|
|||||||||||||||
Metallica
|
C H R O N I Q U EEn 1983, on a tous pris la baffe Kill 'Em All en pleine face. En 1984, on a tous été atomisé par la bombe Ride The Lightning. Qu'à cela ne tienne, deux ans plus tard, Metallica remet ça avec son troisième album, Master of Puppets. A première vue, ce Master Of Puppets suit exactement la même recette que celle de l'album précédent. Une intro acoustique qui annonce un titre bien rapide (Battery), le title-track glissé en seconde position, un morceau bien lourd en troisième place (The thing That Should Not Be) et la face (oui, je sais, je suis "un vieux", j'ai découvert cet album en vinyl) se termine sur une ballade Thrash, seconde du genre (Welcome Home - Sanitarium). Tout pareil que Ride The Lightning ! On pourrait se dire qu'ils sont gonflés de nous resservir le même plat. Eh bien non, personne n'a pensé ça. Et pourquoi ? Tout simplement parce que l'on n’a absolument pas l'impression de réentendre la même chose. Et ça les gars, c'est le talent, le génie, appelez ça comme vous voulez… mais le fait est là : Master Of Puppets s’impose d'emblée comme un album incontournable du genre. Et de trois !
Master Of Puppets, le morceau, est un petit bijou et il est difficile d'imaginer un concert de Metallica sans ce titre. C'est assurément l'un des préférés des fans du groupe. Il faut dire qu'il y a tout dans ce titre : le refrain qui tue, le riff inoubliable, le solo magique, la partie qui blaste bien, une autre très mélodique, le "Master" à reprendre tous en choeur en concert... Bref, la grande classe. Et évidemment, on ne peut pas limiter cet album uniquement à ce titre. Déjà parce que les trois autres morceaux de la première face sont tous des tueries, chacun dans leur genre et que je n'ai pas encore évoqué la seconde face. Et là, pareil. Il n'y a rien qui fasse baisser le niveau. Disposable Heroes, implacable avec ses cassures de rythme et sa fin à tiroirs, Leper Messiah et le retour du riff bien lourd et Damage Inc qui termine l'album sur un rythme aussi furieux qu'il l'a commencé. Et Orion... Ah, Orion ! Instrumental d'une autre galaxie, le talent à l'état pur. Et une pensée pour Cliff Burton, bassiste de génie, qui est le compositeur principal de ce morceau et dont c'était là le dernier enregistrement. Comme pour l'album précédent, les textes de Master Of Puppets sont importants (et au dessus de la moyenne des textes de l'époque). Metallica y traite de la manipulation sous toutes ses formes (la folie, les drogues, l'armée, la religion...) Le titre de l'album représente donc une parfaite synthèse de l'ensemble des sujets. Master Of Puppets est le premier gros succès du groupe avec plus d'un million d'albums vendus rien que la première année, sans aucun passage radio ou télé (le groupe ne voulait pas tourner de vidéos promotionnelles). Et pour un groupe jouant ce style de musique, c'est une grande première. Tout comme Ride The Lightning, Master Of Puppets est un album intemporel. Après toutes ces années à l'écouter, je ne lui trouve toujours pas le moindre défaut. La marque des grands albums. On peut critiquer Metallica pour ce qu'ils ont fait par la suite (et je suis un des premiers à dire que St. Anger est un ratage complet) mais on ne pourra jamais leur retirer d'avoir écrit l'histoire du Metal et de la musique tout court avec ces albums. Alors merci messieurs pour ces heures de plaisir. Merci messieurs pour avoir donné des lettres de noblesse à un genre musical qui était peut-être voué à rester "underground".
Tracklist de Master of Puppets :
Venez donc discuter de cette chronique, sur notre forum ! |
||||||||||||||