Motley Crue

Artiste/Groupe

Mötley Crüe

CD

Theatre of Pain

Date de sortie

1985

Style

Hard US

Chroniqueur

Orion

Site Officiel Artiste

Myspace Artiste

C H R O N I Q U E

1985. Les Mötley Crüe ont déjà enfanté deux albums, dont le très remarqué Shout at The Devil (1983) et ont déjà défrayé la chronique. Mais cela n'est rien à côté de ce qui va suivre.

Il faut remettre l'album dans son contexte. Aux USA, les groupes de Hard US (que l’on appelle maintenant "Hair Metal", appellation complètement ridicule) marchent vraiment bien et c'est un peu la surenchère pour se faire remarquer. Il faut se faire une place entre les grands groupes (Kiss, Ozzy Osbourne) qui se mettent à copier les jeunes pour avoir leur part du gâteau et les jeunots, justement, qui veulent faire leur trou (Bon Jovi, WASP, Ratt... et Mötley Crüe).
Si ces derniers ont été rapidement sur le devant de cette scène, ce n'est pas un hasard. Alors, c'est vrai qu'on a beaucoup parlé d'eux pour leurs frasques sans aucun rapport avec la musique mais si la musique n'avait pas été à la hauteur, en aurait-on parlé autant ?

Sur ce Theatre of Pain, les Mötley Crüe ont laissé tomber le look "bad boys" tout en cuir (celui des deux albums précédents) pour le côté paillettes et fanfreluches (foulards, spandex et toute la panoplie propre au Glam – les permanentes et le maquillage étant déjà d’actualité sur l’album précédent). Vince Neil a même récupéré les gants blancs de Michael Jackson ! La pochette montre aussi ce virage iconographique, plus dans l'air du temps (on passe tout de même d'un pentacle sur fond noir à ces deux masques de carnaval sur fond rouge/rosé. Bon, le pentacle est toujours là, mais plus discret...)
Pourtant, côté musique, pas de grands bouleversements. Nikki Sixx est toujours le compositeur principal du groupe et n’a pas franchement changé son fusil d’épaule. Du riff simpliste mais efficace (Louder Than Hell, Keep your Eyes on the Money), parfois bien lourd (Save Our Souls), du refrain bien étudié, de la ballade pour assurer le tube et le passage en boucle sur MTV (Home Sweet Home), de la reprise calibrée radio également (Smokin’ in the Boys Room) avec vidéos à l'appui bien sûr. Ces deux titres vont d'ailleurs toucher leur cible car ils vont cartonner comme il faut ! Home Sweet Home devenant même l’un de leur plus gros succès et une référence en terme de power ballade pour tous les groupes américains du style.
Alors, même si certains verront dans ce Theatre of Pain un changement de style musical, on n'est pas si éloigné que ça des titres des deux premiers albums. Car si l'on compare par exemple Tonight (we need a lover) à Looks That Kill (sur Shout at the Devil), on y trouve pas mal de similitudes. Ce n'est pas la révolution annoncée. Mötley Crüe n'a jamais joué du Heavy Metal avec des gros riffs bien gras. Certes, on trouve sur cet album un ensemble de titres taillés pour passer en radio/télé mais le tout reste bien rock n'roll. Vince Neil s'égosille toujours autant et si Mick Mars n'est pas un soliste hors-pair, il sait tout de même glisser le petit solo quand il le faut.
C’est clair, avec cet album, Mötley est devenu plus mainstream qu’avant mais certainement pas autant qu’avec l’album suivant, Girls Girls Girls.

Theatre of Pain est le premier gros succès du groupe et va lui permettre de passer à la vitesse supérieure.
La popularité du Crüe va aller en grandissant après cet album, au gré des tournées en première partie d'Ozzy et Kiss justement, puis en tête d'affiche, en proposant des shows de plus en plus gigantesques. La tournée avec Ozzy restera d'ailleurs dans les annales comme étant un sommet dans les excès de toutes sortes.
La légende était en marche.

 

Tracklist de Theatre of Pain :

01. City Boy Blues
02. Smokin' in the Boys Room
03. Louder Than Hell
04. Keep your Eyes on the Money
05. Home Sweet Home
06. Tonight (we need a lover)
07. Use it or Lose it
08. Save Our Souls
09. Raise your Hands to Rock
10. Fight for Your Rights

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