de sortie:

Mai 2017

Label:

Season Of Mist

Style:

Rock

Chroniqueur:

Mythos

Note:

11/20

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Sólstafir, l’un des plus fameux groupe de la Terre Bleue, est de retour avec un nouvel opus titré Berdreyminn. Trois ans après le très satisfaisant Ótta, les Islandais remettent le couvert avec une œuvre qui propulse le groupe vers de nouveaux horizons musicaux.

Car Berdreyminn – que l’on peut traduire plus simplement par « l’oracle » – efface une fois pour toutes les influences extrêmes du groupe qui étaient marquées par le triptyque Í Blóði Og Anda sorti en 2002, Masterpiece Of Bitterness en 2005 et Köld en 2009. Berdreyminn poursuit plutôt le travail amorcé par Svartir Sandar en 2011 et Ótta en 2014, en en parachevant la démonstration Folk/Post-Rock.

Deux ères s’affrontent à présent.

Deux ères, pour deux triptyques.

Si j’adhérais jusqu’à présent à la nouvelle ère du groupe, Berdreyminn ne me convainc que moyennement. Autant je n’ai pas particulièrement regretté l’évolution Post-Rock des Islandais au détriment de l’approche extrême ; autant ce nouvel opus marque pour moi la mainstreamisation progressive du groupe vers une aseptisation presque totale de la « pensée magique », pourtant propre à Sólstafir sur les deux ères de sa fastueuse carrière.

La magie a bel et bien disparue. Si à chaque nouvel album on pouvait identifier une composition phare du groupe, Berdreyminn ne propose qu’une pauvre petite piste titrée Ísafold aux relents vieillots d’une Pop-Rock des années 80. Où est passée la beauté d’une Fjara ? Ou d’une Lagnaetti ? Même l’artwork s’est appauvri. Adam Burke est loin de signer sa plus belle illustration ici (notamment si l'on compare le travail qu'il vient d'effectuer pour Tchornobog). On a l’impression d’avoir à faire à un vieil album Folk américain des années 70. Les pistes sont molles, vidées de toute essence. Le pire exemple étant pour moi Dyrafjordur qui sonne comme un slow raté d’un Scorpions période Love At First Sting.



La sensation est étrange car, après tout, on reconnaît bien là Sólstafir. Le chant d’Aðalbjörn Tryggvason n’a pas vraiment changé, il est juste moins virulent, tout comme les guitares de Sæþór Maríus Sæþórsson sont moins planantes, et les compositions beaucoup moins percutantes. Du Sólstafir vidé de sa hylé, la forme sans le fond en somme.

Il est vrai que Sólstafir contenait en quelque sorte en puissance toutes ces influences old-school qui sont ici gênantes – la musique folk à l’américaine ou la vieille Pop-Rock anglaise – mais tout était mieux digéré, mieux agencé, mieux travaillé. Il vous suffit d’écouter Ambatt pour vous en convaincre. La déchéance est totale. Qu’est-il arrivé au Sólstafir de Djákninn ?

Berdreyminn marque pour moi non pas la fin d’une ère, mais bien la fin des deux. Finie la transcendance épique dont Sólstafir avait le secret, bonjour l’aseptisation au profit du plus grand nombre.


Tracklist de Berdreyminn :

01. Silfur-Refur
02. Ísafold
03. Hula
04. Nárós
05. Hvít Sæng
06. Dýrafjörður
07. Ambátt
08. Bláfjall

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