Annihilator

Artiste/Groupe

Annihilator

CD

Feast

Date de sortie

Aout 2013

Label

UDR / EMI

Style

Thrash Metal

Chroniqueur

Blaster of Muppets

Note Blaster of Muppets

16/20

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C H R O N I Q U E

Trois ans après un treizième album éponyme plutôt bien fichu (à défaut d'être étincelant), monsieur Jeff Waters revient avec son groupe Annihilator et une galette intitulée Feast ("festin" en français) à la pochette sombre et peu ragoûtante que l'on croirait sortie de la bande dessinée (ou de la série télévisée) The Walking Dead. Vu la jaquette, on serait en droit de penser que ce quatorzième essai va être bien plus méchant et qu'Annihilator a sérieusement durci le ton... Autant le dire tout de suite, ce n'est pas le cas. Stylistiquement, Feast est dans la lignée des productions alignées par le groupe depuis un moment... mais ce n'est pas forcément une mauvaise chose car la qualité est au rendez-vous, et même un peu plus que sur ses deux prédecesseurs (Metal et Annihilator). Ouvrons une petite parenthèse avant de se lancer dans les détails de ce nouvel album : c'est encore Dave Padden que l'on retrouve derrière le micro, pour la cinquième fois consécutive ! Cette stabilité est plutôt étonnante quand on connait ce groupe aux changements de line-up incessants depuis sa création. Parenthèse refermée, passons à la musique ! 

Vous êtes venus pour du bon vieux thrash des familles ? Deadlock ne vous fera pas regretter le déplacement. Le riff qui ouvre l'album nous renvoit immédiatement aux débuts du genre, à l'époque des premiers Metallica ou Slayer. Même le chant de Padden, sur le pré-refrain, rappelle le fameux phrasé de Tom Araya. La compo est rapide, incisive, sans temps morts. Ne vous laissez cependant pas abuser par ce démarrage old-school, la suite de l'album passe en revue (presque) tout ce que Waters sait faire (avec en plus quelques surprises comme l'intro funky de Never Surrender) et se révèle assez varié. Il y a même une ballade (Perfect Angel Eyes), chose qui ne s'était pas produite depuis 2004, sur l'album All For You. Reprenons les choses dans l'ordre. Après Deadlock, c'est No Way Out (un autre morceau assez rapide mais moins old-school) qui confirme la bonne impression de départ. Tout le style Annihilator est là : une intro inquiétante et dissonnante à la guitare, des changements de rythme, des riffs carrés, un break plus mélodique, du solo qui calme bien l'apprenti guitariste... Smear Campaign est une autre très bonne compo, encore plus moderne que les deux précédentes (avec un riff que Metallica aurait pu utiliser sur St. Anger), qui alterne couplet heavy et accélération sur le refrain. Et la bonne nouvelle, c'est que le plaisir ne s'arrête pas là.
Alors qu'on pouvait reprocher à l'album précédent de placer ses trois meilleures pistes (qui en plus étaient les plus thrash) d'entrée de jeu, ce qui donnait une suite non pas mauvaise mais tout de même un peu décevante, Feast ne grille pas toutes ses cartouches et en a encore sous le pied une fois le premier quart d'heure passé. Never Surrender est une compo funky-thrash surprenante, l'intro et le couplet font penser à du Infectious Grooves (ou à du Red Hot Chili Peppers) alors que le refrain se montre bien plus agressif. Jusque là, les pistes s'enchaînent et chacune s'offre le luxe, en plus d'être réussie, d'avoir une personnalité bien distincte. Et ça continue avec Wrapped qui nous rappelle que Waters aime bien placer une compo plus hard rock (souvenez-vous de Shallow Grave, Nothing To Me ou, plus récemment, de la reprise de Romeo's Delight de Van Halen) de temps en temps. Là, c'est du hard bien heavy avec des touches punk, et c'est Danko Jones (déjà invité par Jeff sur Metal) qui se charge du chant.
La qualité baisse (à mon goût) avec la ballade Perfect Angel Eyes qui ne me surprend (elle ressemble à une ballade typique du groupe, avec le même genre de mélodie et de guitare que sur Phoenix Rising, In The Blood...) et ne m'émeut pas. En revanche, les trois dernières pistes se chargent de remonter le niveau de fort belle manière. On revient aux choses sérieuses avec des compos plus agressives, torturées et longues (One Falls, Two Rise dure même plus de huit minutes), de bons titres à tiroirs, aux intros mélancoliques et soignées (Fight The World et One Falls, Two Rise), avec passages heavy ou ultra-speed, dans la plus pure tradition Annihilatorienne.

Feast est-il la tuerie de 2013 ? Un tsunami thrash qui renouvelle le genre ? Un album magique capable de se hisser au niveau des cultissimes Alice In Hell et Never, Neverland ? Non, on n'ira pas jusque là. Par contre, il est assurément solide, homogène dans sa qualité et globalement très convaincant. Pas LE meilleur Annihilator donc mais un très bon cru, gorgé de riffs, breaks et soli impeccables comme Mr. Waters sait en balancer quand il est en forme. La production est bonne, l'ensemble est bien metal, technique et véloce... Pour vous aider à vous faire une idée plus précise, disons que Feast aurait plus tendance à se rapprocher d'albums comme Waking The Fury ou Schizo Deluxe que d'autres oeuvres plus inégales ou moyennes (à mon goût) comme Criteria For A Black Widow, All For One ou Metal. Le retour du Canadien schizo est donc grandement apprécié par votre serviteur et je ne doute pas qu'il fasse également plaisir à de nombreux fans. Maintenant, vivement la tournée (qui compte deux dates en France, l'une en région parisienne, l'autre à Lyon, en octobre prochain) !

 

Tracklist de Feast :

01. Deadlock
02. No Way Out
03. Smear Campaign
04. Never Surrender
05. Wrapped
06. Perfect Angel Eyes
07. Demon Code
08. Fight The World
09. One Falls, Two Rise

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